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L'après-Herdman est porteur d'espoir, assure Christine Sinclair

La Canadienne Christine Sinclair a marqué 173 buts en 268 matchs avec l'équipe nationale féminine de soccer.

Photo : Radio-Canada / Olivier Hardy

Radio-Canada

Le choc. Huit mois plus tard, c'est encore le mot qu'utilise Christine Sinclair, capitaine de l'équipe nationale de soccer, pour décrire l'effet qu'a produit le départ de l'entraîneur John Herdman pour la sélection masculine. Mais depuis, la surprise a fait place à la sérénité, car le choc a précédé une transition tout en douceur, assure la meilleure joueuse canadienne de l'histoire.

Un texte d’Olivier Tremblay

Herdman, qui dirigeait le programme féminin depuis août 2011, ne l’a pas laissé à n’importe qui non plus : le Danois Kenneth Heiner-Moller avait été son adjoint. Ensemble, ils avaient mené les Canadiennes à une deuxième médaille de bronze olympique d'affilée, à Rio.

« Kenneth a été entraîneur adjoint pendant des années, rappelle Sinclair en entrevue à Radio-Canada Sports. Il a gardé le même personnel en place. Les joueuses aiment jouer pour lui. C’est un bon gars, très passionné de soccer et de l’équipe nationale. Nous nous réjouissons à l’idée de progresser avec lui. »

[Heiner-Moller] veut donner un peu plus de liberté aux joueuses. Il a joué à un très haut niveau. Il veut voir en nous le genre de joueur qu’il était lui-même, très libre sur le terrain. Il faut bien sûr une certaine discipline tactique, mais les joueuses ont besoin de s’exprimer.

Christine Sinclair

En six matchs depuis qu'Heiner-Moller est à sa tête, l’équipe féminine a remporté trois victoires et a atteint la 5e place de la Coupe d’Algarve au Portugal. En octobre prochain, Sinclair et ses coéquipières participeront au Championnat de la CONCACAF, qui servira aussi de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde de 2019 en France.

D’ici là, l’équipe canadienne jouera une dernière rencontre amicale le 2 septembre, à Ottawa, contre la sélection brésilienne. Et c'est du sérieux.

« Nous n’avons pas si souvent l’occasion de jouer à domicile, précise Sinclair. Chaque fois, c’est énorme pour nous. Le soutien des supporteurs est superbe. Nous voulons obtenir un bon résultat et donner un bon spectacle à nos partisans.

« Ce match est très important. C’est notre dernier avant les qualifications pour la Coupe du monde. Nous pouvons bien dire que nous nous préparons et que nous voulons nous améliorer, mais le fait est que nous voulons gagner. En octobre, il faudra gagner des matchs. »

Au-delà du terrain

Depuis qu’elle a terminé au dernier rang de la Coupe du monde de 2011, l’équipe canadienne a réalisé de formidables progrès. Elle a atteint les quarts de finale du plus récent Mondial, trois ans après que sa toute première médaille olympique, en 2012, eut fait vivre de grandes émotions aux Canadiens.

Après une défaite cruelle contre les Américaines en demi-finale, les représentantes de l’unifolié avaient gagné le bronze sur le fil, avec un but de Diana Matheson dans les arrêts de jeu, contre les Françaises.

Au-delà de la réussite sportive qui demeure une source de fierté, Sinclair souligne que cette équipe voulait qu’on se souvienne d’elle pour plus que le soccer.

« Quand je repense à Londres, nous voulions inspirer toutes les générations de Canadiens. Et nous ne voulions pas que ça se limite à ce que nous faisions pendant 90 minutes sur le terrain, se rappelle Sinclair. C’est génial de voir les réalisations de ces coéquipières après leur carrière de joueuses. Nous allons changer les choses. »

À titre de capitaine et de meilleure buteuse de l’histoire canadienne (173 filets en équipe nationale), elle tient à montrer l’exemple. C’est d’ailleurs au cours d’un événement de financement qu’elle a répondu aux questions de Radio-Canada Sports.

L'inspiration d'une mère

Pour la deuxième année de suite, Christine Sinclair appuie une campagne de lutte contre la sclérose en plaques, une cause qui la touche tout particulièrement. Sa mère Sandra a reçu il y a plus de 30 ans un diagnostic de cette maladie du système nerveux central qui frappe 1 Canadien sur 385.

Avec l’aval de son club, les Thorns de Portland, elle a encore cette année parcouru le Canada pour sensibiliser la population à la maladie.

« C’est devenu très important pour moi. Avec tout ce qu’a traversé ma mère et ma famille au fil des ans, j’ai senti, à un certain moment de ma carrière, que je pouvais redonner à la cause. Je voulais le faire. C’est une cause qui me convient parfaitement. Je tiens simplement à ce que l’on connaisse mieux la maladie et à ce que l’on ramasse une tonne d'argent! »

La joueuse de 35 ans aux 268 sélections en équipe nationale se réjouit donc de voir certaines de ses anciennes collègues réussir leur après-carrière. Rhian Wilkinson, de Pointe-Claire, vient par exemple de conclure sa première compétition à titre d’entraîneuse. Elle a mené l’équipe féminine U-15 au 5e rang du Championnat de la CONCACAF.

« Je crois qu’elle sera excellente, affirme Sinclair. J’ai déjà passé la moitié de ma vie à la côtoyer. Rhian a une formidable intelligence du jeu. Elle voit le jeu comme peu de gens le voient. C’est de toute beauté de la voir travailler avec de jeunes joueuses. Elle peut les inspirer. Elle travaille très bien avec elles. Nos jeunes sont chanceuses de l’avoir. »

Une autre, la gardienne de but Karina LeBlanc, n’a accepté rien de moins que le poste de chef du soccer féminin à la CONCACAF. Sinclair ne tarit pas d’éloges envers celle dont la mission sera de faire croître son sport sur tout un continent.

« Elle va changer le soccer féminin dans la région CONCACAF, assure Sinclair. C’est enthousiasmant. C’est quelqu’un d’inspirant qui peut changer les choses. J’ai très hâte de voir ce qu’elle va réaliser. »

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