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Elles font le même Tour de France que les hommes, en quête de reconnaissance

Annemiek van Vleuten

Annemiek van Vleuten

Photo : The Associated Press / Christophe Ena

Associated Press
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Treize femmes font le Tour de France et espèrent plus de reconnaissance. Elles disputent toutes les étapes avant les hommes, gravissent les mêmes montagnes et empruntent le même parcours de 3351 km. Sauf qu'il n'y aura pas de podium ni de bourses à leur arrivée sur les Champs-Élysées, samedi, un jour avant celle du maillot jaune à Paris.

Ce que ces 13 cyclistes espèrent plutôt, c'est la reconnaissance, le respect et le retour du Tour des femmes.

« Nous voulons une course par étapes féminine avec la même couverture médiatique et la même attention que les hommes, a déclaré Tetiana Kalachova à l'Associated Press. Pas nécessairement les mêmes routes et pas nécessairement le même nombre de jours, mais avec la même appréciation. »

Kalachova et ses coéquipières se lèvent tôt tous les jours pour cette épreuve de trois semaines qui représente tout un défi. Elles disputent les mêmes étapes que les hommes, un jour avant eux.

Tetiana Kalachova, à gauche, en compagnie de Christine Michelet, avant le départ d'une étape, à CarcassonneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tetiana Kalachova, à gauche, en compagnie de Christine Michelet, avant le départ d'une étape, à Carcassonne

Photo : The Associated Press / Ciaran Fahey

Elles ont ainsi roulé sur les pavés de Roubaix, gravi les montées intimidantes des Alpes, vu les contreforts du Massif central et pédalé cette semaine à travers les Pyrénées.

« Nous essayons de démontrer que les femmes, même les amatrices, sans dopage ni aide spéciale, sont capables de ce genre d'effort », a expliqué Kalachova.

Aucune membre de l'équipe, nommée « Donnons des elles au vélo » dans un joli jeu de mots, n'est payée.

Contrairement aux hommes, elles doivent composer avec la circulation normale sur les routes. Elles ont ainsi respiré l'air pollué des poids lourds lorsqu'elles ont quitté Carcassonne pour une étape de 218 km.

« Nous respectons les panneaux de signalisation, nous nous arrêtons aux feux rouges, nous respectons les règles », a poursuivi Kalachova.

Idéalement, l'équipe aimerait le retour du Tour de France féminin, couru en parallèle de l'épreuve masculine de 1984 à 1989, ou du moins une course par étapes féminine qui aurait la même importance que celle des hommes.

« Le cyclisme est l'un des sports inégaux », a ajouté Kalachova.

Une championne s'interroge

Pour la vedette néerlandaise Marianne Vos, double championne olympique et triple gagnante du Giro d'Italie féminin, il ne fait aucun doute que les femmes sont physiquement capables de réaliser une Grande Boucle de 21 jours.

Mais Vos, qui a fait l'éloge du récent développement du cyclisme féminin, s'interroge également sur la faisabilité d'un Tour féminin, disant que cela aurait un impact sur le calendrier existant et qu'une course par étapes plus courte serait préférable.

Marianne Vos, après sa victoire en 2014Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marianne Vos, après sa victoire en 2014

Photo : The Associated Press / Michel Euler

« Bien sûr, ce serait génial d'avoir un Tour de France pendant 21 jours. Mais je ne pense pas que ce soit la meilleure chose pour le cyclisme féminin en ce moment », a déclaré Vos.

Les organisateurs du Tour présentent une course féminine appelée La Course par Le Tour depuis 2014. On a eu droit cette année à une épreuve enlevante d'une journée remportée à Annecy par la championne en titre Annemiek van Vleuten, mais c'est loin de satisfaire les attentes de « Donnons des elles au vélo ».

« Il y avait une demande pour cela à un moment donné, mais une course par étapes serait beaucoup plus intéressante », a dit Kalachova.

Le projet « Donnons des elles au vélo » a débuté avec seulement trois cyclistes en 2015 et s'est développé chaque année.

Cette année, la moitié des cyclistes de l'équipe ont déjà couru le Tour.

« Quand ça s'est concrétisé la première année, personne ne le savait. Les gens ont depuis commencé à reconnaître l'événement. L'année dernière, nous avions des mentions à la télévision française, a dit Kalachova.

« Maintenant, quand nous arrivons, les gens crient et nous encouragent. Ils préparent de la nourriture pour les pauses ou à l'arrivée. Ils écrivent nos noms sur les côtes et c'est vraiment génial », conclut-elle.

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