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Pas de quoi célébrer sur la glace

Le premier match à domicile du Canadien a été précédé d'une cérémonie en l'honneur de la dernière conquête montréalaise de la Coupe Stanley, en 1993.
Le premier match à domicile du Canadien a été précédé d'une cérémonie en l'honneur de la dernière conquête montréalaise de la Coupe Stanley, en 1993. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Mieux valait verser dans la nostalgie, jeudi soir, parce qu'il n'y avait plus grand-chose à célébrer une fois le match commencé.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le Canadien a été blanchi 3-0 par les Kings de Los Angeles à son match d'ouverture locale. Il y avait de quoi s’inspirer avant le début des hostilités par contre.

Les champions de la Coupe Stanley 1993, les derniers à avoir soulevé le trophée au pays, ont été célébrés.

Le Tricolore a enchaîné avec sa cérémonie d’ouverture qui culminait avec l’arrivée du nouveau capitaine Shea Weber, qu’on avait d’ailleurs vu sur patins à Brossard le matin même, dans une étape à son retour au jeu après son opération au genou droit en juin dernier.

Pourtant…

À part peut-être les quatre premières minutes du duel où le CH a pris de vitesse l’adversaire, les Kings ont rapidement renversé la vapeur dès le but d’Adrian Kempe qui sortait tout juste du banc des punitions.

Le constat résonnait dans le vestiaire, identique dans tous les racoins.

« Je ne sais pas si c’est l’émotion du premier match, mais en première période, on n’est pas sortis comme on aurait dû », a estimé Xavier Ouellet.

« On a démarré lentement. On a joué du hockey de rattrapage. Quand tu joues à ça, ça peut être difficile. C’est important de commencer à temps dans cette ligue », a ajouté Max Domi.

C’est peut-être le fait qu’on n'avait pas joué depuis samedi, on avait l’air un peu rouillé.

Claude Julien

« L’exécution n’était certainement pas à point ce soir. Ç'a pris du temps à trouver notre rythme et la vitesse de notre jeu. Et quand on l’a trouvé, Los Angeles a fait du bon travail autour de son filet. On lançait des rondelles, mais on n’avait pas beaucoup de deuxièmes chances. »

Des Kings plus costauds

Comme c’est arrivé souvent l’an passé, le Canadien a remporté la bataille des statistiques avancées, en partie du moins.

Les Montréalais ont terminé avec un taux de possession de rondelle, selon l’indice Corsi, de 62,22 %. Ils ont effectué 40 tirs au but contre 29. Pourtant, l’impression laissée sur la glace était aux antipodes de ce qu'indiquent ces chiffres.

Le gardien des Kings Jack Campbell a réussi le premier blanchissage de sa carrière.Le gardien des Kings Jack Campbell a réussi le premier blanchissage de sa carrière. Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Les Kings ont annihilé quasiment toutes les tentatives de contrôle du centre de la glace que lançait le Tricolore.

L’entraîneur avait à nouveau insisté sur ce point en matinée, mais le CH n’y parvenait simplement pas. La grande majorité de ses tirs était décochée en périphérie, ce qui facilitait le travail de Jack Campbell qui a signé le premier blanchissage de sa carrière dans le circuit Bettman.

« Si on avait été à point, ç’aurait été beaucoup mieux », a dit Julien, qui faisait référence aux nombreuses passes imprécises, aux hésitations de l’attaque et aux rondelles bêtement échappées.

« Reste quand même que Los Angeles a bien joué. Leur style a été meilleur que le nôtre ce soir. Quand j’ai regardé leur dernier match, leurs défenseurs avaient donné beaucoup d’espace à l’autre équipe en attaque. Ce soir, ils n’ont pas donné autant d’espace. Ils se sont améliorés, ajustés. C’est à notre tour de le faire », a poursuivi le pilote du Canadien.

En moyenne, les joueurs du Bleu-blanc-rouge pèsent 5 kg de moins que ceux des Kings. La différence de poids a paru jeudi soir dans toutes les facettes du jeu, particulièrement le long des bandes.

« On savait qu’ils allaient jouer un match axé sur l'aspect physique et on savait qu’on devait attaquer l’intérieur. On a eu des lancers, des chances, mais on n’arrivait pas à sauter sur les retours ou à voiler la vue du gardien », a mentionné Andrew Shaw.

Shaw s’est d’ailleurs fait refuser un but au terme d’une scène digne de la commedia dell'arte.

Le filet avait d’abord été refusé, l’arbitre prétendait que l’attaquant avait poussé du coude la rondelle dans le but, la décision a été infirmée, puis les Kings ont contesté, arguant qu’il y avait obstruction sur le jeu.

Cette conclusion a prévalu.

« On a vu un exemple en début de saison, identique à ce qui s’est passé ce soir, qui nous disait que c’était un bon but. On peut perdre beaucoup de temps à essayer de comprendre chaque décision », a laissé tomber Julien.

« Tant que c’est constant, c’est tout ce que les joueurs veulent », a fait valoir Shaw, laissant entendre qu’il y avait place à l’amélioration de ce côté.

Ajoutons que la marque était déjà de 3-0 tard au dernier tiers lorsque le jeu est survenu. Il est d’une importance plutôt théorique, voire rhétorique.

C’était ce genre de soirée. Celle où un but refusé dans une cause perdue défraie la chronique.

Parions que la fête qu’on donnait à la grandeur d’une gloire éteinte depuis longtemps dans la loge 3.15, débordante de gagnants de la Coupe Stanley, de survivants comme Jacques Demers et Lyle Odelein, valait davantage le coup que le spectacle sur la glace.

L'ex-directeur général du Canadien Serge Savard est apparu aux côtés de l'ex-entraîneur Jacques Demers lors des cérémonies soulignant le 25e anniversaire de la dernière conquête montréalaise de la Coupe Stanley.L'ex-directeur général du Canadien Serge Savard est apparu aux côtés de l'ex-entraîneur Jacques Demers lors des cérémonies soulignant le 25e anniversaire de la dernière conquête montréalaise de la Coupe Stanley. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En rafale

L’avantage numérique du Canadien a paru plus démuni que jamais. L'équipe a profité de trois supériorités d’affilée en fin de deuxième période avec deux buts de retard, mais n’a jamais trouvé le moyen de simplement menacer la cage des Californiens.

« On doit bouger la rondelle plus rapidement. Nos gars forçaient les passes transversales au lieu de mettre la rondelle au filet et sauter sur les rondelles libres », a conclu Claude Julien.

Montréal a terminé 0 en 4 et affiche un rendement de 1 en 11 en trois matchs cette saison.

La soirée a été particulièrement pénible pour Phillip Danault dans le cercle des mises au jeu. Le centre québécois, plutôt constant à ce chapitre, a terminé à 8 % d’efficacité (1 en 13) et a perdu tous ses duels contre Anze Kopitar.

La brigade défensive a peiné toute la soirée à sortir le disque contre les gros ailiers de Los Angeles, Jeff Petry en premier lieu. Noah Juulsen s’en est un peu mieux tiré que ses collègues et a tenté d’imposer un jeu plus robuste en distribuant sept mises en échec.

Ilya Kovalchuk a été blanchi de la feuille de pointage en dépit de 8 tirs au but. La dernière fois qu'il a affronté Carey Price dans la LNH, le 23 avril 2013, le gardien avait aussi bloqué ses lancers (4) dans un gain de 3-2 des Devils du New Jersey. Les marqueurs du New Jersey s'appelaient alors Jacob Josefson, Patrik Elias et Steve Sullivan. Le temps passe vite.

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