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chronique

La mission de Claude Julien et les nouveaux à surveiller

Claude Julien
Claude Julien Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Martin Leclerc

BILLET - Malgré le fait que le Canadien traverse une période particulièrement trouble, le camp d'entraînement de cette année s'avère extrêmement intéressant. Compte tenu des effectifs dont il dispose, Claude Julien devra se montrer fort imaginatif pour aider son équipe à générer une denrée qui s'annonce fort rare : des buts.

Quand Julien a accepté un pacte de 5 ans d'une valeur de 25 millions pour prendre les commandes du CH en février 2017, le club occupait le 1er rang de sa division. L’entraîneur ne s’attendait certainement pas à ce que son mandat le plonge aussi rapidement dans une opération de sauvetage de meubles et de reconstruction.

L’incapacité du Tricolore à marquer des buts s’est avérée l’un des facteurs décisifs de la débâcle de l’an dernier. Nonobstant les performances décevantes de Carey Price, les hommes de Julien n’ont marqué que 207 buts, ce qui leur a valu le 29e rang de la LNH en attaque. Et pour rendre les choses encore plus « intéressantes » en vue de la prochaine saison, Marc Bergevin a échangé les deux meilleurs buteurs de la formation. Depuis la saison 2012-2013, Alex Galchenyuk et Max Pacioretty avaient inscrit 23 % des buts de l’équipe.

Même en misant sur Galchenyuk et Pacioretty, le Canadien n’a pas souvent été dans le trèfle jusqu’aux genoux en attaque. Lors des cinq dernières années, l’équipe n’a jamais fait mieux qu’une 15e place pour les buts marqués.

Par ailleurs, le succès offensif passe inévitablement par un jeu de transition rapide et efficace. Ce sont les défenseurs qui amorcent les attaques et qui les appuient. Il y a d’ailleurs une corrélation directe entre le nombre de points récoltés par les défenseurs d’une équipe et ses chances de participer aux séries. Or, l’an passé, après les départs d’Andrei Markov et de Nathan Beaulieu (notamment), le CH a subi une perte de production de 39 points de la part de ses arrières, et l’équipe a terminé au 29e rang à ce chapitre.

Même si la brigade défensive est à peu près inchangée et que Shea Weber (le meilleur buteur au sein du groupe de défenseurs) sera absent jusqu’en décembre, Julien devra là aussi faire preuve d’ingéniosité pour redresser le navire.

***

À compter de ce lundi, l’entraîneur en chef disposera de sept matchs préparatoires pour concocter sa formation. Or, plusieurs nouveaux venus ont un poste à portée de main et ne demandent pas mieux que de l’aider à se sortir du pétrin. En voici quelques-uns qui seront particulièrement à surveiller :

Joel Armia, ailier droit : acquis en juin dernier dans un échange mineur avec les Jets de Winnipeg, Armia était confiné au sein de son ancienne équipe à un rôle de troisième violon (et à 12 minutes 36 secondes de jeu) derrière Blake Wheeler et Patrik Laine. Or, Armia sait jouer.

Utilisé aux côtés de Jonathan Drouin et de Max Domi lors du match intraéquipe de dimanche, Armia a continué de montrer qu’il peut se mettre au diapason avec des attaquants talentueux. Il est mobile et possède un bon tir. Sans compter qu’il fait 1,92 m (6 pi 3 po), alors que le CH est assez frêle sur le flanc droit.

Max Domi, centre : j’ai visionné plusieurs des matchs que Max Domi a disputés au centre la saison dernière (en décembre et janvier) avec les Coyotes de l’Arizona. Aucun ne doute qu’il puisse occuper cette position et en assumer les responsabilités défensives. Domi est avant tout un passeur. S’il occupe cette position assez efficacement pour mener l’un des deux premiers trios, Julien pourra laisser Jonathan Drouin patrouiller sur le flanc gauche et exploiter pleinement son potentiel offensif.

Nick Suzuki, centre : pièce maîtresse du (très médiatisé) échange ayant fait passer Max Pacioretty aux Golden Knights de Vegas, Suzuki n’est âgé que de 19 ans. Sa glisse n’est pas la plus fluide, mais il arrive à destination à l’heure, comme disent les vieux recruteurs. Ses habiletés, par contre, ne font aucun doute.

Lors du match intraéquipe de dimanche, parmi les recrues ne comptant aucune expérience de la LNH, il a été celui qui a fait le plus de flammèches. Auteur de 196 points à ses deux premières saisons dans la Ligue junior de l’Ontario, Suzuki parvient à récupérer des rondelles et à créer des chances de marquer dans des situations d’apparence anodine. La rapidité de ses décisions et ses habiletés de passeur sont remarquables. Il sera intéressant de suivre sa progression. Il pourrait devenir la coqueluche du camp.

Matthew Peca, centre : un cas intriguant. Âgé de 25 ans, Peca fait 1,77 m (5 pi 8 po) et n’a marqué que 12 et 13 buts à ses deux dernières saisons dans la Ligue américaine avec le club-école du Lightning de Tampa Bay. Cela n’a pas empêché le Tricolore de lui consentir cet été un contrat de la LNH (2 ans à raison de 1,3 million par saison). Jusqu'à maintenant, il se démarque au camp et génère de l’attaque et beaucoup de vitesse. À ce chapitre, il se situe dans la même catégorie que Paul Byron.

Xavier Ouellet, défenseur : acquis comme joueur autonome au cours de l’été, Ouellet n’a pas été apprécié à sa juste valeur dans l’organisation des Red Wings de Détroit, où il a disputé 141 matchs. Le défenseur de Terrebonne a amorcé le camp sur la bonne note.

Dès la rencontre intraéquipe, il s’est une fois de plus présenté comme un arrière doté d’une belle vision et qui fait efficacement circuler la rondelle. Pour l’instant, les qualités de Ouellet menacent directement des arrières moins créatifs comme David Schlemko et Jordie Benn sur le flanc gauche. S’il poursuit dans cette voie, Ouellet deviendra très difficile à retrancher.

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