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chronique

Le transfert d'Alphonso Davies fera beaucoup d'heureux

Alphonso Davies, dans l'uniforme du Bayern Munich
Alphonso Davies aura 18 ans en novembre prochain. Photo: Bayern Munich
Olivier Tremblay

Le transfert record d'Alphonso Davies des Whitecaps de Vancouver au Bayern de Munich représente une belle opération pour le joueur, pour son club formateur et pour sa nouvelle équipe. Mais pas seulement eux.

Beaucoup d’autres parties peuvent tirer des avantages de la vente de Davies pour quelque 28,7 millions de dollars canadiens – si les Whitecaps empochent toutes les primes. En voici trois exemples.

Un précédent pour les autres équipes de MLS

Tous les jeunes espoirs de la MLS ne sont pas Alphonso Davies. Le Canadien est possiblement l'un des plus beaux talents bruts de sa génération, toutes nationalités confondues. Du moins, il est le plus prometteur au pays à l’heure actuelle.

Le jeune joueur de soccer canadien ou américain typique n’exigera pas systématiquement une indemnité de transfert qui peut s’approcher de 30 millions. Mais le cas Davies représente au moins un exemple intéressant à citer lors d’une négociation.

Si le Bayern est prêt à verser cette somme aux Whitecaps pour un joueur qu’ils ont formé, les autres équipes qui voudront attirer les prochains joyaux de la MLS devront faire leur bout de chemin en pourparlers.

On n’établira pas de record à chaque transfert. Mais qui sait, peut-être les ventes jadis perçues comme particulièrement lucratives – un Matt Miazga qui, à 21 ans, passe des Red Bulls à Chelsea pour quelque 5 millions, par exemple – deviendront-elles la règle plutôt que l’exception?

Une raison de faire jouer les jeunes

La progression de Davies jusqu’à la réalisation de son rêve, mercredi, devrait nourrir les espoirs des jeunes joueurs de MLS.

On le répète : Davies est un cas d’exception pour l’instant. Mais la manière dont les Whitecaps l’ont géré devrait donner des idées aux autres clubs nord-américains.

Si Davies a pu à ce point séduire le Bayern, et bien d’autres grands clubs prêts à faire une offre, selon les dires des directeurs bavarois, c’est d’abord parce qu’on l’a vu jouer. À l’époque où il devait encore choisir entre les équivalents britanno-colombiens des mathématiques 416 et 436, Davies commençait à fouler les terrains de MLS.

On est loin de la perception trop répandue qu’un joueur de 22 ans est « jeune ». Et ce qui précède l’acquisition de Davies par le Bayern pourrait favoriser l’érosion de ce mythe.

Les Whitecaps n’ont pas craint de perdre de précieux points parce qu’ils faisaient jouer un adolescent. Ils ont même terminé au 3e rang de l’Ouest en 2017, une saison au cours de laquelle Davies a joué 26 matchs, dont 9 comme titulaire.

Chacune de ses 2861 minutes de jeu en MLS a été un investissement qui s’avère aujourd’hui profitable au club.

Un argument de taille pour la ligue

La MLS ne s’en cache pas : elle veut être l'une des plus grandes ligues du monde à moyen terme. Que ce soit un objectif réaliste ou non, là n’est pas la question. Mais pour vendre son projet à des joueurs intéressants, la ligue pourra à l’avenir se servir du transfert de Davies.

L’image d’une ligue de futurs retraités européens est tranquillement en train de s’estomper en Amérique du Nord. Pour chaque Wayne Rooney (qui sait encore jouer au ballon, par ailleurs), la MLS accueille dorénavant une poignée de joueurs prometteurs au beau potentiel de revente. Les Miguel Almiron, les Kaku, les Diego Rossi de ce monde.

Le départ de Davies au Bayern leur envoie ce message : si le jeune peut intéresser le champion d’Allemagne à son âge, rien n’est à votre épreuve si vous choisissez la MLS et que vous y connaissez du succès à l’approche de vos meilleures années. Et nous ne vous empêcherons pas de vivre votre rêve.

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