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À la recherche de la vague ultime

Koa Smith

Photo : Associated Press / Chris Rogers

Radio-Canada

Koa Smith devrait participer aux Jeux de Tokyo en 2020, comme le surf fera partie pour la première fois du programme olympique. Sa quête perpétuelle de la vague idéale a récemment permis à Smith de vivre une expérience inoubliable dont les images ont déferlé sur la toile pour en répandre toute la magie.

Dire que Koa Smith était au bon endroit au bon moment est parfaitement exact. Dire qu'il a eu de la chance ne rend pas justice à son exploit.

Perché précairement sur sa planche de surf, l'athlète hawaïen de 23 ans a chevauché une vague au large des côtes de la Namibie, dans l'ouest de l'Afrique, pendant 120 secondes consécutives. Il est resté debout pendant près de 1,5 kilomètre et a traversé huit « barils », soit le creux formé par la courbe de la vague qui se brise sur la tête du surfeur.

Presque aussi incroyable, Smith et le vidéaste Chris Rogers ont filmé toute la course en utilisant à la fois un drone qui flottait au-dessus de leur tête et une caméra attachée à un embout que Smith portait pendant qu'il accomplissait son exploit.

« J'aime penser que tout ce que j'ai fait pendant ma vie a mené à ce moment », a déclaré Smith à propos de la vague unique en son genre qu'il a domptée le mois dernier, ce qui n'avait jamais été documenté auparavant.

Smith doit son succès autant à sa science qu'à son goût du risque.

Tout comme un météorologue traque les tempêtes plusieurs jours avant qu'elles frappent, Smith et de nombreux surfeurs de classe mondiale ont maîtrisé l'art de lire les cartes météorologiques pour prédire quand et où déferleront les plus grandes vagues. C'est une chose de savoir qu'elles s'en viennent, mais c'en est une autre d'arriver à l'endroit où l'action se déroule, et Smith est plus que disposé à tout laisser tomber pour affronter la vague parfaite.

« Il peut être à un endroit un jour, et vous l'appelez et il dit : "Je pars pour l'Afrique demain" », dit le publiciste de Smith, Ryan Runke.

La région de son plus grand triomphe s'appelle Skeleton Bay, une étendue de plage mythique qui fait face à l'Atlantique Sud, sur la côte occidentale de l'Afrique.

Pas la peine d'essayer de vous y rendre à moins de connaître un habitué de la région. C'est un voyage d'avion de deux jours depuis Hawaï, suivi d'une promenade en voiture à travers le désert, culminant avec un voyage sur une bande de routes sablonneuses non identifiées qui mènent à l'océan. Le dernier arrêt se trouve sur une plage où une poignée de surfeurs chanceux partagent l'espace avec des centaines de colonies de phoques agressifs, des milliers de chacals et, une fois dans l'eau, de grands requins blancs.

« Quand vous êtes là-bas, vous êtes vraiment là-bas, et vous êtes un peu seul, a déclaré Smith. Mais quand tu es là-bas, tu n'y penses pas. Tu sais que tu sacrifies ta vie pour ça. »

Naître dans les vagues

Smith a grandi sur Kauai et dit qu'il a commencé à surfer comme de nombreux enfants hawaïens.

« Il n'y a pas grand-chose à faire là-bas, a-t-il dit. Mes parents nous déposaient à la plage, on jouait dans le sable, on jouait dans l'océan, on surfait, on faisait du surf horizontal et ça évoluait [...] J'ai commencé à surfer à l'âge de 3 ans.

Mon frère a quatre ans de plus que moi. Quand il a commencé, je me suis dit : "S'il peut le faire, je peux le faire." »

Smith s'est qualifié pour les championnats nationaux des 10 ans et moins à l'âge de 6 ans. Il a eu son premier contrat avec Nike à l'âge de 12 ans.

Bien que le surf existe depuis beaucoup plus longtemps que son lointain cousin sportif de la planche à neige, les athlètes du sport océanique sont maintenant confrontés aux mêmes questions que les planchistes il y a 20 ans.

Le surf fait ses débuts aux Jeux olympiques en 2020 et il y a un fossé entre ceux qui veulent le garder comme un sport de style de vie, pourchasser les vagues et les images, et ceux qui lorgnent une voie plus lucrative du côté compétitif. Ce qui, dans le cas du surf, est déjà bien établi.

Bien que les Jeux olympiques ne soient pas son objectif immédiat, Smith participe à de nombreuses compétitions. « Si vous participez, vous devez être vraiment bon quand vient le temps de chevaucher de mauvaises vagues », dit-il.

« Il y a quelque chose au sujet de la pression de la performance qui vous permet de creuser profondément et de ressentir quelque chose que vous ne pouvez pas ressentir autrement », a-t-il expliqué.

D'une certaine manière, cependant, il a déjà gagné sa médaille d'or. Ce jour-là, sur Skeleton Bay, vivra à la fois dans son esprit et sur vidéo pendant très longtemps.

« Il y a eu un moment où j'étais à quatre tonneaux et je me disais déjà : "C'est incroyable", a-t-il confié. On aurait dit que la vague était finie, mais elle s'est reformée, je me suis dit : "Le drone est là, je ferais mieux de rester." Et c'est passé d'une bonne vague à une vague qui change ma vie. »

Avec les informations de Associated Press, et La Presse canadienne

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