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L’AMA a fait passer « l'argent avant les principes », regrette son ancien directeur

David Howman en conférence de presse
David Howman a dirigé l'Agence mondiale antidopage de 2013 à 2016. Photo: AFP/Getty Images / AFP/Toru Yamanaka
Agence France-Presse

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a fait passer « l'argent avant les principes » en annonçant jeudi la levée des sanctions contre la Russie et son système de dopage institutionnel ayant sévi entre 2011 et 2015, a fustigé vendredi son ancien directeur général David Howman.

« Je suis un peu déçu, c'est le moins que l'on puisse dire. Cela donne l'impression qu'ils ont pris la décision de dévier d'une voie prudente et rassembleuse pour des raisons entièrement pragmatiques », a dit Howman au lendemain de la réunion du comité exécutif de l'AMA, qui a conduit à la décision de réintégrer l'Agence antidopage russe (RUSADA), suspendue depuis novembre 2015.

« L'AMA est passée d'une organisation qui tenait aux athlètes propres à une qui tient aux fédérations internationales qui n'ont pas été en mesure d'organiser des événements en Russie. C'est l'argent avant les principes », a regretté l'actuel patron de l'Unité pour l'intégrité dans l'athlétisme (AIU), qui a dirigé l'AMA de 2003 à 2016.

Howman montre du doigt entre autres le Comité international olympique (CIO), qui n'a pas pu prévoir de compétition en Russie depuis l'annonce de la suspension.

« Je m'en fiche que vous soyez sous pression, cela va avec le métier. C'est ce que vous devez endurer quand vous défendez des principes. Vous allez toujours déranger certains intérêts. Le risque pour l'AMA est qu'elle est passée d'un régulateur indépendant à une simple organisation de services pour les fédérations sportives », a-t-il ajouté.

Michael Phelps, vedette américaine de la natation, s'est joint aux critiques.

« Quand une organisation va-t-elle entièrement prendre la responsabilité de changer les choses? Parce que ce n'est pas ça, le sport [...] C'est triste de voir cela. Quelqu'un doit prendre des mesures, et si l'AMA n'est vraiment pas partie pour faire quoi que ce soit, alors quelqu'un d'autre devra le faire », a-t-il dit à des journalistes à Hong Kong.

« Cela va à l'encontre de tout ce que l'AMA est censée défendre. Cela diminue sa crédibilité et la foi qu'ont les athlètes propres envers elle », a pour sa part mentionné la détentrice britannique du record du monde du marathon Paula Radcliffe à la BBC.

Le comité exécutif de l'AMA a décidé lors d'une réunion à huis clos aux Seychelles de « rétablir » [9 voix pour, 2 contre, 1 abstention) la RUSADA « comme conforme au Code (mondial antidopage, NDLR], sous strictes conditions », selon le président de l'AMA, Craig Reedie.

Cette décision pourrait favoriser la réintégration de la RUSADA au sein de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), qui l'a bannie de compétitions depuis novembre 2015.

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