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chronique

Alex Barré-Boulet et Gilles Bouchard déploient leurs ailes avec le Lightning

Benoît Groulx sourit en mêlée de presse
Benoît Groulx, entraîneur-chef du Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Martin Leclerc

BILLET - Plongé malgré lui au centre d'une controverse la saison dernière, l'attaquant québécois Alex Barré-Boulet ne rate pas l'occasion de faire bonne impression à ses débuts dans les rangs professionnels.

Au début de mars 2018, le Lightning de Tampa Bay avait fait la manchette en embauchant Barré-Boulet, qui portait les couleurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand, à titre de joueur autonome. Alors âgé de 20 ans, le petit attaquant originaire de Montmagny dominait le classement des marqueurs de la LHJMQ.

Alors que leur équipe traversait une saison de misère, les partisans du Canadien avaient vivement réagi à cette embauche. La direction du CH avait été fortement critiquée pour avoir laissé Julien BriseBois filer avec un autre talent québécois.

***

Toujours est-il qu’après avoir connu un bon camp avec le Lightning, Alex Barré-Boulet a inscrit un but et une mention d’aide à son premier match dans la Ligue américaine le week-end dernier. Le Crunch de Syracuse l’a emporté 3-2 et Barré-Boulet a été nommé la première étoile.

« Je ne connaissais pas beaucoup Barré-Boulet avant son arrivée au sein de notre organisation. Il n’est pas costaud, mais il m’impressionne chaque jour par son ardeur au travail, par son désir de faire la différence durant les matchs et par son talent », souligne l’entraîneur du Crunch, Benoît Groulx.

« Barré-Boulet est extrêmement talentueux. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui auraient été capables de réaliser les jeux qui lui ont permis de marquer et de récolter une passe dans ce match. Je vois qu’il a déjà gagné la confiance de ses coéquipiers. C’est un bon joueur. Mais ce que j’aime le plus, c’est qu’il se présente toujours à la patinoire pour travailler. Il ne prend pas de vacances. Bien sûr, il n’y a qu’un match de disputé. Mais il nous montre de belles choses chaque jour », ajoute Groulx.

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Cela dit, Alex Barré-Boulet ne s’avère peut-être pas la meilleure acquisition faite par le club-école du Lightning au cours de l’été. Benoît Groulx se montre fort élogieux lorsqu’on lui parle de son nouvel attaquant, mais son niveau d’enthousiasme monte de plusieurs crans lorsqu’il est question de son nouvel adjoint, Gilles Bouchard.

Bouchard, qui dirigeait les Huskies de Rouyn-Noranda depuis la saison 2013-2014 (impressionnante fiche de 165-85-22 et conquête d’une Coupe du Président), a été embauché par le Lightning quelques semaines après avoir été choisi par Hockey Canada pour diriger l’équipe nationale des moins de 18 ans.

Aux yeux des connaisseurs de hockey junior, les Huskies de la saison 2015-2016, qui se sont inclinés en prolongation en grande finale de la Coupe Memorial, demeurent l’une des plus impressionnantes équipes ayant joué dans la LHJMQ depuis le début des années 2000. Sous la gouverne de Bouchard, les Huskies se sont toujours démarqués grâce à leur vitesse d’exécution et à la qualité de leurs unités spéciales.

« Je me félicite tous les jours d’avoir choisi Gilles Bouchard comme assistant. C’est tout un coach de hockey! Il aidera beaucoup nos jeunes joueurs et notre groupe d’entraîneurs à progresser. Gilles possède une très grande qualité, il est toujours bien préparé lorsqu’il se présente sur la patinoire. Et ses qualités de communicateur lui permettent de tirer le maximum des athlètes qu’il supervise. Quand vous regardez un entraînement et que les joueurs donnent absolument tout ce qu’ils ont, ça ne ment pas », dit Benoît Groulx.

Curieusement, même s’ils s’étaient tous deux affrontés dans la LHJMQ, les deux entraîneurs se connaissaient peu avant que Gilles Bouchard arrive au Lightning.

« Nous n’avions pas songé à la candidature de Gilles pour ce poste d’adjoint. Mais sa nomination à la tête d’Équipe Canada U-18 a piqué notre curiosité. Juste à titre d’exemple, avant cette nomination, je ne savais même pas à quel point Gilles était capable de se débrouiller en anglais, explique Benoît Groulx.

« À mes yeux, quand les dirigeants de Hockey Canada confient une équipe à quelqu’un, ça signifie beaucoup. Je suis moi-même passé par le programme national et j’y connais beaucoup de gens. J’ai donc fait des appels, j’ai posé des questions et j’ai aimé ce que j’ai entendu au sujet de Gilles. »

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De fil en aiguille, après une première entrevue avec Julien BriseBois, Gilles Bouchard a rencontré Benoît Groulx. Et Bouchard est tout de suite apparu comme le candidat le mieux qualifié pour le poste.

« Comme entraîneur en chef, quand tu te retrouves avec un adjoint de cette qualité, il faut savoir lui laisser toute la place qui lui revient. C’est mon rôle de lui laisser de l’espace. Et le job de Gilles, c’est de prendre cette place et de bien réaliser les mandats qu’on lui a confiés. Nous sommes en train de faire des ajustements derrière le banc quant à notre partage des responsabilités. On apprend à se connaître et ça se passe bien. Je suis vraiment heureux de la manière dont ça se déroule », confie l’entraîneur-chef du Crunch.

Selon Benoît Groulx, l’histoire de Gilles Bouchard illustre à quel point il est important pour les entraîneurs québécois de s’impliquer au sein des programmes nationaux de Hockey Canada.

« Les équipes nationales constituent la meilleure porte d’entrée pour ceux qui aspirent à une carrière chez les professionnels. Dominique Ducharme, Joël Bouchard, André Tourigny, Claude Julien, moi, Alain Vigneault, et même Pat Burns à l’époque, avons tous eu la chance de nous faire connaître en nous impliquant auprès de Hockey Canada.

« Au sein de ce groupe, certains se sont mis au défi et sont sortis de leur zone de confort, notamment en apprenant à enseigner le hockey dans une langue qu’ils maîtrisaient peu. Je le répète à tous les entraîneurs de la LHJMQ que je rencontre : il faut prendre ce genre d’initiatives. Sinon, après 10 ans, on se rend compte qu’on a tourné en rond. Le métier est ainsi fait », conclut-il.

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