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« C’est à moi de prouver qu’ils avaient tort » - Xavier Ouellet

Xavier Ouellet
Xavier Ouellet Photo: Getty Images / Jana Chytilova
Radio-Canada

C'est un peu l'affront ultime pour un athlète professionnel. Se faire payer par une équipe pour porter un autre uniforme; une équipe qui, au fond, préfère débourser pour voir le joueur l'affronter plutôt que de le garder dans ses rangs.

Un texte d’Alexandre Gascon

Lorsque les Red Wings ont racheté la dernière année de son contrat, il est peu probable que Xavier Ouellet avait en tête la scène du film Moneyball où Billy Beane, le gérant des Athletics d’Oakland, rappelle à Dave Justice que les Yankees payent 4 millions $ pour le voir jouer loin de New York.

Toutes proportions gardées, nous ne sommes pas dans la même catégorie de joueurs, évidemment. Détroit versera à Ouellet un peu plus de 200 000 $ par année pour les deux prochaines saisons.

N’empêche, se faire écarter de la sorte, ça laisse des traces et Ouellet préfère « ne pas trop parler du passé », encore un peu amer.

« C’est une belle occasion en ce moment, je me sens bien ici. C’est à moi de prouver qu’ils avaient tort là-bas », a quand même spécifié le défenseur de 25 ans.

En cinq saisons dans l’organisation des Red Wings, Ouellet n’a jamais été en mesure de gagner la confiance de son entraîneur. Mike Babcock semblait voir de belles promesses en lui, mais a quitté le bateau juste avant qu’il ne commence à couler.

Le Québécois a donc passé sa carrière professionnelle essentiellement sous la férule d’un seul entraîneur, Jeff Blashill, qui le dirigeait à Grand Rapids dans la Ligue américaine, avant de graduer à peu près en même temps que lui dans la LNH.

Ouellet ne souhaite plus revenir sur cet épisode maintenant que le Canadien lui a fait de l’œil avec un contrat d’un an à deux volets le 1er juillet, mais il cachait mal son incompréhension en mars dernier lors de son dernier passage au Centre Bell dans l’uniforme des Wings.

Blashill le jugeait « un peu lent » et précisait « que ce n’est pas facile d’améliorer son coup de patin quand tu vieillis ». Ouellet répondait qu’il n’y voyait pas une lacune.

Bref, un changement d’air s’imposait et la présence de Joël Bouchard et de Dominique Ducharme dans l’organisation tricolore, qui l’ont dirigé avec le Junior de Montréal et l’Armada de Blainville-Boisbriand, n’est sûrement pas étrangère à son arrivée.

Compétition à l'interne

« Il y a beaucoup de compétition, c’est le fun, ça va faire ressortir le meilleur des joueurs. Depuis que j’ai pris ma décision de venir à Montréal je n’ai qu’un but en tête : aider l’équipe à gagner, pas juste faire l’équipe », a raconté Xavier Ouellet dans le vestiaire après son premier entraînement officiel en tant que membre du CH.

Vrai qu’il y a pas mal de défenseurs gauchers disponibles. Les Victor Mete, Karl Alzner, Jordie Benn et David Schlemko patrouillent déjà ce flanc de la défense, mais il ne s'agit pas non plus de Victor Hedman, Ryan McDonagh et Mikhail Sergachev, par exemple.

Claude Julien a fait de la place à Mete justement l’an dernier et il a encore réitéré son désir d’y aller au mérite, vendredi.

Ouellet a un coup à jouer et il le sait.

« Je me suis entraîné fort cet été. Je veux montrer que je suis prêt physiquement. Ils savent comment je joue, c’est à moi de leur démontrer que je peux jouer comme ça avec constance. »

La relance offensive a peut-être été la principale tare chez le Canadien l’an dernier.

Julien a d’ailleurs spécifié qu’il souhaitait que son équipe soit rapide cette année, qu’elle « referme le jeu rapidement ». Si Ouellet parvient à séduire son entraîneur par ses lectures de jeu efficaces, l’une de ses forces, qui sait s’il ne pourrait pas chambouler la hiérarchie.

En rafale

La saison catastrophique du CH avait débuté par un misérable camp d’entraînement en 2017-2018. Claude Julien a identifié ce problème depuis longtemps et veut s’assurer que le rythme soit plus soutenu dès le départ.

L’entraîneur a dirigé une séance intense, au doigt et à l’œil, vociférant d’un bout à l’autre de la patinoire. On a déjà vu des trios à l’œuvre, bien que « ça ne veut pas dire que c’est coulé dans le ciment », a averti Julien.

Bonne nouvelle pour le Canadien : Paul Byron était sur patins, cinq mois après son opération à l’épaule droite. On prévoyait six mois de convalescence à la base, mais le petit ailier a, encore une fois, déjoué les pronostics. Tout indique qu’il sera prêt pour le début de la saison selon l’entraîneur. Byron est apparu en grande forme, autant sur la glace que dans le vestiaire.

« On veut montrer à tout le monde qu’on est une bonne équipe, peu importe ce que vous, les médias ou les amateurs, pensez de notre équipe. »

« Ça vous sert de motivation », a demandé un collègue.

« Oui. Oh, oui », s’est exclamé Byron, déterminé.

Les nouvelles sont moins encourageantes dans le cas d’Andrew Shaw par contre, lui aussi opéré en avril, au genou gauche. Il n’a pas reçu le feu vert des médecins ni pour son genou, ni concernant la commotion cérébrale subie au printemps. Selon le Tricolore, l’attaquant ne ressent plus de symptômes, mais devra patienter encore un peu.

Le vétéran Joel Ward, quant à lui, devrait rejoindre le Canadien dès samedi pour devenir le 67e joueur présent au camp.

Le Canadien tiendra son traditionnel match intra-équipe Rouges contre Blancs dimanche à 13h, et amorcera une série de sept matchs préparatoires au Centre Bell, lundi, contre les Devils du New Jersey.

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