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chronique

La MLS commence à se méfier de Samuel Piette

Un duel musclé entre Samuel Piette et Luciano Acosta du D.C. United
Les autres équipes de la MLS accordent une attention particulière à Samuel Piette . Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Olivier Tremblay

BILLET – Vous connaissez bien Samuel Piette. Wayne Rooney aussi.

Après que le Québécois eut joué son 24e match de suite comme titulaire – un record d'équipe –, samedi, le collègue Antoine Deshaies est allé demander à Rooney ce qu’il avait pensé de lui à peu près en ces termes :

  • Le numéro 6 de Montréal dit qu’il vous regardait jouer à la télévision quand il était plus jeune. Qu’avez-vous pensé de lui?
  • Qui?
  • Le numéro 6 de Montréal, il a…
  • Oui, mais comment s’appelle-t-il?
  • Piette, le numéro 6…
  • Ah! oui, le milieu de terrain. Un bon joueur…

Rooney, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe anglaise, n’avait pas besoin qu’on lui explique qui était Samuel Piette. On n’avait qu’à dire son nom pour qu’il parle de la menace (c’est une citation directe, pas une paire de guillemets dépréciatifs) qu’il représentait.

Ça ne veut pas dire que Rooney regarde des vidéos de faits saillants du Repentignois sur son téléphone dans ses temps libres, loin de là. Mais ça traduit certainement l’importance de Piette pour l’Impact et, surtout, la compréhension grandissante qu’ont les autres équipes de ce fait.

Il ne fallait pas lui laisser le ballon parce qu’il dicte le jeu pour Montréal, a poursuivi Rooney. Il cause des ennuis aux milieux et aux défenseurs quand il peut bouger le ballon d’un côté à l’autre. Je pense que Luciano Acosta a fait du bon travail pour le contrer.

Piette n’est en MLS que depuis un an. Mais l’effet de nouveauté s’est estompé. L’adversaire est dorénavant conscient de l’importance qu’il a dans le jeu du onze montréalais.

Plus le Québécois accumule les rencontres, plus il sent que les autres équipes de la MLS adoptent des stratégies pour le museler. Et samedi, dans le match nul de 1-1 de l’Impact contre le D.C. United, Piette a eu l’impression comme jamais auparavant qu’il était au cœur du plan de match adverse, m’a-t-il confié.

Et ce n’était pas seulement Acosta, selon Piette. C’était aussi Yamil Asad. Le milieu gauche a marqué le but égalisateur et, surtout, il n’a pas hésité à rentrer dans l’axe pour empêcher le Bleu-blanc-noir de trop s’y aventurer. Au-delà de leurs qualités techniques, Acosta et Asad ont du cœur au ventre.

Samuel Piette, en perte d'équilibre, dispute le ballon à Luciano Acosta, du D.C. United.Samuel Piette est un joueur marqué de près. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Dans quatre des cinq précédents matchs de l’Impact, Piette avait touché au moins 65 ballons, selon les données d’Opta. Contre le D.C. United, ce nombre a chuté à 53. De ses deux collègues du milieu, c’est Saphir Taïder qui a vu le plus de ballons : 73 contre 31 pour Ken Krolicki. Mais c’est souvent en flirtant avec le flanc gauche que l’international algérien a pu toucher le cuir.

Piette est à la fois le dernier rideau devant les quatre défenseurs et leur première option en relance. Dans un jeu comme celui de l’Impact, où les meilleures occasions se produisent quand on joue rapidement vers l’avant, c’est un rouage crucial de la machine.

Certaines équipes seront moins bien outillées que D.C. pour contrer Piette. D’autres le seront. Reste à voir comment, dans ce dernier cas de figure, l’équipe pourra s’adapter.

Ça peut venir d’ajustements dans le déplacement du ballon. Ça peut venir de Piette directement. Ça peut venir de ce à quoi on l’associe devant la défense et, par conséquent, des dernières heures de la période des transferts. Ça risque fort bien d’être une combinaison de tout ça.

Le soccer est la quête d’une solution qui se renouvelle sans cesse. Mais à voir jouer Piette depuis son retour au bercail, c’est difficile de nier qu’il en fait partie.

Demandez à Wayne. Et prononcez bien son nom.

Quelques tirs hors cadre…

  • Derrière l’Impact, c’est à peu près le statu quo. Le Revolution a fait match nul avec l'Orlando SC, l'Union a perdu au domicile des Timbers, Chicago a continué de s’enfoncer. Oh, et le Bleu-blanc-noir a encore la 7e moyenne de points par match dans l'Est alors que seulement six équipes participent aux éliminatoires.
  • Josef Martinez va battre le record de buts en une saison. Il n’est qu’à une unité des 27 filets de Roy Lassiter, Chris Wondolowski et Bradley Wright-Phillips, et on n’est qu’au début d’août. Le formidable attaquant d’Atlanta a encore touché la cible deux fois ce week-end, mais Atlanta n’a pas gagné.
  • Un Toronto FC assez tenace merci a plutôt ramené chez lui un point de la Georgie. Mais il a aussi perdu Chris Mavinga pour son prochain match, puisque le défenseur a reçu un carton rouge inutile en fin de rencontre. Et Jozy Altidore a ensuite mis la main à la gorge de Miguel Almiron. Rappelons que des joueurs ont déjà dû payer des amendes pour une main posée sur la joue d’un adversaire en guise d’excuses après un contact.
  • À quelques jours de la finale du Championnat canadien, les Whitecaps ont fait tourner leur effectif, et ça leur a souri. Un match nul de 2-2 sur la pelouse du New York City FC est en soi une réussite à saluer. Avec une poignée de réservistes sur le terrain, on n’est pas loin de l’exploit.

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