•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Agence mondiale antidopage « joue gros », selon Christiane Ayotte

Elle répond à des questions dans son laboratoire.
Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l’Institut Armand-Frappier de l'INRS Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand-Frappier, Christiane Ayotte, affirme qu'elle doutera « toujours » de la Russie malgré la levée de sa suspension par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada Sports, Mme Ayotte assure qu’elle suivra « à la trace » l’Agence russe antidopage (RUSADA) et son laboratoire. Elle s’opposera d'ailleurs à ce que les scientifiques des laboratoires canadiens aident leurs collègues russes.

« Il y a les mots et les actions : on n’a jamais parlé de tous les athlètes positifs russes qui se sont battus avec l’appui des plus hautes instances russes (moyens financiers et scientifiques) contre des résultats positifs à grand renfort de mensonges et de fausse science, écrit Mme Ayotte. Des avocats américains les représentaient, une flopée d’experts. L’argent coulait. Ils ont perdu, mais cela démontre l’incapacité des Russes à punir la triche du dopage. Bien au contraire, ils ont défendu les athlètes. »

Christiane Ayotte rappelle que la Russie n’a pas reconnu le rapport McLaren sur l'existence d'un système institutionnel de dopage, un des critères de l’AMA pour sa réintégration, mais qu’elle a accepté les conclusions du rapport Schmid du CIO.

Ce dernier rapport, moins accablant que celui du juriste canadien Richard McLaren, ne blâmait pas les plus hautes autorités russes dans ce dossier.

Comme la décision de l’AMA, fondée sur une recommandation du Comité de révision de la conformité, a profondément divisé le monde du sport, Christiane Ayotte juge que l’organisation « joue gros ».

« En bon technicien, [l’AMA] suit les recommandations du comité imperméable aux émotions qui sont toujours très à vif, souligne-t-elle. Les ténors gouvernementaux de l’antidopage, dont le [Centre canadien pour l'éthique dans le sport] et surtout [le directeur de l'Agence américaine antidopage Travis] Tygart aux États-Unis, tirent à boulets rouges sur l’Agence.

« La commission d’athlètes du CIO est en faveur, celle de l’Agence est contre. [La Fédération internationale d'athlétisme] a refusé de réintégrer la fédération russe. On verra bien la suite. Mais je vais pour ma part suivre le nouveau labo et l’agence russes à la trace et m’opposer à ce que nos scientifiques dans les laboratoires les aident. »

Dopage

Sports