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chronique

Les joueurs de la LNH et la légalisation du pot

Des feuilles de cannabis séchées dans un pot.
Seuls les bourgeons de cannabis sont récoltés dans la production de marijuana médicinale. Photo: La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Martin Leclerc

BILLET - Consommer de la marijuana à des fins récréatives ne sera plus illégal dans une dizaine de jours au Canada et beaucoup de gens se demandent quels effets cette énorme modification législative aura dans la société.

Dans le sport professionnel et dans le sport d’élite, la consommation de drogues récréatives par les athlètes est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur et auquel les ligues tentent, tant bien que mal, de s’adapter. Après tout, les athlètes ne vivent pas dans une bulle, isolés du reste du monde. Ils ne sont que le reflet de la société de laquelle ils sont issus.

Il y a quelques années, alors que la LNH reconnaissait que le pourcentage de joueurs consommant de la cocaïne de façon récréative était à la hausse, j’avais téléphoné à un dirigeant d’équipe pour obtenir son point de vue à ce sujet.

La LNH étant un milieu extrêmement conservateur, je m’attendais à entendre un discours totalement répressif et intransigeant à l’endroit des consommateurs. Or, tout en se disant très préoccupé, le dirigeant en question m’avait expliqué, entre autres, que les joueurs rejetaient de plus en plus l’alcool parce qu’ils ne voulaient pas en ressentir les effets secondaires et se présenter mal en point à l’entraînement le lendemain matin.

En raccrochant, je m’étais dit qu’on était rendu à des années-lumière de la LNH qui, au début des années 1980, avait suspendu le défenseur Ric Natress pour une saison complète (suspension plus tard réduite à 30 matchs). Natress avait reçu cette sanction après avoir été trouvé en possession d’une petite quantité de pot.

***

Dans sa plus récente édition, le magazine The Hockey News pose une question intéressante : comment la légalisation de la marijuana changera-t-elle la LNH?

Le magazine rappelle que l’usage de la marijuana à des fins récréatives est maintenant légal dans neuf États américains (en plus du District de Columbia) et que sept concessions de la LNH (Anaheim, Boston, Colorado, Los Angeles, San José, Vegas et Washington) sont basées dans ces législations. Les sept équipes canadiennes s’ajouteront à cette liste le 17 octobre prochain après la légalisation de la marijuana de notre côté de la frontière.

Selon quelques récents retraités de la LNH interrogés par THN, la consommation de marijuana est nettement en hausse au sein de la ligue depuis quelques années. Toutefois, les estimations varient. Les anciens joueurs interrogés situent entre 20 % et 40 % le nombre de joueurs qui en consomment. C’est tout de même énorme. On parle de quatre à huit joueurs par équipe.

Des partisans des Jets de Winnipeg pendant la présentation des joueurs avant un matchSelon des anciens de la LNH, entre 20 et 40% des joueurs actuels consomment du cannabis, soit de quatre à huit joueurs par équipe. Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Selon l’ancienne peste des Rangers de New York, Sean Avery, plusieurs joueurs estiment que la marijuana leur permet de gérer la douleur plus adéquatement que les puissants antidouleurs habituellement prescrits par les soigneurs des équipes.

Il serait toutefois impossible de disputer un match sous l’effet de la marijuana, disent les anciens joueurs interrogés. Pour les jours de match, la médication classique est de mise.

***

La LNH donne parfois l’impression d’être dirigée par des dinosaures. Elle tient aux bagarres et aux retentissantes mises en échec. Elle nie aussi que les coups à la tête déclenchent des maladies dégénératives du cerveau.

Cependant, lorsqu’il est question de consommation de drogues récréatives, parmi les quatre ligues majeures nord-américaines, la LNH est de loin la plus permissive.

La LNH ne punit pas ses joueurs pour usage de drogues récréatives comme le pot ou même la cocaïne. Toutefois, les joueurs dont les tests dévoilent un niveau de consommation jugé problématique par les médecins sont dirigés vers le programme d’abus de substance et de problème comportementaux de la ligue. Dans ce programme, les joueurs reçoivent de l’aide sans que leur identité soit dévoilée.

Cette politique d’ouverture laisse croire que les moeurs des joueurs ne changeront pas drastiquement au sein de la ligue après le 17 octobre.

Au bout du compte, ces athlètes sont menacés de perdre leur emploi à tout moment dès que leur niveau de performance diminue. Ils ont donc tout intérêt à éviter les abus, quels qu’ils soient.

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