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Le concept d'équipe selon Serge Savard

Serge Savard (debout au fond) avec des membres de l'édition 1993 du Canadien
Serge Savard (debout au fond) était le directeur général du Canadien en 1993 Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

La conquête de la Coupe Stanley de 1993 est souvent associée à Jacques Demers, chef d'orchestre de la 24e cohorte championne du Canadien. Aux côtés du meneur de troupes, se trouvait toutefois Serge Savard, l'architecte du dernier printemps couronné de succès à Montréal par sa philosophie mettant l'accent sur le collectif.

Un texte de Félix St-Aubin

La rarissime visite des Kings de Los Angeles au Centre Bell jeudi tombait à point. Vingt-cinq années et quelques mois après avoir bataillé pour l'obtention du Saint-Graal du hockey nord-américain, les deux équipes ont lancé la campagne à domicile du Tricolore.

L'organisation montréalaise a profité de l'unique arrêt de la formation californienne dans la métropole québécoise cette saison et de l'ouverture locale pour rendre hommage à l'édition 1992-1993.

Nombre d'artisans du triomphe de 1993 étaient présents afin de se remémorer les souvenirs d'un sacre qui en avait étonné plus d'un.

Dans l'esprit de Savard, le directeur général de l'époque, le concept d'équipe prôné par Demers, son entraîneur-chef, et par lui-même a ouvert la voie à une récolte inattendue de 16 gains en éliminatoires. Le Tricolore a notamment remporté ses 10 derniers matchs qui ont nécessité de la prolongation. Seul le tout premier à Québec lui a échappé.

J'ai toujours bâti mes formations en fonction de l'équipe, pas en fonction des individus.

Serge Savard, directeur général du Canadien en 1993

L'homme de 72 ans se souvient d'ailleurs que cette conception du collectif était même présente dans les contrats des joueurs, plus précisément en ce qui a trait aux bonis liés à la performance.

Les porte-couleurs du CH pouvaient engraisser leurs coffres personnels en fonction des résultats de l'équipe, et non des prestations individuelles. C'est Rob Ramage qui a rappelé à Savard jeudi qu'il avait renégocié son pacte avec cette ligne de pensée.

« Il m'a dit : "Te rappelles-tu, Serge, quand je suis arrivé ici? J'avais un contrat qui avait été fait par Bobby Clarke [avec les North Stars du Minnesota] et il n'y avait aucun boni." À un moment donné, j'ai changé son contrat, je lui ai donné des bonis. C'était 10 000 $ par série qu'on gagnait. »

« Mes bonis étaient tous en lien avec l'équipe. Il n'y avait pas personne qui avait un boni personnel dans ma formation, a enchaîné Savard. J'ai beaucoup travaillé sur le concept d'équipe. J'ai travaillé ça avec mes instructeurs. »

Une image de l'ex-directeur général du Canadien Serge Savard était projetée au centre de la glace du Centre Bell lors des cérémonies qui précédaient le match d'ouverture locale du Canadien de Montréal.Une image de l'ex-directeur général du Canadien Serge Savard était projetée au centre de la glace du Centre Bell lors des cérémonies. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'inspiration de Toe Blake

Savard considère qu'il a « hérité de cette philosophie » en observant les faits et gestes de Toe Blake, son premier entraîneur-chef à Montréal.

D'ailleurs, le perfectionnement défensif du mythique instructeur qui a remporté huit finales de la Coupe Stanley en 13 saisons à Montréal a également marqué le célèbre no 18, qu'on peut maintenant apercevoir dans les hauteurs du Centre Bell.

« Je m'en rappelle comme si c'était hier. Dans son premier discours avant le premier match, Toe Blake nous avait dit que si on donnait moins de 185 buts contre, il garantissait qu'on allait finir au 1er rang du classement général. »

« Je viens d'une génération où accorder un but est aussi important, sinon plus, que d'en marquer un [...] C'était ça le club de hockey du Canadien, c'était l'équipe. Et en 1993, c'est l'équipe qui a gagné, du premier au dernier joueur. »

En passant bien sûr par un chef d'orchestre et un architecte qui ont su vendre un concept qui a porté ses fruits.

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