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Patinage longue piste : deux ans de sacrifices pour la relève québécoise

Le Centre des Glaces tel qu'il sera aménagé à Québec dans deux ans.
Le Centre des Glaces tel qu'il sera aménagé à Québec dans deux ans. Photo: Le Carrefour de Québec

L'attente de plus de deux ans a pris fin, vendredi matin, avec le début des travaux entourant la construction du Centre des glaces de Québec. Mais en attendant son ouverture, la relève du patinage de vitesse sur longue piste devra trouver l'argent pour s'entraîner ailleurs.

Un texte de Jean-François Chabot

La construction du futur anneau de vitesse couvert à Sainte-Foy a officiellement commencé.

Le complexe de 68 millions de dollars, construit sur les terrains de l’ancien anneau de vitesse Gaétan-Boucher, devrait accueillir ses premières compétitions internationales dans deux ans.

Il comprendra également, en son cœur, deux patinoires qui seront consacrées au patinage artistique, au patinage de vitesse sur courte piste ainsi qu’au hockey. L’une de ces patinoires munies de bandes sera de dimension olympique.

Vies d’athlètes chamboulées

Entre-temps, il est clair que le calendrier et les installations disponibles pour l’entraînement des patineurs de l'élite et de la relève en longue piste seront inévitablement perturbés.

Les Québécois membres de l’équipe canadienne de longue piste seront moins touchés.

Après les Championnats canadiens à Calgary, le mois prochain, les représentants de l’unifolié s’envoleront pour le Japon et ensuite vers l’Europe en prévision des quatre premiers rendez-vous de la saison de Coupe du monde. Une fois là-bas, ils auront accès à des installations locales de premier ordre.

Comme l’indique Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération québécoise de patinage de vitesse, c’est la relève qui pâtira le plus en attendant l’inauguration de l’infrastructure de calibre international espérée depuis plus de 15 ans.

« On va user de plusieurs stratagèmes pour gérer cette situation. La plupart de nos jeunes espoirs en longue piste ont déjà aussi pratiqué le patinage courte piste. Leur entraînement sur courte piste sera maximisé autant que possible. Plusieurs séjours hors Québec resteront nécessaires », a reconnu Robert Dubreuil.

Les frais rattachés à ses déplacements supplémentaires incomberont aux parents, a du même souffle admis Dubreuil.

Il a cependant indiqué que des installations extérieures locales seraient également mises à contribution pour l’entraînement. Ce sera le cas pour l’anneau réfrigéré des plaines d’Abraham, une infrastructure gérée par Parcs Canada.

C’est un lieu essentiellement consacré au patinage public, ce qui n’est pas l’idéal. Mais on verra ce qu’il sera possible de faire. Montréal aura aussi, à compter de décembre 2019, son propre anneau de glace artificielle de 400 m, lequel sera aménagé au parc Angrignon.

Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération québécoise de patinage de vitesse

Motiver les jeunes

Il est clair qu’en ce début de cycle olympique de quatre ans d’ici les Jeux d’hiver de Pékin en 2022, le risque est grand de laisser filer quelques très bons espoirs de la longue piste.

Certains pourraient être découragés par la difficulté à trouver un lieu d’entraînement adéquat, d’autres par la hausse des coûts reliés à la pratique de leur sport.

« Avec cette fermeture de l’anneau de Sainte-Foy pour les deux prochaines années, c’est comme si un jeune joueur de hockey perdait son aréna. Comment peut-il jouer? C’est la base. C’est comme un nageur sans piscine », a reconnu Dubreuil.

« Cela signifie donc des séjours prolongés à Calgary (au Centre national d’entraînement), ou ailleurs [aux États-Unis, NDLR] selon les opportunités. On va s’arranger pour arrimer le calendrier des compétitions avec la tenue de mini-camps dans les jours précédents pour maximiser la dépense. »

Comme le reconnaît Dubreuil, ce sont les budgets des familles qui écoperont.

L’argent supplémentaire pour financer ces séjours prolongés viendra, malheureusement, surtout des parents. Certains jeunes profitent du soutien de petits commanditaires, mais les fédérations, qu’elles soient nationales ou québécoises, ont des limites. On fait ce que l’on peut.

Robert Dubreuil

Qu’il suffise de rappeler que les équipes nationales du Canada ont été contraintes de réduire leur participation aux dernières étapes de la saison de la Coupe du monde.

« Ce seront des années difficiles. Notre but est de donner le maximum pour passer à travers. L’avenue de l’entraînement sur courte piste n’est pas inintéressante. Plusieurs jeunes en ont fait beaucoup cet été, plus qu’à l’habitude, et ça fait également partie du plan. »

Enfin, 2019 sera une année de Jeux du Canada. Du côté de la Fédération québécoise, on compte sur ce rendez-vous du calendrier sportif afin de préserver l’intérêt et la motivation de ces jeunes qui visent une place au sein de l’équipe du Québec.

Le fait demeure qu’avant de pouvoir profiter d’installations parmi les plus modernes au monde, notre élite devra serrer les lacets de ses patins et délier les cordons de goussets déjà trop sollicités.

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