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Marie-Michèle Gagnon en route vers Pékin 2022

Marie-Michèle Gagnon
Marie-Michèle Gagnon Photo: Getty Images / Sean M. Haffey
Radio-Canada

La dernière année n'a pas été de tout repos pour Marie-Michèle Gagnon. Blessée au ligament croisé antérieur du genou droit, elle a raté les Jeux de Pyeongchang. Cette épreuve derrière elle, la skieuse est de retour en piste et prête à se lancer dans un autre cycle olympique.

Un texte d'Alexandra Piché

« Mon retour sur la neige s’est super bien passé. Je n’ai pas eu de douleur au genou. Je n’étais pas nerveuse. Je n’avais pas de problème au niveau mental. Je dois suivre le protocole de réadaptation, mais je crois que c’est revenu à la normale. Dans deux semaines, nous avons un camp avec l’équipe canadienne en Suisse et je serai de retour dans les portillons de départ », a expliqué Gagnon.

L’athlète de 29 ans croit même que cette saison de pause lui a permis de devenir plus forte qu’elle l’était. Elle n’a jamais caché qu’elle trouvait difficile de vivre dans ses valises à longueur d'année pour pratiquer son sport au plus haut niveau. Cette période à l’écart des pistes, elle l’a passée auprès de sa famille.

« Honnêtement, ça m’a fait du bien de passer du temps à la maison, avec ma famille, et de ne pas voyager tous les deux jours. J’ai décidé de regarder le côté positif de ma blessure. Ça m’a donné une pause et j’ai maintenant vraiment envie de partir en voyage avec l’équipe », a-t-elle dit.

Quand le hasard fait bien les choses

Gagnon n’était pas seule durant ces longs mois de réadaptation. Son copain, le skieur de l’équipe américaine Travis Ganong, s’est lui aussi blessé au genou droit l’hiver dernier et a dû faire une croix sur les Jeux de Peyongchang.

« Il ne pouvait pas me laisser toute seule, ç’a l’air. Il s’est blessé au même genou que moi », a dit l'athlète de Lac-Etchemin en riant.

Le hasard a donné une bien drôle de tournure aux événements malheureux. Tous deux sur le circuit de la Coupe du monde depuis une dizaine d’années, ils n’avaient jamais été tenus à l’écart durant toute une saison. Ce congé forcé de plusieurs mois leur a permis de passer plus de temps ensemble que jamais.

« Ç’a été vraiment l’fun de l’avoir. Nous avons été capables de voyager à travers notre réadaptation. Quand nous avons eu le droit de recommencer le vélo de montagne, nous sommes allés au Mexique. C’était vraiment l’fun. Nous nous motivions. Nous allions au gym, au physio ensemble. Nous avions un programme similaire », a-t-elle dit.

« C’était la neige parfaite »

À Sotchi, Gagnon avait pris part aux Jeux olympiques malgré une blessure à une épaule. Cette fois, son épaule et son genou ne lui ont pas permis de skier malgré la douleur. Elle a dû dire adieu à Pyeongchang.

« C’est sûr que ç’a été plus difficile quand j’ai regardé les Jeux olympiques à la télé. Je trouvais que ça avait l’air d’une belle neige, un peu comme au Québec, une neige froide, sèche, une neige que nous n’avons pas en Europe », a indiqué l’athlète.

Personne ne sait ce qui serait arrivé si Gagnon avait été du voyage en Corée, mais elle a eu un petit pincement au cœur en voyant la neige sur laquelle les skieuses s’élançaient.

« Ç’a avait l’air d’une neige sur laquelle je me serais sentie à l'aise. Je me disais que j’aurais vraiment aimé ça être là. J’avais déjà fait le deuil avant les Jeux, mais de les regarder, ç’a été un peu difficile. »

Vers les 130 km/h

Sa blessure, survenue durant l’entraînement de descente de la Coupe du monde de Lake Louise, ne lui a pas enlevé l’envie de se concentrer sur les épreuves de vitesse pour le reste de sa carrière.

« Ma blessure, c’était vraiment une erreur ridicule. Ça ne m’a pas affectée pour la suite des choses en vitesse, même que je suis vraiment excitée. »

La vitesse, c’est le vieil amour de Gagnon. Bien qu’elle se soit fait connaître internationalement pour ses habiletés techniques, sa carrière avait commencé en descente.

« Quand j’avais 17-18 ans, j’étais plus forte en super-G et en vitesse. Je me suis cassé la jambe et ils m’ont mise sur l’équipe de technique. Quand tu reviens de blessure, tu prends ça relaxe au début. Finalement, j’ai commencé à bien performer, alors je suis restée une skieuse technique pour 10 ans », a-t-elle raconté.

Elle se concentrera surtout sur le slalom géant et la descente durant la prochaine année.

« Maintenant, j’ai décidé d’aller vers ce qui est plus naturel pour moi. Je tripe vraiment dans le côté de la vitesse. C’est plus difficile mentalement et plus risqué, mais c’est moins difficile sur le corps. »

Gagnon avait d’ailleurs l’habitude de blaguer avec l’une de ses amies du circuit, l’Italienne Federica Brignone, quand les deux skieuses s’entraînaient ensemble dans les parcours de vitesse.

« Nous disions à la blague que nous partions en vacances. Le slalom, c’est tellement intense sur le corps. Tu as mal partout. C’est un sprint dans le fond. La descente, c’est plus une question de contact avec la neige. Tout est dans le mental parce qu’on va à 130 km/h et il faut savoir où l’on s’en va! »

Elle envisage un retour en Coupe du monde, à Killington, au Vermont. Si tout se déroule comme prévu, elle sera au départ du slalom géant.

« Personnellement, chaque fois que je suis revenue de blessure, j’étais toujours plus forte. C’est comme une motivation supplémentaire. Quand tu reviens, tu ne peux plus faire autant de volume. Tu dois donc être vraiment concentrée à chaque descente. Mentalement, c’est une bonne chose. »

Gagnon espère que la vie sera plus gentille avec elle avant les Jeux de Pékin. Elle y vise une troisième expérience olympique. « Éventuellement, je vais vouloir une famille ou autre. Mais pour l’instant, toute ma concentration est sur les prochains Jeux. »

« Patience » sera son mot de prédilection pour les quatre prochaines années. « Je ne vais pas gagner des descentes et des super-G du jour au lendemain. Je dois faire confiance à mon programme pour progresser. »

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