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Les Raptors et Chris Boucher enflamment le Centre Bell

Le centre des Raptors de Toronto bloque le tir du garde Spencer Dinwiddie.
Chris Boucher (no 25) Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

À leur quatrième de cinq matchs préparatoires, les Torontois ont pulvérisé les Nets de Brooklyn 118 à 91, devant 20 526 spectateurs énergiques, au Centre Bell, mercredi.

Un texte d’Antoine Deshaies

À leur première visite au Québec en trois ans, les Raptors ont fait bonne impression. Avant même la mise au jeu initiale, ils ont envoyé le Montréalais Chris Boucher chauffer l’assemblée au centre du terrain.

Le timide géant a pris le micro et a remercié la foule d’être venue en si grand nombre pour un match préparatoire.

­« On va essayer de gagner la partie pour que tout le monde ait du plaisir ce soir », a dit la recrue des Raptors, qui avait invité près de 150 parents et amis au match.

Le ton était donné. Une fois le ballon en jeu, Pascal Siakam, Serge Ibaka, Kawhi Leonard et Danny Green, premier de classe torontois avec 22 points, se sont occupés du spectacle sur le plancher, devant un parterre de célébrités.

Aux premières loges se trouvaient notamment Georges St-Pierre, Guy A. Lepage et le milliardaire Stephan Bronfman. Un peu plus loin, l’ancien ministre conservateur Michael Fortier, à la tête d’un groupe intéressé à implanter une équipe de la NBA à Montréal, causait avec Gary Payton, l’ancienne gloire des Sonics de Seattle.

Payton a d’ailleurs reçu un chandail du Canadien de Montréal des mains de quatre joueurs de l’équipe, dont Brendan Gallagher et Max Domi, qui s’étaient affrontés dans un duel amical sur les planches quelques heures avant les vraies vedettes du jour.

Tout y était.

Ne manquaient que les statistiques du match. Un employé de la NBA a annoncé aux journalistes, penaud, qu’un ordinateur de la ligue au New Jersey était en panne. Comme quoi personne n’est à l’abri d’une défaillance, même pas la ligue de basketball la plus riche du monde.

Ah oui! Il manquait aussi le héros local qui a sagement attendu jusqu’au quatrième quart avant de sauter sur le terrain. L’attente en valait la peine.

Boucher, Boucher, Boucher!

Le basketteur de Montréal-Nord a fait son entrée avec un peu plus de sept minutes à écouler au match. L’ovation de la foule a été instantanée.

Avant même qu’il touche au globe orangé, les amateurs scandaient déjà son nom. Un Boucher Boucher Boucher qui rappelait, aux plus vieux, le Boucher des Expos, Denis, à ses belles années au stade olympique.

« Au début, je n’étais pas sûr de bien comprendre parce que je venais juste de rentrer et j’étais sous le choc, a dit le joueur de 25 ans. Quand j’ai réalisé que c’était mon nom, ça m’a donné de l’énergie pour montrer ce que je pouvais faire sur le terrain. »

Il a d’abord raté deux tirs, puis a commis trois fautes avant de finalement réussir un lancer de trois points. Puis un deuxième qui a semé l’euphorie dans la foule. Les six points les plus doux de sa vie.

« Je ne m’attendais pas à ça, a admis Boucher. Les gens de Montréal soutiennent vraiment leurs athlètes et c’est sûr que je vais toujours m’en rappeler toute ma vie. C’est un moment très spécial. Je n’ai pas eu peur de me faire remplacer après ma troisième faute. J’aurais pu en commettre six et l’entraîneur m’aurait laissé sur le plancher. Un bon entraîneur te donne la chance de te faire valoir. »

« Il avait faim ce soir, a dit de façon imagée le pilote des Raptors, Nick Nurse. Je m’attendais à ce qu’il bloque un tir ou deux ou qu’il marque avec un tir en foulée. C’était un beau moment pour lui. »

Sur le banc, les coéquipiers de Boucher tenaient à ce qu’il marque.

« Ça m’a fait plaisir, a confié, en français, Pascal Siakam. Le gars vient d’ici. On le cherchait sur le terrain et il fallait absolument qu’il marque. C’était bien pour la foule. Les amateurs ont été extraordinaires. »

À sa sortie du vestiaire, Boucher a pris quelques minutes pour discuter avec sa mère, venue l’encourager, puis il a pris la route de La Nouvelle-Orléans, où les Raptors jouent un dernier match préparatoire jeudi soir.

Une dernière occasion pour le Montréalais de prouver qu’il a sa place dans la grande ligue.

Parce que les contes de fées, dans le sport professionnel, ne durent parfois qu’une soirée.

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