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chronique

Les recrues du CH découvrent leur entraîneur hyperactif

Joël Bouchard
Joël Bouchard Photo: Canadien de Montréal
Martin Leclerc

BILLET - Pour les nouveaux membres de l'organisation du Canadien, l'ouverture du camp des recrues s'avère une excellente occasion de laisser une bonne première impression. À ce chapitre, Joël Bouchard n'a certainement pas raté son entrée en scène.

À leurs premiers coups de patin de la saison, les jeunes espoirs du CH ont été soumis jeudi à une longue séance d’entraînement où l’intensité, l’enseignement et le souci du détail étaient de mise.

Coiffé d’un casque rouge le distinguant de tout le monde sur la patinoire, Bouchard donnait l’impression d’avoir été cloné et d’être partout à la fois!

Animant un atelier sur le flanc droit de la patinoire, on l’a plusieurs fois vu interrompre l’action dans l’exercice se déroulant du côté opposé pour corriger un joueur n’exécutant pas un geste technique de la manière voulue.

Gesticulant (il a presque atteint son adjoint Daniel Jacob d’un bâton au visage), multipliant encouragements, consignes et corrections techniques, le nouvel entraîneur du Rocket de Laval est maintes fois revenu sur l’importance du positionnement du bâton lors d’un exercice d’approche au porteur et de couverture défensive à deux contre deux.

J’aurais pu écrire les paragraphes suivants sans nommer Bouchard. Les anciens de l’Armada de Blainville-Boisbriand auraient deviné sans problème de quel entraîneur il était question. Joël Bouchard est un entraîneur hyperactif qui ne s’est jamais fait prescrire de Ritalin. À la longue, on dirait que ça déteint sur ses équipes.

Joël Bouchard (à gauche) donne ses explications aux recrues du Canadien.Joël Bouchard (à gauche) donne ses explications aux recrues du Canadien. Photo : Gracieuseté/Canadien de Montréal

***

Il y a plusieurs années, alors qu’il venait de se joindre au Junior de Montréal à titre d’entraîneur adjoint bénévole, à sa première séance sur la patinoire, Bouchard avait interrompu un exercice que supervisaient l’entraîneur en chef Pascal Vincent et son adjoint Dominique Ducharme. Bouchard n’avait pu s’empêcher de corriger un détail d’exécution. Pascal Vincent en rit encore!

« Il [l’entraîneur] est définitivement intense et énergique. J’aime ça! » souligne le centre Jake Evans, qui en est à son premier camp professionnel, après avoir terminé un impressionnant stage universitaire chez les Fighting Irish de l’Université Notre-Dame, dans la NCAA.

« On voit tout de suite qu’il [Bouchard] soutire le maximum des joueurs. Il nous pousse et nous aide à apprendre de nouvelles choses. Il nous pousse afin que nous puissions connaître un bon week-end. »

Après ce premier entraînement, l’entraîneur du Rocket a raconté avoir rencontré les recrues mercredi, à la veille du début du camp.

« J’ai demandé aux joueurs à quoi ils s’attendaient et ils ont répondu : “On veut que tu nous aides. On veut que tu nous guides.” J’ai dit : “Si c’est ce que vous voulez, vous allez l’avoir!” »

***

Dès ce vendredi soir, à peine 24 heures après le début du camp, les jeunes du CH seront plongés dans un tournoi (tenu à Laval) face aux recrues des Sénateurs d’Ottawa et des Maple Leafs de Toronto. Pour ces jeunes athlètes dont la carrière est balbutiante, les enjeux sont énormes. Personne ne se fera de cadeaux sur la patinoire.

« Le danger de ces tournois de courte durée, c’est que tout le monde travaille, mais que, souvent, on travaille mal. Le but pour moi, c’est qu’on travaille collectivement quand même. Nous n’installerons pas un système après une seule séance, mais on créée au moins une petite structure pour qu’on soit à la bonne place. [...] Notre rôle, c’est que les jeunes performent. On essaie de bâtir une relation avec eux, mais on tente aussi d’étaler sur la table ce à quoi nous nous attendons de leur part », explique Bouchard.

Il est difficile de prédire que le club-école du Canadien sera plus talentueux que le Rocket de 2017-2018, qui n’a pas été épargné par les blessures et qui a bouclé le calendrier de la Ligue américaine au 30e et dernier rang.

Par contre, on peut aisément soutenir que ce club travaillera d’arrache-pied et de façon concertée. Dans la LHJMQ, où les cycles succès/reconstruction semblent aussi inévitables que la mort et les impôts, l’Armada que dirigeait Bouchard n’a jamais connu de mauvaise année, et ce, malgré des formations parfois inégales.

***

Vendredi matin, dès la deuxième journée d’entraînement du camp et même s’ils font partie d’une équipe qui n’existera que durant 72 heures, les recrues du CH et leurs nouveaux entraîneurs tenteront de peaufiner des unités d’avantage et de désavantage numérique.

« Il faut les placer dans une situation gagnante. On ne peut pas les envoyer sur la glace et leur dire : “Amusez-vous!” Les joueurs vont se retourner et nous demander des outils pour réussir. On va au moins leur donner une petite structure pour qu’ils soient confortables quand ça va commencer. Par la suite, je vais les coacher à travers ça. Nous voudrons assister à une progression. On voudra que le groupe ait plus de cohésion en troisième période qu’en première. Et on voudra faire en sorte que le match de dimanche soit meilleur que celui de vendredi. »

Cette saison, le changement de culture qui surviendra au sein du club-école du CH sera peut-être l’aspect le plus intéressant et le plus positif auquel on assistera dans l’ensemble de l’organisation.

Il faut bien commencer quelque part. Et ça a débuté hier, par un aride après-midi d’été, au complexe de Brossard.

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