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Les deux Corées veulent organiser ensemble les Jeux olympiques de 2032

Elles défilent dans le stade.
Les délégations des deux Corées lors de l'ouverture des Jeux de 2018 à Pyeongchang. Photo: Getty Images / Dan Istitene
Radio-Canada

Les deux Corées ont annoncé mercredi leur ambition de proposer une candidature commune aux Jeux d'été de 2032, un projet ambitieux et une nouvelle illustration de la diplomatie du sport.

Ce projet, qui exigerait un niveau de coopération et de confiance mutuelles sans précédent entre les deux pays, fait partie d'une déclaration commune publiée à l'issue du sommet intercoréen de Pyongyang entre les dirigeants nord-coréen Kim Jong-un et sud-coréen Moon Jae-in.

« Le Sud et le Nord ont convenu de participer conjointement et activement aux compétitions internationales, y compris les Jeux olympiques d'été de 2020 et de coopérer en vue d'une candidature commune pour accueillir ensemble les Jeux olympiques d'été de 2032 », souligne le texte.

Aucune autre précision n'a été apportée.

Les deux dirigeants se serrent la main. Moon Jae-in et Kim Jong Un Photo : Getty Images / Pool

Comme le CIO rend généralement sa décision sept ans avant la présentation des Jeux, les deux Corées ont donc jusqu'à 2025 pour bâtir leur candidature.

L'Allemagne dit être intéressée à mettre sur pied une candidature de plusieurs villes pour 2032, également Brisbane, en Australie, et Jakarta, en Indonésie.

L'Afrique du Sud serait également intéressée à bâtir une candidature, dans le but de présenter pour la première fois des Jeux sur le continent africain. Enfin, le Comité olympique indien aurait confirmé son intérêt.

La Corée du Sud a déjà organisé deux fois les Jeux olympiques, en 1988 à Séoul (été) et en 2018 à Pyeongchang (hiver), et les JO ont élu domicile en Asie jusqu'en 2022.

Le rapprochement des dernières années

La décision du Nord de participer aux Jeux d'hiver de 2018 en février, à Pyeongchang, avait signé un remarquable changement de cap dans la péninsule.

L'année précédente, les tensions avaient atteint des sommets parce que la Corée du Nord multipliait les tirs de missiles et menait son sixième essai nucléaire. Kim Jong-un et le président américain Donald Trump échangeaient alors insultes personnelles et menaces apocalyptiques.

Les Jeux olympiques d'hiver ont été l'occasion pour les athlètes des deux Corées de défiler ensemble pendant la cérémonie d'ouverture, derrière un drapeau de l'unification montrant une péninsule exempte de partition.

L'équipe unifiée de Corée affronte la Suisse lors du tournoi de hockey féminin aux Jeux de 2018  L'équipe unifiée de Corée en hockey féminin aux Jeux de 2018 Photo : Getty Images / Ronald Martinez

Nord et Sud ont également formé leur première équipe olympique unifiée, au hockey féminin. Au Sud, cette initiative avait un temps été critiquée, les opposants reprochant à Séoul de priver ses athlètes de l'occasion de concourir dans l'arène sportive internationale.

Kim Jong-un avait dépêché sa soeur cadette Kim Yo-yong à Pyeongchang comme émissaire personnelle.

Jean-René Dufort salue la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.Agrandir l’imageJean-René Dufort salue la sœur du leader nord-coréen Kim Jong Un. Photo : Société Radio-Canada

Une visite très suivie par les médias sud-coréens.

Les chaînes de télévision locales présentaient en direct quotidiennement ses déplacements dans la capitale et sur les sites de compétition.

Une visite suivie aussi par les télévisions étrangères, dont Radio-Canada, dans le cadre de sa couverture des Jeux.

Depuis, les dirigeants des deux Corées se sont réunis à trois reprises.

La diplomatie du sport s'est poursuivie, avec la constitution d'équipes communes pour les Championnats du monde de tennis de table ITTF et pour plusieurs compétitions des Jeux asiatiques en Indonésie. Ces équipes ont gagné une médaille d'or, une d'argent et deux de bronze.

Les deux Corées ont également organisé des matchs amicaux de basketball.

Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a fait savoir récemment qu'il était ouvert à des discussions entre les deux pays pour un défilé commun et des équipes unifiées aux Jeux de 2020 à Tokyo.

Le contraste est saisissant avec la situation qui avait prévalu aux Jeux olympiques d'été de Séoul en 1988. Pyongyang les avait boycottés après avoir réclamé des droits et l'échec des discussions sur la façon de partager les événements.

Les ingrédients pour une candidature commune

Une éventuelle participation nord-coréenne à l'organisation des Jeux olympiques, qui mettent aux prises des milliers d'athlètes du monde entier et un plus grand nombre encore de spectateurs, constituerait un événement totalement inédit.

Cela exigerait de la part d'une Corée du Nord recluse et minée par la pauvreté une capacité d'ouverture et de puissance financière qui lui fait pour l'heure défaut.

Organiser ensemble des Jeux olympiques exigerait également un niveau de coopération extraordinaire entre deux ennemis de la guerre froide qui sont toujours techniquement en conflit, la guerre de Corée (1950-1953) s'étant achevée sur un armistice et non sur un traité de paix en bonne et due forme.

Le premier indice d'une éventuelle candidature commune a été lancé il y a quelques jours quand le ministre sud-coréen des Sports Do Jong-hwan, cité par l'agence Yonhap, a annoncé que Séoul envisageait de soumettre l'idée à Pyongyang à l'occasion de leur troisième sommet.

Pour ce qui est de la Coupe du monde de soccer de 2030, avait ajouté M. Do, la Corée du Sud envisage de proposer que l'événement soit organisé conjointement par la Chine, le Japon et les deux Corées.

« Comme cela, nous pourrons maintenir l'élan actuel pour la paix, et élargir la paix en cours dans la péninsule coréenne à la région tout entière », avait expliqué le ministre.

Avec les informations de Agence France-Presse

Sports