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On se bouscule moins pour les billets du Canadien

Désabonnement saisonnier
Radio-Canada

Les performances sur la glace du Canadien de Montréal au cours des dernières années nuisent au rendement de l'équipe aux guichets. Les billets se vendent moins bien que par le passé et, signe que l'image de l'organisation s'est effritée, plusieurs détenteurs d'abonnements de saison ne les ont pas renouvelés.

Un texte de Michel Chabot

Exclu des séries éliminatoires deux fois au cours des trois dernières saisons, le CH fait face à une certaine désaffection de plusieurs abonnés.

Christian Gendron n'a pas renouvelé la paire de billets annuels qu'il possédait depuis une douzaine de saisons en raison de la hausse des prix et de la baisse des performances de l'équipe.

« Depuis 2005 à présentement, au début, une paire me coûtait 2800 $. Ç'a monté à 5200 $ si je me souviens bien. Environ 80 % d'augmentation en 12 ans... », relate-t-il.

Patrice Brunet vient également de renoncer à l'abonnement qu'il détenait depuis 2000. Une décision surtout basée sur des motifs idéologiques.

« Si on remonte à l'histoire du sport, le sport c'est quoi? C'est des joueurs qui représentent une nation ou une ville, dit-il. On n'est plus sûr là que les gens qui sont sur la glace représentent vraiment nous autres. »

Qu'on ne soit pas de bonne humeur après son équipe, qu'on n'ait pas envie de la regarder c'est une chose, mais qu'on ne soit plus intéressé, qu'on pense à autre chose, qu'on décide de mettre son budget de divertissement ailleurs, ça, c'est très grave.

Jean Gosselin, stratège en communications corporatives

Le Tricolore ne révèle jamais ses chiffres, mais Paul Wilson, vice-président aux affaires publiques et communications, reconnaît que les ventes ont déjà été meilleures.

« Est-ce que ça peut être plus difficile d’une année à l’autre si tu te bases sur une année de hockey qui est un peu plus soft? Est-ce que les clients se garrochent au portillon l’année suivante? Visiblement non », lance-t-il.

Plusieurs abonnés ne veulent voir qu'une dizaine de matchs par année et revendent les autres billets, souvent au prix coûtant, à la famille ou aux amis. Mais se défaire des billets excédentaires est devenu plus compliqué.

« Quand les gens avaient des plans, ils les tassaient pour prendre les billets, raconte Patrice Brunet. Et maintenant, ils me disent : "J'ai des plans." Et ils ne les défont pas leurs plans. »

Au tournoi de golf du Canadien, il y a un mois, Geoff Molson expliquait aux nombreux journalistes à quel point le marché avait changé.

Il y a cinq ans, on vendait presque tous nos billets en une journée en septembre parce qu'il n'y avait pas un marché de revente.

Geoff Molson, propriétaire du Canadien

Pour rivaliser avec les sites de revente, l'organisation est devenue son propre revendeur en créant La Voûte, il y a quelques années. Ian Hammond-Martel, fidèle abonné depuis 2006, dit y écouler ses billets assez facilement.

« Je ne cherche pas à faire du profit, affirme-t-il. Ceux qui cherchent à faire du profit ou qui vont attendre à la dernière minute avant de baisser leur prix, ça peut être compliqué. Il y a des games qu'ils ne vont pas vendre parce qu'ils ont demandé trop cher. »

La Voûte permet aussi à l'équipe de faire de l'argent une deuxième fois sur le même billet en prenant 15 % du prix de la revente.

La liste? Quelle liste?

N'empêche, l'organisation montréalaise a perdu des plumes aux guichets pendant l'été et a offert des billets supplémentaires au rabais à ses abonnés actuels. Et la fameuse liste d'attente qu'on montrait aux abonnés il y a quelques années encore pour les fidéliser aurait fondu.

« Est-ce que la liste d’attente a diminué depuis quelques années? Oui, confirme Paul Wilson. Mais il y a toujours quelques milliers de personnes qui sont sur la liste d’attente. »

Certains se tournent maintenant vers d'autres sports ou d'autres événements pour dépenser leur budget de divertissement.

« J'ai renouvelé l'Impact pour l'année prochaine et j'ai même pris un billet de plus aux cinq billets que je partageais avec ma soeur, dit Christian Gendron. Pour l'instant, le hockey, quand je veux voir vraiment des matchs, je vais sur les sites de revente. »

Si le passé est garant de l'avenir, ce ralentissement ne sera que momentané. Avec un retour vers la respectabilité sur la glace, le Canadien retrouvera, sans doute, l'affection de ses partisans.

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