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JO de Tokyo : une facture de 25 milliards et peut-être même plus

Vue aérienne du village olympique de Tokyo en construction
À la fin juillet, la construction du village olympique était terminée à environ 40 %, selon les organisateurs. Photo: Getty Images / AFP/JIJI PRESS
Radio-Canada

Le coût des Jeux olympiques d'été de 2020, à Tokyo, ne cesse d'augmenter, en dépit de ce que prétendent leurs organisateurs et le Comité international olympique (CIO).

Un rapport publié ces derniers jours par le bureau d’audit du gouvernement japonais fait état d’un budget de 25 milliards de dollars américains, un chiffre qui pourrait encore gonfler.

C’est près de quatre fois le montant initialement annoncé lors de la victoire de la candidature nippone, en 2013. À ce moment, les prévisions étaient de 7,3 milliards, en tenant compte du taux de change actuel.

La gestion des coûts se complique pendant que les travaux s’intensifient à l’approche de l'événement. On tente toujours de déterminer ce qui doit être placé, ou pas, dans la colonne des dépenses olympiques.

« C’est ahurissant que les Jeux olympiques soient le seul type de projet majeur dont les budgets ne cessent d’exploser », explique le spécialiste en finances olympiques, Bent Flyvberg, dans son enquête The Oxford Olympics Study 2016.

Flyvberg indique que ses travaux ne lui ont pas permis de déterminer « ne serait-ce qu’un » projet olympique dont le budget a été respecté, ou revu à la baisse.

Tokyo ne fait pas exception.

En décembre dernier, le comité organisateur a présenté un budget de 12 milliards. De cette somme, le comité organisateur et la municipalité de Tokyo payaient 5,3 milliards et le gouvernement japonais, 1,3 milliard.

Elle tient un parapluie devant un panneau à 1000 jours des Jeux.La gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike Photo : Getty Images / Tomohiro Ohsumi

Un mois plus tard, la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a fait savoir qu'une contribution supplémentaire de la ville, s'élevant à 7,2 milliards, était nécessaire pour mener à terme des projets liés directement ou indirectement aux Olympiques. Ce montant était destiné, disait-elle, à la construction d’installations adaptées pour les athlètes paralympiques, au programme de formation des bénévoles, à la promotion et au plan de tourisme.

Cet ajout a fait grimper la facture à 19,1 milliards.

Le CIO et les organisateurs contestent le fait que ces dépenses soient considérées comme olympiques, les qualifiant plutôt de « frais administratifs normaux ne faisant pas partie du budget des Jeux ».

Contrôler les coûts

Les dirigeants de Tokyo 2020 disent avoir épargné des milliards de dollars ces dernières années en ayant recours à des installations déjà existantes, en réduisant le nombre d’épreuves-tests et en mettant un frein à certains chantiers.

Le CIO a aussi tenté de mettre de l’avant la frugalité, conscient que les dépassements de coûts ont pu effrayer plusieurs candidatures, plus particulièrement celles visant les Jeux d’hiver.

Trois candidatures demeurent pour les JO de 2026 : Calgary, Stockholm (Suède) et Milan/Cortina d’Ampezzo (Italie). Plusieurs autres se sont déjà retirées de la course.

En début de semaine, le comité organisateur des plus récents Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, a rapporté des surplus de 55 millions de dollars. Pendant ce temps, le gouvernement provincial se plaint de devoir débourser des millions pour l’entretien de sites de compétitions déserts, dont le gouvernement national refuse d’assumer ces frais.

La démolition de certains de ces sites est envisagée.

« Même si les gens tentent de réduire les coûts, ça demeure très difficile, reconnaît Bent Flyvberg. Il y a cependant des progrès, mais nous sommes très loin des autres types de mégaprojets. »

Il ajoute que « la décision d’une ville et d’une nation d’organiser les Jeux olympiques, c’est celle d’accepter de tenir le mégaprojet le plus coûteux et le plus risqué, ce que plusieurs villes et pays ont appris à leurs dépens ».

Avec les informations de Associated Press

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