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Humble et concentré, Simon Després veut saisir sa chance avec le CH

Simon Després
Simon Després Photo: Getty Images / Ezra Shaw
Radio-Canada

Après avoir « frappé le fond du baril », Simon Després veut refaire surface avec le Canadien.

Un texte d’Alexandre Gascon

C’est un homme de 27 ans mûr et posé qui attendait les journalistes devant son casier temporaire dans le vestiaire du Canadien samedi.

Le défenseur admet lui-même avoir toujours été un peu timide, mais aujourd’hui, la seconde de pause qu’il s’accorde avant de répondre aux questions tient davantage de la sagesse, d’une réflexion, que d’une quelconque gêne, dirait-on.

Par exemple : quel est le plus gros défi qui l’attend pour revenir dans la LNH deux ans après son dernier match avec les Ducks d’Anaheim?

« Je pense que je l’ai déjà franchi. Mes tests médicaux, mes tests physiques. J’ai très bien fait aux tests physiques, j’étais content. C’était ça mon plus grand défi. Sur la patinoire, je n’ai pas de réponse à ça encore », lance le colosse de 1,93 m (6 pi 4 po) et 106 kg (233 lb) en toute franchise.

Després a à son actif 193 matchs dans la LNH disputés à Pittsburgh et à Anaheim.

On pourrait penser que ce premier choix des Penguins, 30e au total en 2009, qui forcément connaît le tabac, se serait déjà fixé des objectifs à plus long terme que de réussir ses tests physiques.

Pourtant…

Juste être ici aujourd’hui, c’est un exploit pour moi. Je le prends une journée à la fois.

Simon Després

Un exploit parce que les commotions cérébrales ont mis en veilleuse sa carrière. Un exploit aussi parce qu’il n’a pas toujours conservé l’hygiène de vie la plus exemplaire.

Sans entrer dans les détails, le Québécois a déjà raconté avoir fait la fête dans la LHJMQ et avoir transposé ses mauvaises habitudes une fois arrivé chez les professionnels. Pas toujours « un bon pro », comme le veut une expression populaire dans les corridors d’aréna de la LNH.

De l’histoire ancienne, assure-t-il.

« J’ai mis toutes les chances de mon côté en faisant les bons choix cet été. J’ai rapetissé mon cercle social. Mes amis, ça restait les gens au gym avec moi. Je m’entraînais avec un boxeur [David Lemieux, NDLR] et des spécialistes de MMA et un autre joueur de hockey et avec un ancien compétiteur olympien de 100 et 200 m pour travailler mon explosivité et mon cardio », explique Després.

« J’ai eu cinq mois d’entraînement, ce que je n’avais pas eu le temps de faire dans ma carrière avant. »

Després estime être dans le meilleur conditionnement physique de sa vie.

Un parcours sinueux

Il n’a pas hésité lorsqu’il a reçu l’invitation du Tricolore à participer à son camp cet été. Après une année passée dans la KHL avec le HC Slovan de Bratislava, Després sentait qu’il avait toujours sa place dans la LNH.

Idéalement avec le CC, mais il compte se servir de cette occasion comme d’une vitrine.

« Je suis conscient qu’il y a 30 autres équipes qui regardent en même temps. Pour moi, c’est un showcase. Mon premier choix, ce serait le Canadien de Montréal, mais je suis très conscient qu’il y a d’autres équipes qui me regardent. Je me concentre sur mon jeu et j’espère mériter un contrat avec le Canadien. »

Il faudra d’abord soutenir le rythme effréné qui règne aujourd’hui sur les patinoires de la Ligue nationale.

Bien qu’il soit un jeune vétéran, Després a été sur la touche pendant trois mois et demi au cours de la saison 2015-2016 en raison d’une commotion cérébrale subie après une mise en échec de Tyson Barrie.

L’année suivante, il n’a disputé que le match d’ouverture, encore ennuyé par des symptômes de commotion, et les Ducks ont racheté son contrat en juin 2017.

Une fleur ou deux

Après deux jours au camp, il semble avoir laissé sa marque aux yeux de Claude Julien.

L’entraîneur a décrit en détail un jeu du grand défenseur qui l’a impressionné. En réaction à la pression offensive, Després a déjoué son couvreur d’une feinte de tir avant de le contourner et d’effectuer son jeu à la pointe.

Une rapidité d’exécution qu’a encensée Julien, comme il insiste beaucoup sur ce point depuis le début du camp.

« Je trouve que, pour un gars de son gabarit, il se déplace bien et a un bon lancer. C’est toujours bon d’avoir des gars qui ont une bonne mobilité comme lui à cette grosseur », estime l’entraîneur.

Després, un gaucher qui est tout aussi à l'aise des deux côtés de la glace, aura l’occasion la semaine prochaine, dans les matchs préparatoires, de montrer qu’il peut devenir membre d'une formation qui a encore de nombreux points d’interrogation en défense.

Il dit avoir confiance en ses moyens.

Le Lavallois est de retour chez lui. Et il entend y rester.

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