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C'est une question d'attitude

Panthers 5 - Canadien 2 : faits saillants
Radio-Canada

On en a entendu parler pour la première fois au bilan de fin d'année. On l'a lu sur les chandails des joueurs au camp de perfectionnement. C'en est devenu une rengaine, un bruit assourdissant qui commençait à être tourné en ridicule. Mercredi soir, on l'a vu sur la glace.

Un texte d’Alexandre Gascon

Quoi donc? Mais l’attitude, pardieu, évidemment.

Étrange quand même de voir un directeur général montrer du doigt, déterminer comme responsable de bien des maux, l’attitude défaillante de ses joueurs, alors qu’il en faisait une priorité depuis quelques années et qu’il avait déjà négocié pour corriger ce « problème » (Shea Weber, Andrew Shaw).

C’est comme si un politicien faisait campagne sur un dossier précis, mais qu’il n’en maîtrisait pas les subtilités. Ce serait inusité…

N’empêche, peut-être y avait-il vraiment quelque chose de pourri au royaume de Carey Price l’an dernier parce que c’est un tout autre visage que montre le Canadien depuis le début du camp d’entraînement, nonobstant la défaite de 5-2 aux mains des Panthers de la Floride mercredi soir.

Intense, frondeuse, volontaire, la majorité des joueurs travaille avec un acharnement qui a si souvent fait défaut dans un passé récent.

L’équipe a fait un bon travail pour se tenir ensemble.

Claude Julien

Ça s’est traduit par Brett Lernout qui a volé au secours de son copain à la ligne bleue, Mike Reilly (après que celui-ci eut allumé le feu), malmené par Maxim Mamin.

Par le petit, mais teigneux, Paul Byron qui n’a pas hésité à jeter les gants devant Jonathan Huberdeau qui le dépasse d’une tête.

« Il n’a pas aimé quelques mots à la mise au jeu. Il m’a fait trébucher, m’a attaqué. J’étais surpris, mais j’étais prêt », a-t-il expliqué.

Et il y a eu aussi ce coup sournois de Max Domi sur Aaron Ekblad qui cherchait clairement à éviter la bagarre avant de recevoir une droite en plein visage. Le défenseur étoile des Panthers a souffert de trois commotions cérébrales depuis quatre ans. Il a quitté le match le visage ensanglanté et l’air dégoûté.

Pendant un camp d’entraînement, il est fréquent de voir des joueurs en quête d’un poste dans la LNH, toujours à naviguer entre deux eaux, si près du but, mais en même temps si loin, tenter par tous les moyens de se rendre indispensables.

Voir deux vétérans comme Domi et Byron jeter les gants, c’est plus rare.

« C’est le fun à voir, a par contre estimé Xavier Ouellet.

« Ça montre qu’ils veulent changer la mentalité qu’il y avait ici. Ils veulent gagner cette année. De voir des vétérans comme ça qui n’ont même pas besoin de le faire, je pense que ça devrait lancer un message à tout le monde », a renchéri l’ancien des Red Wings.

Domi brillait par son absence dans le vestiaire des vaincus. Il devra toutefois justifier son geste jeudi devant le vice-président à la sécurité des joueurs George Parros, mais il pouvait compter sur son équipe pour le défendre.

J’ai vu un bon coup de hockey d’Ekblad et Max a pris les moyens lui-même.

Jonathan Drouin

« C’est un peu de la faute à Ekblad, de se protéger aussi quand tu joues au hockey. Je ne pense pas que Max a juste dropper son gant. Il a dû lui parler pour lui dire que ça s’en venait. Il a démontré qu’il est capable de se défendre lui-même », a poursuivi le Québécois.

Claude Julien a évoqué des « choses qui arrivent dans un match » et qui sont « hors de son contrôle ».

Jonathan Drouin parle de Max Domi

« L’effort était là, a apprécié l’entraîneur. L’équipe a fait un bon travail pour se tenir ensemble. »

Voilà en substance ce que l’organisation attend de ses joueurs cette saison. Qu’on aime ou pas.

