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La vice-présidente de l'AMA s'opposera à la levée de la suspension de la Russie

Un gros plan de la vice-présidente de l'AMA
Linda Helleland Photo: Valentin Flauraud
Radio-Canada

Après les États-Unis et la France, c'est au tour de la vice-présidente de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Linda Helleland, de dire non à la levée de la suspension de la Russie. Elle s'y opposera à la réunion du comité exécutif de l'agence jeudi.

« Je voterai contre le retour de la Russie », a-t-elle confirmé à la BBC.

Linda Helleland est la première représentante de l'agence mondiale à s'opposer officiellement à la levée de la suspension de la Russie.

Elle a insisté sur le fait que la Russie n'a pas encore rempli les conditions requises : la reconnaissance par Moscou des conclusions de l'enquête du juriste canadien Richard McLaren sur l'existence d'un système de dopage institutionnel dans le pays entre 2011 et 2015 et un accès au laboratoire antidopage de Moscou.

« Je constate qu'il y a des progrès, explique la politicienne norvégienne par communiqué. Je reconnais les efforts faits par l'agence russe, mais tant que la Russie ne reconnaîtra pas le rapport McLaren et tant que l'AMA n'aura pas accès au laboratoire, je voterai contre la levée de la suspension de la Russie », précise-t-elle.

Linda Helleland, vice-présidente de l'AMALinda Helleland, vice-présidente de l'AMA Photo : Facebook /Linda Helleland

« La proposition s'éloigne considérablement de la feuille de route originale, et il ne faut pas faire de compromis qui viendrait diminuer la crédibilité de l'agence. Je me sens obligée de défendre les décisions prises antérieurement », dit-elle.

Si vous choisissez de lever la suspension de la Russie, vous défiez la volonté des comités d'athlètes dans le monde. C'est certainement l'une des décisions les plus difficiles que la communauté de la lutte antidopage aura à prendre.

Linda Helleland, vice-présidente de l'AMA

Il est important de rappeler que la levée de la suspension de la Russie est une proposition d'un comité interne de l'AMA qui permet de prendre le pouls des membres, et qui sera soumise à un vote à la réunion du comité exécutif aux Seychelles, un archipel situé dans l'océan Indien au large de l'Afrique orientale.

Linda Helleland est membre du Parti conservateur norvégien, le parti au pouvoir. Elle est ministre de l'Enfance et de l'Égalité dans son pays.

Le Canada demande le report

L'AFP précise que les dirigeants de 13 agences antidopage, dont celles de la Grande-Bretagne, du Canada et de l'Allemagne, ont appelé l'AMA à reporter sa décision.

Au Canada, c'est le Centre canadien pour l'éthique dans le sport (CCES) qui gère le programme antidopage national.

Dans un communiqué, le CCES se dit « troublé par les déclarations faites par l’Agence mondiale antidopage les 14 et 15 septembre au sujet de la réintégration de l’Agence antidopage de Russie par le comité exécutif de l’AMA ».

En raison du manque de transparence et de communication de l’AMA quant à ses plans de réintégrer la RUSADA, le CCES recommande de reporter le dossier à la prochaine réunion du comité exécutif et du conseil de fondation en novembre (prévue à Bakou, en Azerbaïdjan).

Communiqué du Centre canadien pour l'éthique dans le sport

« Ce report laisserait à l’AMA et au comité de révision de la conformité (CRC) le temps de communiquer clairement aux parties prenantes, avant la réunion, la raison pour laquelle ils croient que la RUSADA répond maintenant aux conditions de la feuille de route vers la conformité.

« La décision de l’AMA doit être fondée sur des principes et centrée sur les athlètes si elle souhaite préserver la confiance de ces derniers dans le système antidopage mondial.

« Le CCES reconnaît les efforts qu’a réalisés la RUSADA pour satisfaire à 29 des 31 critères. Mais pour l’heure, il met en doute l’évaluation du CRC selon laquelle la Russie répondrait maintenant aux deux derniers critères, soit :

  • la reconnaissance publique des résultats publiés de l’enquête du juriste canadien Richard McLaren;
  • l'accès aux échantillons d’urine conservés au laboratoire de Moscou, qui est actuellement bloqué en raison d’une enquête fédérale.

« Par conséquent, la réintégration de la RUSADA serait à l’heure actuelle pour le moins prématurée et supposerait dans tous les cas une modification de la feuille de route », précise le CCES.

Après les États-Unis, la France est contre

« Cela nous surprend », a dit la présidente de l'Agence française antidopage (AFLD), Dominique Laurent, au sujet de la proposition de l'AMAde réintégrer la Russie.

« On ne peut pas avoir des exigences à deux vitesses selon les pays », a-t-elle affirmé.

« Il y avait des règles qui avaient été posées par l'AMA, et qui fondaient la suspension » de l'Agence russe antidopage (RUSADA) depuis que le scandale de dopage a éclaté en novembre 2015, « et des principes pour la réintégration » de cette agence, a-t-elle expliqué.

« On se demande en quoi ces deux exigences ont été satisfaites. Nous n'en avons pas la preuve », a insisté Dominique Laurent.

L'AMA explique son geste

Accusée de se compromettre avec Moscou, l'AMA a publié ses derniers échanges avec la Russie.

Dans une lettre du 22 juin, l'AMA suggère à ce pays de reconnaître qu'« un certain nombre de personnes au ministère des Sports et dans les entités qui en dépendent ont été impliquées » dans le système de dopage.

De son côté, la Russie a ouvert la porte, dans son dernier courrier, à la remise de la banque de données électroniques du laboratoire de Moscou.

« Ce sujet est important, il faut assurer la crédibilité de la lutte antidopage dans le monde », a poursuivi Dominique Laurent.

« On ne peut pas avoir des exigences à deux vitesses, des exigences si fortes pour la France et des exigences plus légères pour d'autres grands pays », a-t-elle ajouté, en allusion aux demandes de l'AMA pour que le système de lutte antidopage soit conforme à ses normes.

Le comité exécutif est composé des deux piliers de l'AMA, d'un côté les représentants des gouvernements et de l'autre ceux des fédérations sportives internationales et du mouvement olympique.

Avec les informations de BBC, et Agence France-Presse

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