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Une équipe de football d’Ottawa jouera contre des survivants de la fusillade de Parkland

Un casque de football à l'avant-plan avec des joueurs derrière.
Les Tigers de St. Matthew à l'entraînement Photo: Radio-Canada / Kim Vallière
Radio-Canada

Lorsque les Tigers de l'École secondaire catholique St. Matthew prendront le chemin de la Georgie à la fin du mois d'août, ils réaliseront le rêve de jouer un match de football aux États-Unis, en plus d'aider une équipe à se relever à la suite d'événements douloureux.

Un texte de Kim Vallière

Un peu plus de six mois se seront écoulés depuis la fusillade qui a changé la vie des élèves de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas lorsque leur équipe de football affrontera le club d’Ottawa au Freedom Bowl, le 1er septembre.

La tragédie de Parkland a fait 17 morts et 17 blessés quand le tireur, Nikolas Cruz, a ouvert le feu le 14 février 2018 sur le petit campus de l’établissement floridien.

« Je crois que c’est incroyable qu’ils soient assez forts pour nous affronter pendant un match, avec la façon dont ils se relèvent. C’est un honneur de jouer contre eux », explique d’entrée de jeu le receveur Nolan Mizinger.

Lorsqu’ils s’entraînent à l’ombre de leur école, à Orléans, les joueurs des Tigers de l’École secondaire catholique St. Matthew ne pensent qu’à une chose : le football. Ils savent que leurs futurs adversaires, les Eagles, n’ont plus la même innocence.

« Moi, quand je viens à l’école, chaque jour, je vois mes enseignants, je vois mes entraîneurs, je vois mes amis. Je me sens en sécurité, je suis content, j’aime aller à mes classes. Mais je sais qu’eux, maintenant, regardent un peu plus autour d’eux », mentionne Xavier Gervais, le quart-arrière des Tigers.

La ligne défensive en positionLes Tigers de St. Matthew à l'entraînement Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Un entraîneur adjoint de l’équipe de football faisait partie des victimes. Aaron Feis a perdu la vie après s’être placé devant des élèves pour les protéger des balles.

« C’est très noble et c’est quand même touchant aussi », dit l’entraîneur-chef des Ottaviens, Jean-Sorphia Guillaume. « Ça me fait penser des fois. Je n’aurais pas hésité moi non plus parce que les jeunes dans l’équipe sont comme mes garçons. Je les encadre au niveau académique, au niveau sportif, au niveau social aussi. »

Les joueurs des Tigers insistent sur l’importance du groupe dans le monde du football lorsque des moments difficiles se présentent.

« Le football est le genre de sport qui rassemble les gens. Personnellement, je crois que ça peut être comme une thérapie. Si j’ai un problème, aller jouer au football avec mes amis est la meilleure chose au monde », avance Conor MacDonald, un receveur de 17 ans.

Les joueurs des deux formations auront l’occasion de se rencontrer et d’échanger en assistant à une messe avant le match.

« J’espère qu’on pourra connecter, aller à l’église pour prier et se rapprocher en tant qu’êtres humains », ajoute Nathan Cash. Le demi défensif souhaite créer des liens avec ses adversaires pour mieux comprendre leur situation.

L'entraîneur donne ses explications aux joueurs agenouillés.Les joueurs des Tigers écoutent leur entraîneur, Jean-Sorphia Guillaume (à droite). Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Pas de pitié pour les Eagles

Les deux équipes ont été invitées par les organisateurs pour le volet humanitaire de la compétition en Georgie. Bien que le match entre Orléans et Parkland soit amical, les joueurs ont l’intention de tout donner sur le terrain.

« J’espère qu’on peut avoir un match "le fun" pour leur montrer que c’est un sport où tu dois continuer de jouer en l’honneur de ton entraîneur », raconte Alex Vilain, un receveur de 15 ans qui fait partie des 45 joueurs qui feront le voyage de 18 heures en autobus pour participer au tout premier Freedom Bowl.

L’entraîneur des Tigers a préparé ses joueurs en leur faisant lire quelques articles de journaux sur la fusillade. « Ce qu’on veut faire, c’est de donner une chance à ces jeunes-là, qui ont vécu ça, d’avoir une certaine compétition, une compétition saine », ajoute Guillaume.

Un match de football important

Les Tigers sont la seule équipe canadienne invitée au Freedom Bowl. « Ils veulent nous donner une chance parce qu’ils ont entendu parler de notre histoire. On était une équipe qui allait quasiment fermer. On est partis du bas et on a remonté », explique l’entraîneur-chef.

Ses joueurs ont l’intention d’en mettre plein la vue aux entraîneurs des équipes collégiales américaines qui seront sur place pour l’événement, qui met en vedette des équipes de la Floride, de la Georgie, de l’Alabama et du New Jersey.

« Ils ne pensent pas que le Canada a de bons athlètes et de bons joueurs de football, alors nous voulons leur prouver le contraire », lance Cash, un demi défensif de 16 ans.

« Je sais que je peux me mesurer à tous leurs joueurs et je veux leur montrer. Je sais que toute notre équipe est de leur calibre », ajoute MacDonald.

L’équipe est en campagne de financement pour couvrir les frais du voyage jusque dans le sud des États-Unis, pendant lequel ils visiteront aussi des campus universitaires, question d’inspirer les joueurs à poursuivre leur parcours dans le sport à l’intérieur d’un contexte d'études.

Le football est ce qui motive le déplacement, mais les émotions risquent d’être ce qui reste aux joueurs en souvenir du Freedom Bowl.

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