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Des licenciements à prévoir en F1 en cas de plafond budgétaire

Un travailleur à l'usine de la marque Ferrari à Maranello en Italie
L'usine de la marque Ferrari à Maranello en Italie Photo: Getty Images / Vittorio Zunino Celotto
Radio-Canada

Les équipes devront couper dans leur personnel d'usine si l'intention de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et de Liberty Media, propriétaire des droits de la F1, d'imposer un plafond budgétaire se concrétise.

La FIA et Liberty Media étudient sérieusement la possibilité d'imposer un plafond des dépenses aux équipes à compter de la saison 2021.

Celui-ci serait à 150 millions de dollars américains par saison. Ainsi, les instances dirigeantes espèrent attirer de nouvelles structures, qui aujourd'hui, ne veulent même pas y penser.

« Chez Aston Martin (commanditaire de Red Bull F1), nous adorons la course automobile, a expliqué le PDG Andy Palmer à autocar.co.uk le 29 juin. Nous aimerions participer au championnat, mais nous ne pouvons pas entrer dans une escalade des coûts. C'est inutilement dispendieux, et c'est au détriment du sport. »

Déjà en 2009, la FIA avait tenté d'imposer un plafond budgétaire en F1, avec un plan de compressions sur trois ans, mais avait échoué.

Cette deuxième tentative sera-t-elle la bonne?

En 2017, seules trois équipes dépensaient moins que le plafond budgétaire suggéré : Sauber, Haas et Toro Rosso.

Dépenses des équipes de F1 en 2017 :

  • Sauber : 106 M$ US
  • Haas : 137 M$
  • Toro Rosso : 144,5 M$
  • Force India : 168,7 M$
  • Williams : 189,3 M$
  • Renault : 220,3 M$
  • Red Bull : 429,6 M$
  • McLaren : 550,4 M$
  • Ferrari : 551,5 M$
  • Mercedes-Benz : 579 M$

Source: Business Book GP

« Il y a des équipes qui ne voient pas le plafond d'un bon oeil, expliquait en avril Claire Williams, directrice générale de l'équipe fondée par son père, à racefans.net. Mais pour nous, ça marcherait, et ça prouve que l'équipe Williams est un bon modèle pour la F1. Pour certaines équipes, ce sera dur de revoir à la baisse leur structure, et nous ne pouvons pas être heureux de savoir que des gens vont perdre leur boulot. »

Racing Point Force India est certainement l'équipe qui offre le meilleur rapport qualité/prix, soit de bonnes performances compte tenu des ressources et des dépenses.

Or, elle a été mise en redressement judiciaire, incapable de payer ses fournisseurs et ses employés. Il a fallu l'arrivée du consortium dirigé par l'homme d'affaires canadien Lawrence Stroll pour lui permettre de continuer ses activités.

Si 168,7 millions de dollars de dépenses peuvent mener au redressement, un plafond budgétaire à 150 millions est-il encore trop généreux?

Si l'on se fie aux chiffres de Business Book GP, le deux tiers des équipes actuellement inscrites au championnat de F1 auraient l'obligation de modifier en profondeur leurs méthodes de fonctionnement.

Licenciements massifs dans les usines

Selon le quotidien The Daily Mail, en association avec Formula Money, les équipes basées en Grande-Bretagne (7 sur 10) devraient éliminer jusqu'à un tiers de leur main-d'oeuvre pour se conformer à un plafond salarial de 150 millions.

À l'usine britannique de Mercedes-Benz F1, à Brackley, plus de 700 employés travaillent (en cinq quarts de travail) continuellement (24/24 et 7/7) au design, à la recherche et au développement et à la production des pièces.

Et ce sont les travailleurs et travailleuses des usines qui risquent de souffrir le plus, car les salaires des pilotes et les coûts de marketing ne seraient pas comptabilisés dans le calcul du plafond, soit le même scénario qu'en 2009 pour la proposition de Max Mosley.

Certaines équipes comme Williams pourraient replacer une partie de leurs employés dans d'autres secteurs de l'entreprise, grâce à leurs activités technologiques connexes.

Savez-vous que Williams vient de concevoir des présentoirs réfrigérés pour les supermarchés qui permettent de diminuer les émissions de CO2 et de faire des économies d'énergie de l'ordre de 17 %?

Le plan de Liberty Media est donc d'accroître la visibilité du championnat de F1 en développant des approches télévisuelles et virtuelles innovantes, ce qu'elle commence déjà à faire.

La retransmission du Grand Prix de Singapour était en tous points riche, remplie d'informations pour les amateurs, avec un final spectaculaire à l'arrivée de Lewis Hamilton.

Lewis Hamilton à l'arrivée du Grand Prix de SingapourAgrandir l’imageLewis Hamilton à l'arrivée du Grand Prix de Singapour Photo : Getty Images / Charles Coates

Avec une visibilité accrue, Liberty Media veut miser sur une augmentation des revenus qui profitera à toutes les équipes grâce à une redistribution de « la richesse ».

Mais le projet du plafond budgétaire a ses détracteurs, car il ne ferait, clament-ils, que niveler vers le bas, au détriment du spectacle.

C'est pour cela que le délégué sportif de Liberty Media, Ross Brawn, ancien patron de l'équipe Mercedes-Benz, tente déjà de rallier les mécontents en proposant la mise en place du plafond en trois ans.

« Le travail de réduction des dépenses va bon train, a-t-il dit à l'agence SID. Nous voulons introduire le plafond de façon graduelle avec une période d'essai en 2019 et 2020. »

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