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chronique

Lance Stroll et Esteban Ocon : deux protégés de Mercedes-Benz, deux destins

Lance Stroll rigole avec Esteban Ocon.
Lance Stroll (à gauche) et Esteban Ocon Photo: Getty Images / Dan Istitene
Philippe Crépeau

BILLET - Lance Stroll a reçu de bonnes notes pour son travail à Monza, lors du Grand Prix d'Italie. Motivé par ses deux points marqués, il sait parfaitement qu'il pourra en inscrire beaucoup plus chez Force India.

La presse spécialisée a salué la performance de Lance Stroll qui a finalement enregistré deux points à Monza, après la disqualification de Romain Grosjean (Haas).

« Une note de 9 sur 10. Un super résultat pour le Canadien, écrit le réseau britannique Sky Sports. Qualifié en 10e place, Stroll a fini 10e pas très loin de Carlos Sainz fils. Avec un transfert prévu à Force India, il voudra en marquer plus. »

Lance Stroll est pilote de Mercedes-Benz depuis le 11 novembre 2015, date à laquelle il a été engagé chez Williams comme pilote essayeur, quittant de facto la famille Ferrari.

Très identifié à Ferrari, par des liens d'affaires au Québec, Lawrence Stroll s'est rapproché de Mercedes-Benz dans le but d'aider son fils, et par ricochet Williams, à améliorer les performances de l'équipe.

Il a tenté en mai de convaincre Claire Williams de suivre la même route que l'écurie Haas, qui a un accord technique privilégié avec Ferrari. Mais il a nié avoir entrepris des démarches personnelles auprès de Toto Wolff, patron de l'équipe F1 Mercedes-Benz.

« J'ai tenté de persuader l'équipe [Williams] de suivre la même route, mais je n'irai rien acheter à Toto », a dit M. Stroll, cité sur planetf1.

Tenant jalousement à son indépendance, Claire a rappelé l'homme d'affaires canadien à l'ordre... et l'a convaincu de changer de partenaire.

Lawrence Stroll a donc bâti en coulisse, à la tête d'un consortium, un plan de reprise de l'équipe Force India, que la Haute Cour de Londres a confirmé le 27 juillet dans le cadre d'un processus de redressement judiciaire.

Galvanisée par la prise de pouvoir du nouveau consortium, Force India a encore fait le plein de points pour un deuxième week-end de course d'affilée.

Au nom de la (voiture) rose

Après avoir fait les manchettes à Spa-Francorchamps, l'équipe a fait parler d'elle à Monza pour les bonnes raisons, malgré l'occasion manquée de Sergio Pérez en qualifications.

Le tir groupé à l'arrivée (6e et 7e après la disqualification de Romain Grosjean) fait marquer à l'équipe de gros points.

Les voitures roses (couleur du commanditaire BWT) font tourner les têtes. En deux courses seulement, Racing Point Force India a doublé au classement des constructeurs Williams, Sauber et Toro Rosso, et se classe en 7e position.

Ses 32 points lui permettent d'en avoir 2 de plus que Toro Rosso, et de s'approcher à une vingtaine de McLaren.

Le directeur général de l'équipe, Otmar Szafnauer, a précisé que cette belle récolte, en deux courses, n'influencera pas la décision de faire venir Lance Stroll en cours de saison.

Il est toujours question que le Québécois prenne la place d'Esteban Ocon vers la fin du mois, après le Grand Prix de Singapour.

Le casse-tête d'Esteban Ocon

L'avenir d'Esteban Ocon en F1 est compromis non seulement par le transfert de Lance Stroll chez Force India, mais aussi par ses liens avec Mercedes-Benz.

Il est soutenu financièrement par le constructeur allemand depuis mai 2015, et fait partie de la filière. C'est pour cela que deux équipes lui ont fermé la porte : Renault et McLaren (dont le motoriste est Renault).

« Esteban est quelqu'un pour qui nous avons énormément d'estime, mais quand on s'intéresse au long terme, et qu'un pilote est lié à un autre constructeur, le recruter serait cocher la mauvaise case », a expliqué Zak Brown, patron de l'équipe F1 McLaren.

« Espérons qu'Esteban trouvera un volant, restera peut-être là où il est, car il mérite certainement d'être en F1 », a ajouté Zak Brown.

Zak Brown n'est pas le seul à dire qu'Esteban Ocon devrait rester chez Force India. Pour qu'il puisse s'exprimer dans une bonne voiture.

Lewis Hamilton félicite Esteban Ocon après la séance de qualification à Spa.Lewis Hamilton félicite Esteban Ocon après la séance de qualification à Spa. Photo : Getty Images / Will Taylor-Medhurst

Un volant sera disponible chez Sauber-Alfa Romeo si Charles Leclerc est promu chez Ferrari, et la voiture n'est pas mauvaise cette saison, comme le prouvent les 19 points déjà marqués.

Mais l'équipe Sauber-Alfa Romeo fait partie de l'empire Ferrari. Ce qui ferme la porte à Ocon. Kimi Raikkonen pourrait hériter du volant de Leclerc s'il décide de poursuivre sa carrière en F1 et si le patron de Sauber, Frédéric Vasseur, y voit une plus-value pour l'équipe.

Ferrari pourrait décider en 2019 de payer le salaire de Raikkonen au Finlandais à titre de compensation pour avoir laissé son volant à Leclerc.

Si Lance Stroll doit prendre la place d'Esteban Ocon, ce dernier n'aura plus le choix : Williams sera sa dernière carte.

Mais, privée du budget de Lance Stroll et de celui du groupe Bacardi (Martini) qui n'a pas renouvelé son entente, l'équipe cherchera un pilote soutenu financièrement. La piste russe est évoquée. À moins que Mercedes-Benz, accusée d'avoir conduit Ocon dans une impasse, n'allonge les dollars pour lui assurer ce volant.

Enfin, si Liberty Media (propriétaire de la F1) se laisse persuader que le pilote français fait partie des jeunes incontournables que la F1 ne peut pas se permettre de perdre, Chase Carey pourrait être tenté de donner un coup de fil à Claire Williams pour la convaincre.

Comme le faisait Bernie Ecclestone à l'époque...

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