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chronique

Repêchage amateur : le Canadien progresse, mais traîne encore la patte

Marc Bergevin et Trevor Timmins.
Marc Bergevin et Trevor Timmins Photo: Getty Images / Bruce Bennett
Martin Leclerc

BILLET - Depuis 2010, le département de recrutement amateur du Canadien se situe au 20e rang dans la LNH quant au nombre de matchs disputés par ses choix de repêchage. Pour une deuxième année, les recruteurs du CH améliorent donc légèrement leur sort par rapport aux chercheurs de talent du reste de la ligue.

Lors de notre classement couvrant la période 2008-2015, l’équipe de recrutement amateur montréalaise occupait le 29e échelon dans la LNH.

Pour la période 2009-2016, les hommes de hockey du Tricolore se classaient à la 26e place. Cette longue traversée du désert du secteur névralgique de l’organisation est en grande partie responsable des problèmes que connaît aujourd’hui le Canadien.

Entre les saisons 2010-2011 et 2017-2018, les équipes de la LNH ont vu leurs choix de repêchage disputer une moyenne de 2293 matchs. Ceux du CH en ont joué 1939, soit un écart négatif de 15,4 % par rapport à la moyenne du marché.

Il y a donc encore beaucoup de travail à faire de ce côté.

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Cette année, ce sont les Panthers de la Floride qui peuvent se targuer d’avoir soutiré le plus grand nombre de matchs des espoirs qu’ils ont sélectionnés au repêchage amateur (3741).

Toutefois, les recruteurs des Panthers ont choisi cinq fois parmi les dix premiers et détenu l’un des trois premiers choix au repêchage à quatre reprises au cours de ces huit années. En moyenne, la première sélection des Panthers arrivait au 9,5e échelon.

En comparaison, les Ducks d’Anaheim, dont le premier rang de sélection était en moyenne le 23,3e, ont vu leurs espoirs disputer 3598 rencontres. Les recruteurs d’Anaheim occupent le 2e rang de la ligue, même s’ils n’ont pas eu la chance de piger une seule fois au sein du top 10.

C’est absolument remarquable.

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Alex Galchenyuk.Alex Galchenyuk Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Durant ces huit années, le Canadien a détenu (en moyenne) le 16e rang du repêchage et bénéficié de deux sélections au sein du top 10 (Alex Galchenyuk, 3e au total en 2012, et Mikhail Sergachev, 9e au total en 2016). Les deux ne font toutefois plus partie de l’organisation.

À ce chapitre, les recruteurs du CH ont été devancés par 12 organisations qui étaient aux prises avec un rang de sélection (en moyenne) moins avantageux.

Quelques performances notables :

- Les Blackhawks de Chicago, qui détiennent le 5e échelon du classement (3010 matchs) de la LNH, bien qu’ils aient détenu le 29e rang de sélection en moyenne.

- Les recruteurs des Capitals de Washington sont ceux qui ont été les plus malmenés par leurs directeurs généraux au cours des huit dernières années. Ils ont en moyenne détenu le 45e choix (!) au repêchage et n’ont jamais bénéficié de l’une des dix premières sélections. Malgré ce fait, leurs jeunes espoirs ont disputé 1958 matchs, ce qui les place au 18e rang de la LNH. Le hic, c’est que le dernier espoir des Caps à avoir percé la formation, l’attaquant Jakub Vrana, a été repêché en 2014. Le temps semble désormais jouer en défaveur des champions de la Coupe Stanley.

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Ces statistiques permettent de dégager de grandes tendances. Mais parce que chaque organisation fait face à une réalité qui lui est propre, il est impossible d’appliquer les diagnostics d’une ville à l’autre.

Par exemple, la situation des Rangers de New York, bons derniers au classement de cette année, explique la nouvelle orientation prise par la direction la saison dernière.

Depuis Pavel Buchenevich, sélectionné à l’encan de 2013, aucun choix de repêchage des Rangers n’est parvenu à percer la formation à titre de joueur régulier. Et durant quatre longues années, de 2013 à 2016, les recruteurs des Blueshirts n’ont pas eu l’occasion de choisir au premier tour.

Résultat : en huit ans, les choix de repêchage des Rangers n’ont disputé que 1263 matchs, soit un écart défavorable de 44,9 % (!) par rapport à la moyenne du marché.

Voyant la tempête arriver, la direction des Rangers a décidé la saison dernière de donner un grand coup de barre, de liquider ses vétérans et d’emmagasiner les choix de repêchage pour entreprendre un virage jeunesse.

Auston Matthews met un genou sur la glace et fait un mouvement du bras pour fêter un but.Auston Matthews fier d'avoir marqué un but. Photo : La Presse canadienne / Chris Young

À l’inverse, les Maple Leafs projettent l’image d’une organisation s’approvisionnant à une inépuisable source de jeunes talents. Leurs meilleurs attaquants, Auston Matthews, William Nylander et Mitch Marner, sont âgés en moyenne de 21 ans et demi et leur club-école de la Ligue américaine vient tout juste de remporter la Coupe Calder.

Pourtant, depuis 2010, les recruteurs des Leafs n’ont sélectionné que cinq joueurs qui sont parvenus à percer la formation de façon régulière. Et quatre d’entre eux (Matthews, Nylander, Marner et le défenseur Morgan Rielly) ont été pigés dans le top 8 de leur repêchage respectif.

Au classement des repêchages de la période 2010-2017, les Leafs apparaissent au 28e rang de la LNH et n’ont obtenu que 1431 matchs de leurs jeunes espoirs. La jeunesse de leurs trois attaquants vedettes leur permettra toutefois de surfer sur cette vague pendant encore plusieurs années.

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