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Le Canadien profite de l’effervescence du hockey finlandais

Jesperi Kotkaniemi dans les couloirs du centre d'entraînement du Canadien
Jesperi Kotkaniemi, choix de 1er tour du Canadien en 2018 Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes

Aleksander Barkov, Patrik Laine, Mikko Rantanen, pour n'en nommer que quelques-uns : les immenses talents finlandais abondent dans la LNH. Le dynamisme de ce pays au hockey ne fait aucun doute et le Canadien réclame sa part du butin.

Un texte d’Alexandre Gascon

En repêchant au 3e rang au total cette année son tout nouveau diamant brut, Jesperi Kotkaniemi, le Tricolore a fait du jeune homme le cinquième Finlandais à partir parmi les cinq premiers lors des trois derniers encans.

Le tiers donc, de ces 15 sélections.

C’est énorme. Impressionnant même, surtout pour une nation qui compte 5,5 millions d’habitants et environ 75 000 joueurs dans sa structure de hockey mineur, soit environ 25 000 de moins que Hockey Québec.

Le succès du hockey finlandais n’a rien de nouveau.

Au cours des cinq éditions de tournois olympiques avec les professionnels de la LNH (1998-2014), l'équipe a obtenu trois médailles de bronze et une d’argent.

Avant cela, les vedettes finlandaises avaient déjà laissé une empreinte indélébile sur la ligue, de Jari Kurri à Esa Tikkanen, en passant par Teemu Selanne et Saku Koivu.

Cette fois par contre, cette vitalité se répand plus largement, dans les associations de hockey mineur dont les joueurs sont formés par des entraîneurs professionnels, comme l’a déjà expliqué en détail le collègue Martin Leclerc.

La Finlande a remporté le Championnat du monde junior en 2014 et 2016 ainsi que deux médailles d’argent chez les seniors ces mêmes années.

L'essor ne s'essouffle pas.

« J’espère que ces jeunes viendront chaque année, mais il n’y a rien de garanti. Parfois, on ne les a même pas sur nos listes et ils se mettent à jouer si bien, qu’au printemps, on revoit tout », explique Jere Lehtinen, ancienne gloire des Stars de Dallas et aujourd’hui directeur général de l’équipe nationale finlandaise.

Ça a vraiment commencé avec Barkov et (Rasmus) Ristolainen [en 2013, NDLR]. Chaque année, maintenant, il y en a un nouveau. Cette année aussi. Je sors de l’aréna et le jeune de 17 ans que je viens de voir, il est le prochain. Il peut déjà jouer avec des hommes. C’est impressionnant.

Jere Lehtinen

Jere Lehtinen est convaincu et convaincant.

Celui dont il parle, c’est Kaapo Kakko. Vous ne retiendrez pas seulement son nom pour sa musicalité. L’adolescent de Turku, la même ville que les Koivu, a déjà inscrit six points en cinq matchs cette saison avec le TPS Turku.

On en dit beaucoup de bien. Le réputé journaliste Bob McKenzie l’a récemment établi comme troisième espoir en vue de la prochaine cuvée dominée par Jack Hughes.

Une génération dorée?

Le terme est galvaudé, certes, mais quand on regarde les chiffres, il serait tentant de conclure à une génération dorée… en bleu et blanc.

« Je n’en suis pas certain », a dit Lehtinen, joint au téléphone par Radio-Canada Sports.

« Nos entraîneurs font tout un travail dans le hockey mineur et avec les juniors. Il est difficile de dire ce qui arrivera à l’avenir, mais ça se pourrait que ça continue à ressembler à ça », a ajouté le triple lauréat du trophée Selke.

Avant 2013, la Finlande avait développé 25 espoirs repêchés au premier tour dans la LNH. Depuis, on parle de 17 sélections parmi les 30 premiers, dont 8 dans le top 10 et 6 dans le top 5.

Choix de 1er tour finlandais depuis 2013 :

  • 2013 - Aleksander Barkov (2e), Rasmus Ristolainen (8e)
  • 2014 - Julius Honka (14e), Kasperi Kapanen (22e)
  • 2015 - Mikko Rantanen (10e)
  • 2016 - Patrik Laine (2e), Jesse Puljujarvi (4e), Olli Juolevi (5e), Henrik Borgstrom (23e)
  • 2017 - Miro Heiskanen (3e), Jusso Valimaki (16e), Urho Vaakanainen (18e), Kristian Vesalainen (24e), Henri Jokiharju (29e), Eeli Tolvanen (30e)
  • 2018 - Jesperi Kotkaniemi (3e), Rasmus Kupari (20e)
Gros plan d'Aleksander BarkovAleksander Barkov, 2e choix du repêchage de 2013 Photo : La Presse canadienne / Chris Carlson

À titre de comparaison, et loin de nous l’idée de tourner le fer dans la plaie, mais le Québec a vu 12 de ses joueurs être sélectionnés au premier tour au cours de ces six repêchages. Et la source se tarit en amont : deux joueurs du top 10 et deux du top 5.

Tout ça en ayant 33 % plus de joueurs inscrits dans les ligues civiles.

La filiale montréalaise

Le CH a profité de la première vague de fond en réclamant Artturi Lehkonen au deuxième tour en 2013.

Voici maintenant le Tricolore avec une petite filiale finlandaise en compagnie de Kotkaniemi, de Joel Armia et si vous voulez, appelons ça la clause grand-père, d'Antti Niemi.

« Il ne faut pas qu’il parle trop en finnois dans le vestiaire », a dit Lehtinen en plaisantant.

Selon lui, il n’est pas impossible de voir Kotkaniemi faire le saut dès cette année, même si la marche est haute.

« C’est impressionnant de voir comment il s’est amélioré si vite l’an dernier. Il a joué un grand rôle Liiga. On n’a pas à attendre une année avec lui, c’est mois après mois », a-t-il lancé, ajoutant du poids à ce que démontre le jeune centre depuis le début du camp.

C’est sûr que c’est un peu plus risqué de faire le saut dans la LNH directement. Mais quand on voit à quel point il est intelligent...

Jere Lehtinen sur Jesperi Kotkaniemi

« J’ai souvent vu des gars arriver et surprendre tout le monde. S’il reste, ce devra être dans le bon rôle pour aider l’équipe à gagner. On le saura dans une semaine », a conclu le DG finlandais.

Ils se tiennent par les épaules.Artturi Lehkonen, Jesperi Kotkaniemi et Charles Hudon Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Avant de raccrocher, le triple médaillé olympique a tenu à spécifier qu’il faisait bon avoir deux joueurs originaires de Pori pour le Canadien, comme Kotkaniemi et Armia.

Pourquoi?

« Parce qu’ils sont fous », a déclaré Lehtinen.

Mais encore…

« Dans le bon sens. Ils sont courageux, ils jouent dur, ils laissent tout sur la glace. Cette discipline, ils la traînent avec eux. Je ne sais pas d’où ça vient, de leur histoire, j’imagine », a-t-il spécifié.

« C’est vrai qu’ils sont fous », a confirmé Artturi Lehkonen.

« Les gens disent toujours ça, mais je ne sais pas pourquoi », a avoué Joel Armia, sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Difficile d’en savoir plus. On ira enquêter auprès d’Erik Haula et de Joonas Korpisalo.

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