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chronique

Au camp du Canadien, l’empreinte de l’Armada s’incruste...

Marc Bergevin (à gauche) et Joël Bouchard
Marc Bergevin (à gauche) et Joël Bouchard Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Martin Leclerc

BILLET - Et dire que durant tout ce temps, le Canadien ignorait qu'il avait un club-école à Blainville...

Alors que le CH conclut la première moitié de son camp d’entraînement, quelques tendances intéressantes sont en train d’émerger. Et parmi ces tendances qui piquent particulièrement la curiosité, il y a cette empreinte de Joël Bouchard, qui semble constamment teinter le décor.

Joël Bouchard a été embauché par Marc Bergevin en mai dernier afin de diriger le club-école à Laval et veiller au développement des espoirs du CH. Parallèlement à l’arrivée du nouvel entraîneur, pas moins de neuf joueurs ou anciens joueurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand, que dirigeait Bouchard, se sont retrouvés sur la liste des participants au camp d’entraînement.

Certains, comme l’actuel capitaine de l’Armada, l’attaquant Alexander Katerinakis, ont simplement été invités au camp des recrues ou au camp de la LNH. D’autres, comme l’attaquant Alexandre Alain (capitaine de l’Armada en 2017-2018), ont été embauchés après avoir été ignorés au repêchage. Il y a aussi le défenseur Xavier Ouellet (capitaine de l’Armada en 2011-2012 et 2012-2013), qui s’est joint au CH à titre de joueur autonome durant l’été après avoir amorcé sa carrière avec les Red Wings de Détroit.

***

Depuis le début, Bouchard s’est toujours défendu d’être intervenu pour qu’on accorde des traitements de faveur à ses anciens protégés.

« Tous ceux qui sont ici le méritent. Les recruteurs du Canadien parcourent le monde pour dénicher les meilleurs talents disponibles. Ce serait leur manquer de respect de procéder autrement », a-t-il expliqué.

Or, le temps est en train de lui donner raison. L’une de tendances les plus intéressantes de ce camp, justement, c’est que les anciens de l’Armada y démontrent de fort belles choses.

Jusqu’à présent, Xavier Ouellet se profile comme l’une des plus agréables surprises au sein du grand club. Tentant de se greffer à une brigade défensive souvent montrée du doigt pour son incapacité à bien amorcer les relances et les transitions, le défenseur de Terrebonne trouve toujours le moyen de dégager une ligne de passe et d’atteindre le ruban gommé d’un coéquipier en mouvement. Tout en étant fiable en défense, Ouellet génère constamment de l’attaque, ce dont le CH a cruellement besoin.

Jeudi soir à Québec, sans avoir disputé de match dans les rangs professionnels, Alexandre Alain s’est retrouvé sur la même patinoire qu’Alex Ovechkin et Evgeny Kuznetsov. Au départ, les chances de voir Alain disputer un match préparatoire au camp de la LNH étaient extrêmement minces. Mais Claude Julien a tenu à l’insérer dans la formation pour lui souligner son appréciation.

Il bataille le long de la bande.Alexandre Alain de Québec a enfilé pour la première fois le chandail du CH devant ses amis et sa famille au Centre Vidéotron. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Puis, vendredi matin, juste avant d’être cédé à l’Armada (où il campe le rôle de capitaine adjoint), l’attaquant de 19 ans Joël Teasdale, qui n’a pourtant jamais été repêché, a paraphé un contrat de trois ans avec le Tricolore.

Mercredi dernier, face à une formation presque complète des Panthers de la Floride, Teasdale s’était démarqué par son calme et son assurance en possession de la rondelle. Utilisé en désavantage numérique, il a profité de cette marque de confiance de Julien pour étaler sa combativité et sa compréhension du jeu.

Teasdale, un junior, a profité de cette formidable audition, tandis que des joueurs ayant porté les couleurs du Rocket de Laval durant toute la dernière saison n’ont même pas eu la chance d’endosser le chandail.

***

« Je suis content du camp d’entraînement qu’a connu Teasdale et je suis content qu’on lui ait accordé un contrat. J’ai vu dans son jeu beaucoup de petits détails que les entraîneurs recherchent. À ce niveau, tous les joueurs possèdent un talent. Mais ce qui différencie les bons joueurs des autres, ce sont les petits détails, et on le répète souvent. Teasdale m’a vraiment impressionné de ce côté. Il joue avec intelligence, il lit bien le jeu et il n’avait pas l’air intimidé du tout », a dit Claude Julien.

Ce qui est fascinant dans cette courte analyse de l’entraîneur du CH, c’est qu’elle pourrait être copiée-collée et appliquée au jeu de Ouellet, d’Alain, de Melançon, de Katerinakis ou de n’importe quel autre ancien porte-couleurs de l’Armada ayant participé au camp.

En d’autres mots : même s’ils n’ont pas tous le même talent, les joueurs qui ont fait leurs classes à Blainville auprès de Bouchard comprennent ce qui se passe sur la patinoire et ce qu’ils doivent accomplir, dans les moindres détails, pour influencer positivement le déroulement d’un match.

« Les gens s’en rendront compte éventuellement, Marc Bergevin a réalisé toute une acquisition le jour où il a mis la main sur Bouchard », confiait récemment un DG de la LNH.

***

Le CH a procédé à ses premiers retranchements vendredi. Le camp du Rocket se mettra en branle dès lundi à Laval.

Le scénario auquel on a assisté cette semaine au camp du Canadien risque de se répéter au sein du club-école, puisqu’entreront en scène (outre Alain et Melançon) d’autres anciens piliers de l’Armada comme le gardien Étienne Marcoux, le robuste attaquant Morgan Adams-Moisan et l’attaquant Nikita Jevpalovs.

D’ailleurs, les jeunes gardiens de l’organisation, Charlie Lindgren et Michael McNiven, feraient bien de ne pas commettre l’erreur de croire que leur poste est assuré à Laval, eux qui ont respectivement compilé des taux d’efficacité de ,886 et ,884 la saison dernière. Marcoux, même s’il porte un masque et de grosses jambières, est issu du même moule que le reste de l’Armada.

Depuis le début du camp, ça sent le changement de culture dans le grand club. Et comme le dit si bien Claude Julien, ça commence par de petits détails. Comme l’arrivée d’une bande de négligés qui brouillent les cartes parce qu’ils travaillent bien, et sans relâche.

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