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Ramos et Williams : un match en terrain miné

L'arbitre Carlos Ramos et Serena Williams.
L'arbitre Carlos Ramos et Serena Williams. Photo: Getty Images / Matthew Stockman

Les échanges entre l'arbitre Carlos Ramos et la joueuse Serena Williams pendant la finale féminine des Internationaux des États-Unis samedi sont désormais tristement célèbres. Faut-il s'étonner d'un tel dénouement?

Un texte de Marie Malchelosse

Tribunes téléphoniques, tables rondes, chroniques. Les discussions font encore rage quatre jours après la finale féminine disputée entre l’Américaine Serena Williams et la Japonaise Naomi Osaka.

À bientôt 37 ans, la cadette des sœurs Williams tentait de remporter un 24e titre en grand chelem et ainsi, égaler le record absolu de Margaret Court. Les enjeux étaient grands.

La Fédération internationale de tennis avait choisi le Portugais Carlos Ramos pour arbitrer ce match qui s’annonçait historique, d’une façon ou d’une autre. Naomi Osaka pouvait, pour sa part, devenir la première Japonaise à remporter un titre en grand chelem.

L’intention de l’arbitre, c’est de respecter les règles. C’est certain qu’avec un arbitre aussi rigoureux qui respecte les règles et une athlète qui est émotive, ça pouvait juste mener à ce qui est arrivé.

Séverine Tamberero, responsable des clubs de haute performance à Tennis Canada
Serena Williams (à droite)Serena Williams (à droite) Photo : Getty Images / Timothy A. Clary

Selon Séverine Tamberero, responsable des clubs de haute performance à Tennis Canada, tous les éléments étaient réunis pour potentiellement mettre le feu aux poudres.

Ramos est un arbitre estimé par ses pairs, fort d’une solide expérience d’une trentaine d’années. Il est reconnu pour être fidèle au livre des règlements, peu importe qui manie la raquette au pied de son piédestal.

Par exemple, l’officiel portugais a puni Novak Djokovic à Wimbledon en juillet dernier pour avoir violemment frappé sa raquette au sol. Le Serbe a reproché à Ramos de ne pas avoir servi la même médecine au Japonais Kei Nishikori pour un geste similaire. Plusieurs grandes vedettes du tennis mondial ont déjà contesté les décisions de Ramos, comme Rafael Nadal et Andy Murray.

D’autre part, Serena Williams est bien connue pour ses impatiences et ses frasques en situation de jeu. Comment oublier la demi-finale contre la Belge Kim Clijsters aux Internationaux des États-Unis de 2009? Williams avait menacé une juge de ligne qui lui avait reproché une faute de pied de lui enfoncer une balle dans la gorge.

Depuis qu’elle joue, depuis qu’elle est toute petite, il y a toujours un personnage qui est là, elle a toujours défié le tennis que ce soit par la façon qu’elle s’habille, que ce soit quand elle était très jeune avec ses petites tresses et ses petites billes dans les cheveux.

Séverine Tamborero

De réunir ainsi sur un même terrain la ligne dure prônée par l’arbitre Ramos et le caractère bouillant et émotif de Serena Williams équivalait à craquer une allumette à côté d’un baril de poudre.

L’abus verbal

Si Séverine Tamborero applaudit la rigueur de Ramos, elle apporte une nuance en ce qui a trait à la faute pour abus verbal qu’il a décernée à Williams pour les mots « menteur » et « voleur ».

Je me demande avec tout ce qui s’est passé aux Internationaux des États-Unis, est-ce que dans la même situation pour un abus de langage dans un match d’hommes, on aurait eu le même résultat? Je n'en suis pas certaine.

Séverine Tamborero

L’auteure du livre Casser le moule qui dénonce les traitements souvent différents réservés aux femmes dans le monde du sport rejoint ainsi l’opinion de la légendaire Billie Jean King.

Serena Williams en discussion avec l'arbitre au cours de son match de finale des Internationaux des États-Unis contre Naomi OsakaSerena Williams s'est inclinée 6-4 et 6-2 contre Naomi Osaka en finale à Flushing Meadows. Photo : Associated Press / Greg Allen

Accorder les violons

Les grands organismes qui régissent le tennis ne s’accordent pas quant à l’existence du principe de deux poids deux mesures. Est-ce que les arbitres agissent vraiment différemment selon qu’une joueuse ou un joueur est devant eux?

Contrairement à la Fédération internationale (ITF), la WTA (Woman’s Tennis Association) et la Fédération américaine ont condamné le travail de Ramos.

Séverine Tamborero croit qu’il doit y avoir une direction plus claire et universelle pour mettre fin au débat, une fois pour toutes.

« Soit on donne la flexibilité aux arbitres, ce sont des humains, donc c’est sûr qu’il y aura de la subjectivité, soit on dit aux arbitres que les règlements qui sont en place, vous devez les appliquer pour tous, de la même façon », conclut Tamborero.

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