Les bons coups

Tenons-nous-en au hockey.

Devant une formation presque complète des Panthers, extrêmement menaçante en attaque, la défense du CH avait une bien triste mine, sur papier. Elle s’en est plutôt bien tirée. Spécialement Mike Reilly qui a passé près de 24 minutes sur la glace dans toutes les situations de jeu possibles. La qualité de son patin est supérieure à celle de la plupart des arrières montréalais.

Reilly s’est porté à l’attaque en battant souvent son couvreur grâce à sa mobilité et à sa rapidité. Il a lancé Byron en échappée avec une superbe passe entre les défenseurs adverses.

Julien répète qu’il faudra jouer rapidement, améliorer le jeu de transition, la clé pour connaître du succès. Reilly a répondu présent.

« C’était mon meilleur défenseur ce soir. Il gère bien la rondelle. Il a montré une amélioration dans son gap (écart contrôlé entre le porteur du disque et le défenseur). L’an passé, il donnait trop d’espace à l’autre équipe. Ce soir, il jouait plus serré. On a vu du progrès dans son jeu », a dit son entraîneur.

Mention honorable au duo composé de Xavier Ouellet et de Josh Brook.

Brook a disputé son tout premier match à un niveau professionnel et il s’en est tiré avec les honneurs. Confiant, on a vu le natif de Roblin au Manitoba se porter à l’attaque ou conserver le disque une seconde de plus pour terminer un jeu, comme cette fois dans le fond de son territoire où il s’est débarrassé successivement d’Aleksander Barkov et de Nick Bjugstad avant de compléter la sortie de zone d’une passe précise.

Point de presse de Claude Julien

Même chose du côté de Xavier Ouellet qui atteignait les ailiers avec beaucoup de facilité.

« Ils veulent que j’apporte une transition, que je trouve un moyen de couper des jeux et de relancer l’attaque rapidement. Mon jeu a l’air de bien s’intégrer », a-t-il jugé.

Julien a « protégé » son troisième duo en lui offrant surtout les trios de Mamin et de Jared McCann, plus de 80 % de son temps de jeu à 5 contre 5 s’est déroulé contre ces centres en fait.

N’empêche, l’entraîneur avait l’air satisfait.

Il y a encore de belles batailles qui se dessinent dans ce camp. Jordie Benn commence peut-être à avoir chaud.

En rafale

Pas de problème d’adaptation pour le nouveau venu Matthew Peca. Le Franco-Ontarien avait bien paru lors du match intraéquipe Rouges contre Blancs. Il a fait encore mieux face aux Panthers avec un but et une passe sur la réussite de Nikita Scherbak.

Parlant du Russe de 22 ans, il a été fidèle à lui-même. Trop peu combatif pendant 40 minutes, il s’est rendu le premier responsable du premier but du match en créant un revirement paresseux en entrée de zone. Invisible pendant une bonne partie de la soirée, il a néanmoins profité du travail brillant de Peca pour s’inscrire au pointage.

Julien prévoyait faire jouer Nick Suzuki avec Byron et Scherbak dans le deuxième trio, mais s’est ravisé quand il a vu la formation floridienne. Il ne sert à rien d’exposer les lacunes de cette jeune pépite, s’est-il justifié. L’entraîneur a aimé le travail de son jeune joueur, particulièrement sur les mises au jeu (6 en 12) tout en insistant sur le fait qu’il doit s’ajuster à la rapidité de la LNH.

En terminant, un beau gros morceau de robot pour le travail de l’unité de désavantage numérique du Tricolore qui n’a accordé qu’un but en six occasions, malgré une infériorité de plus de 5 minutes en raison du geste de Domi, sévèrement puni.

Pas mal, pour une équipe qui a terminé 30e à ce chapitre l’an dernier et bon dernier sur la route avec une inefficacité de 66,7 %...

Il n’y a pas de petite victoire disait l’autre.

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