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La hockeyeuse Catherine Dubois déjoue la maladie et renoue avec son rêve olympique

Catherine Dubois a participé au camp d'évaluation de l'équipe senior de Hockey Canada du 8 au 16 septembre dernier en Colombie-Britannique

Catherine Dubois a participé au camp d'évaluation de l'équipe senior de Hockey Canada du 8 au 16 septembre dernier en Colombie-Britannique.

Photo : Hockey Canada Images / Kurtis Nguyen

Radio-Canada

Frappée par des ennuis de santé, Catherine Dubois avait pris sa décision : elle en avait fini avec le hockey. Mais la joueuse de Québec a senti que la flamme brûlait toujours en elle et elle a décidé de se donner une deuxième chance. Une sage décision récompensée il y a quelques semaines par une invitation au camp d’évaluation de l’équipe canadienne senior.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Catherine Dubois est un peu embêtée lorsqu’on lui demande d’évaluer sa performance au plus récent camp d’évaluation de l’équipe nationale senior de hockey, à Dawson Creek, en Colombie-Britannique.

Pour elle, simplement de savoir qu’elle fait toujours partie des plans de Hockey Canada et qu’elle pourrait un jour devenir membre de l’équipe olympique est une réussite en soi.

« C’était vraiment une belle surprise, je ne m’attendais pas à ça. Pour moi, c’est vraiment une belle opportunité, mais surtout un beau cadeau d’évoluer aux côtés de ces joueuses-là », avoue la jeune femme de 23 ans, qui a côtoyé pendant neuf jours Marie-Philip Poulin, Mélodie Daoust et d'autres membres de l'équipe olympique.

L'hôpital au lieu de l'Allemagne

Si Catherine Dubois se contente de peu, c’est qu’elle revient de loin.

Dès la fin de son parcours collégial avec les Titans du Cégep de Limoilou en 2015, la joueuse de Québec est établie par Hockey Canada comme une candidate pour un poste au sein de l’équipe olympique pour 2018.

Après avoir fait le saut au hockey universitaire avec les Carabins de l’Université de Montréal à l’automne suivant, Dubois reçoit une invitation au camp de sélection de l’équipe de développement de Hockey Canada.

Catherine Dubois dans l'uniforme des Carabins

Catherine Dubois dispute cette année sa quatrième saison dans l'uniforme des Carabins de l'Université de Montréal.

Photo : Carabins de l'Université de Montréal / James Hajjar

En novembre, la même journée où on lui annonce qu’elle s’envolera à nouveau pour l’Allemagne représenter le pays à la Coupe des nations, un tournoi international auquel participe la relève canadienne, la jeune femme entre à l'hôpital, prise de douleurs causées par une inflammation des reins.

Elle rentre alors à Québec, où elle devra rester pendant plusieurs mois pour guérir et reprendre des forces.

Mes reins ont arrêté de fonctionner pendant un petit bout. J’étais vraiment faible. Je ne mangeais plus, j’ai perdu 25 livres. Je prenais des médicaments qui te rendent irritable, mais tu n’as pas le choix de les prendre sinon tu ne guéris pas.

Catherine Dubois, hockeyeuse, Carabins de l'Université de Montréal

La retraite, le temps d'un été

Catherine Dubois a pris du mieux, mais à son retour avec les Carabins, la tête n’y était plus.

Après une saison 2016-2017 difficile, elle rencontre son entraîneuse Isabelle Leclaire pour lui annoncer qu’elle accroche ses patins.

« Elle se sentait désemparée, se souvient l’entraîneuse des Carabins. Elle avait vécu des saisons qui avaient été pour elle difficiles dans l’évaluation des performances, mais aussi par rapport à sa santé. »

J’ai l’impression que je ne devais pas la retenir à ce moment-là. Je devais simplement lui dire de prendre le temps dont elle avait besoin et que si elle changeait d’idée, elle n’aurait qu’à me téléphoner.

Isabelle Leclaire, entraîneuse-chef, Carabins de l'Université de Montréal

C’est exactement ce qui s’est passé. Après avoir longuement réfléchi durant tout l’été, Catherine Dubois a senti qu’elle avait encore en elle le désir de jouer.

« Je me suis rendu compte que je n’avais pas complètement perdu ma passion pour le hockey », raconte-t-elle.

« J’ai appelé Isabelle pour lui dire que j’avais réfléchi et que je voulais me donner une dernière chance. Elle m’a fait sentir comme si j’étais encore un membre de la famille », se rappelle Dubois, reconnaissante de l’appui inconditionnel démontré par son entraîneuse.

Revenue pour la saison 2017-2018, Catherine Dubois n’a pas ses meilleurs résultats sur le plan des statistiques. Mais cette saison, elle en avait besoin pour se « reconnecter avec le hockey ».

« J’étais vraiment heureuse de jouer au hockey, dit-elle. Il n’y a pas une pratique où je ne voulais pas aller à l’aréna. Je voulais juste m’amuser, c’est ça que j’étais revenu faire. »

« Elle est revenue au jeu avec une détermination et une motivation incroyables, dit Isabelle Leclaire. Depuis ce temps-là, elle va très bien. Je suis très fière d’elle. »

Elle est debout derrière le banc.

Isabelle Leclaire, entraîneuse-chef des Carabins de l'Université de Montréal.

Photo : Carabins de l'Université de Montréal / James Hajjar

Plus forte devant l’épreuve

Catherine Dubois n’est pas complètement guérie. Elle ne le sera peut-être jamais. Mais elle connaît mieux la maladie et les moyens à prendre pour éviter de retomber aussi bas. Elle croit surtout que cette épreuve l’a rendue plus forte et que l’état-major du programme national de hockey féminin en a pris bonne note.

« [Les dirigeants de Hockey Canada] savent qu’on est tous humains et qu’on a tous des bas et des hauts dans notre carrière et dans nos vies. »

Ils ont vu que je ne voulais pas lâcher, que j’ai encore un petit feu qui brûle en dedans de moi. Et, quand je joue, ça paraît.

Catherine Dubois, à propos des dirigeants du programme de hockey féminin de Hockey Canada

Même si une place dans l’équipe olympique de 2022 semble encore loin, Isabelle Leclaire est convaincue que Catherine Dubois n’a pas été invitée au camp d’évaluation dans le simple but de lui faire plaisir.

« Ils ont vu quelque chose en elle et je pense que c’est là-dessus qu’il faut construire et la développer, surtout à l’aile, où Hockey Canada veut la voir et où elle a des chances. »

La principale intéressée est consciente d’avoir franchi un pas de plus vers son rêve olympique, mais elle garde les pieds sur terre.

« Ça va dépendre de ce qu’ils recherchent. On était 59 joueuses au camp, alors il y a beaucoup de possibilités. J’aime mieux ne pas me faire d’idée et me dire que si ce n’est pas cette fois-ci, que je vais tout faire pour que ce soit la prochaine fois. »

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