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Au tour du soccer de se pencher sur les blessures au cerveau

Le Brésilien lors du match contre la Suisse au Mondial de 2018 en Russie
Fernandinho Photo: Getty Images / JEWEL SAMAD

Le jeu de tête au soccer affecte-t-il le cerveau et peut-il entraîner des maladies cérébrales? Le neuropathologiste britannique Willie Stewart a examiné des milliers d'anciens joueurs.

Depuis la mort en 2002 de l'ancien joueur anglais Jeff Astle, attribué à une maladie professionnelle, les autorités du soccer ont été accusées de faire du sur place.

M. Stewart a entrepris de comparer les antécédents médicaux de 10 000 anciens joueurs professionnels avec ceux de 30 000 personnes issues de la population générale.

Son étude, intitulée Les effets du soccer sur la santé et les risques de démence, est financée par la Fédération anglaise et le syndicat des joueurs professionnels, avec l'objectif de récolter des données fiables sur ce sujet délicat.

C'est déjà ce médecin qui avait examiné le cerveau de Jeff Astle et qui avait établi en 2014 que l'ancien joueur de West Bromwich Albion était mort à 59 ans d'une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) causée par des chocs à la tête.

Son étude l'a incité à rester prudent sur un possible lien avec les coups de tête. Selon lui, même la maladie d'Astle n'était pas nécessairement causée par son jeu de tête, comme il est communément admis.

« Je comprends pourquoi les gens pensent cela, car ça se voit, a-t-il expliqué à l'AFP depuis l'hôpital universitaire Queen Elizabeth à Glasgow. C'est peut-être le cas, mais il n'y a pas de lien direct prouvé. »

D'après lui, la blessure d'Astle a pu être causée par d'autres facteurs comme des chocs tête contre tête ou des coups de pied reçus à la tête au cours d'une carrière de joueur particulièrement rugueuse.

Le Portugais et l'Uruguayen tentent de frapper le ballon de la tête.Cristiano Ronaldo et Luis Suarez Photo : Getty Images / PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Une étude menée auprès d'étudiants de la Stirling University, en Écosse, montre que frapper le ballon de la tête a bien un effet sur le cerveau.

« Dans un laboratoire, on a utilisé une machine qui leur lance des ballons, mentionne-t-il. On a fait ça 20 fois pour chaque étudiant, et on a mesuré les fonctions cérébrales avant et après. On a constaté que l'activité électrique du cerveau et la mémoire avaient un peu ralenti. Ces effets ont duré 24 heures. »

Willie Stewart souligne qu'il est très difficile d'extrapoler ces résultats sur les effets à long terme.

L'UEFA a commandé deux études sur les effets des coups de tête sur les jeunes.

D'après lui, les autorités du soccer n'esquiveraient pas le sujet s'il était prouvé que le jeu de tête avait un impact sur le cerveau.

« Dans quelques années, s'il était établi que jouer de la tête était risqué, la FIFA et l'UEFA l'accepteraient, et dirait qu'il faut changer pour que ces hommes et ces femmes puissent vivre une vie longue et heureuse après leur carrière. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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