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Maxime Dufour-Lapointe, unique en son genre

Maxime Dufour-Lapointe

Maxime Dufour-Lapointe (Photo : Radio-Canada/Christine Roger)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Maxime Dufour-Lapointe a toujours su qu'elle ferait les choses différemment.

Un texte de Christine Roger

Enfant, elle a rapidement compris qu’elle n’avait pas les mêmes intérêts que ses sœurs Chloé et Justine. Pendant qu’elle voulait jouer à l’école, leur montrer à lire et à écrire, ses petites sœurs préféraient s’amuser, jouer à la poupée, se déguiser…

« Je jouais beaucoup seule. Chloé et Justine se ressemblaient beaucoup. Elles étaient toujours ensemble. J’ai rapidement remarqué ma distinction, mais j’ai appris à l’aimer. Quand je l’ai assumée, c’est à ce moment que nous nous sommes rapprochées », se remémore-t-elle.

Justine, Chloé et Maxime Dufour-LapointeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe

Photo : Radio-Canada

Même dans le ski acrobatique, Maxime évoluait à sa manière. Déterminée, elle n’a jamais eu de complexe d’infériorité. Les trois sœurs atteignaient les mêmes résultats, mais c’est le processus pour y arriver qui pouvait différer.

« Pour mes sœurs, c’était plus naturel, plus instinctif. Moi, mes apprentissages sont très intellectuels, explique celle qui a toujours eu énormément de facilité à l’école. C’était plus robot, jusqu’à tant que j’intègre que ça devait aussi être émotif. »

Maxime Dufour-Lapointe est et a toujours été très cartésienne. C’est ce trait de personnalité qui lui a permis de devenir une athlète olympique et d’être acceptée en médecine. Mais ce qui est sa plus grande qualité a aussi été son talon d’Achille tout au long de sa carrière.

Le ski, c’est un sport d’émotion. Faut que tu mettes ton cœur sur la piste. Mon plus gros défi, dans ma carrière d’athlète, c’était d’aller au-delà de ma peur de l’échec. C’est ça qui arrive quand tu es cartésienne et perfectionniste, tu ne veux pas faire d’erreurs. Le problème, c’est que pour aller sur la ligne, il faut que tu en fasses des erreurs.

Maxime Dufour-Lapointe

Un jour, il y a eu ce déclic. Elle a compris que cette peur de l’échec la freinait.

Le lendemain, elle dévalait la pente en retranchant deux secondes à son meilleur temps.

« J’ai toujours admiré Justine et sa force d’esprit, sa force de caractère. Peu importe ce qui se passe, elle va y aller à fond. Elle ne se pose pas trop de questions et c’est ce qui fait la différence. »

Un trio, trois individualités

Elles sont tout sourire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De gauche à droite : Maxime, Chloé, et Justine Dufour-Lapointe

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le clan des Dufour-Lapointe a toujours été tissé serré. Si les trois sœurs demeurent extrêmement proches, Maxime avoue que son rôle d’aînée a peut-être été un peu lourd à porter par moments, surtout au début de sa carrière. Avec l’aide d’un psychologue sportif notamment, elle a appris à définir son individualité dans ce trio et mettre ses limites.

« Je me souviens, quand Chloé est montée sur l’équipe du Québec, ça m’a marquée. Mes parents m’ont dit : Prends soin de ta sœur." J’ai pris ça pour plus que ce qu’ils voulaient dire en fait », se souvient-elle.

Il a fallu que j’apprenne à faire cette distinction. Mes sœurs, ce sont des adultes, et elles sont responsables d’elles-mêmes. Et moi, je dois m’occuper de moi. Cette ligne, j’ai appris à la tracer.

Maxime Dufour-Lapointe

Maxime Dufour-Lapointe n’a pas de regret. Aurait-elle aimé gagner une médaille olympique? Bien sûr. Mais avoir un objet à brandir au bout de ses bras n’a jamais été sa principale motivation. Sa victoire, c’était de devenir une athlète olympique.

Elle n’est pas dupe pour autant. Elle sait que sans les résultats obtenus par ses sœurs à Sotchi, sans leur trio, elle n’aurait pas été plongée dans un tel tourbillon médiatique à son retour des Jeux en 2014. Pas seule. Pas avec une 12e place.

Si elle reconnaît l’apport que la carrière de ses sœurs a eu sur sa vie, elle sait pertinemment que Chloé et Justine n’auraient pas eu de tels résultats sans l’influence de leur grande sœur.

« Au début de ma carrière, c’était peut-être plus moi qui tirais mes deux sœurs. Après, ç’a été Chloé. Et après, Justine », affirme-t-elle.

Je sais que j’ai atteint mon plein potentiel. Je me suis poussée mentalement, physiquement, émotionnellement. C’est juste que ça n’a pas été à travers les médailles.

Maxime Dufour-Lapointe
Maxime Dufour-Lapointe et sa soeur Justine marchent en se tenant par la taille.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justine Dufour-Lapointe (droite) et sa soeur Maxime après l'épreuves des bosses aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Photo : Radio-Canada / Kevin Light

La femme de 29 ans a toujours senti qu’elle avait un besoin à assouvir dans le sport. Tant qu’elle n’allait pas avoir le sentiment d’être allée au bout de ses capacités, il n’était pas question pour elle de passer à autre chose.

Aujourd’hui, elle est en paix avec sa décision. Elle n’a plus envie de faire les sacrifices qu’exige la vie d’une athlète. Mais surtout, elle a envie de vivre d’autres aventures.

Non, l’adaptation n’est pas nécessairement facile, surtout pour ses sœurs qui devront partir en camp d’entraînement préparatoire à la saison pour la première fois sans leur confidente.

Si la transition semble fluide pour Maxime, c’est qu’il n’y a jamais eu que le ski pour elle.

Le ski a pris beaucoup de place, toute la place, pendant longtemps. Mais elle a toujours eu d’autres intérêts. L’équitation, qu’elle a commencé à pratiquer depuis quelques mois, fait partie de ses autres passions.

Et il y a la médecine.

Maxime Dufour-Lapointe a toujours su qu’elle voulait être médecin. Elle avait été acceptée en 2014, à son retour des Jeux de Sotchi. Il était alors impossible pour elle de conjuguer études et carrière d’athlète.

« J'ai toujours mis mes études de côté quand j'étais athlète parce que je me suis dit : "L'école va toujours être là. Et tant que je n'ai pas l'impression d'avoir fini, d'avoir atteint ce que j'étais capable de faire en sports, j'allais continuer." C'est drôle. Tu as des certitudes comme ça dans la vie. »

Pour une rare fois, Maxime n’emprunte donc pas le même chemin que ses sœurs. Dans quelques semaines, elle fera son entrée à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Quand elle a reçu sa lettre d’acceptation, elle a éclaté en sanglots. Elle savait que sa carrière venait officiellement de prendre fin. Elle savait que c’était un tournant dans sa vie.

Elle prend maintenant une voie où son nom et son histoire n’ont aucune importance. Ce sera Maxime, et seulement Maxime.

Il y aura les athlètes olympiques Dufour-Lapointe.

Il y aura les médaillées olympiques Dufour-Lapointe.

Et dans quelques années, il y aura une Dre Dufour-Lapointe.

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