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Le Canada à la Coupe du monde de rugby à 7 : bilan en 6 questions avec Karen Paquin

Brittany Benn du Canada est arrêtée par Michaela Blyde de la Nouvelle-Zélande.

Les Canadiennes ont fini au 7e rang de la Coupe du monde de rugby à 7.

Photo : Getty Images / Steve Bardens

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les équipes canadiennes espéraient réaliser de grandes choses à la Coupe du monde de rugby à 7. Les femmes ont fini 7es, les hommes, 12es, dans des tournois dominés par la Nouvelle-Zélande. Karen Paquin, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016 et analyste pour Radio-Canada Sports, fait le bilan de leur week-end à San Francisco.

Une entrevue de Christine Roger

Q. - Comment analysez-vous la performance de l’équipe féminine canadienne?

R. C’est sûr que c’est une déception. Ce qui a fait la différence à mon avis, c’est la défense. Quand on compare avec d’autres équipes qui ont amélioré leur rang, comme les Françaises qui se sont rendues jusqu’en finale, la défense canadienne donne peut-être trop d’espace aux autres équipes pour leur permettre de jouer.

Le rugby à 7, c’est vraiment un jeu d’espaces, un jeu de vitesse. Alors, si on permet aux équipes d’avoir de la place pour jouer, c’est sûr qu’elles vont marquer. Et je pense que c’est ce qui est arrivé du côté canadien.

Q. - Quelles joueuses canadiennes vous ont impressionnée?

R. Il y a évidemment Bianca Farella qui a permis au Canada de rester dans les matchs en inscrivant des points importants.

En défense, je pense que celle qui a été la plus présente, c’est Kayla Moleschi. Ce sont les deux joueuses qui se sont illustrées et qui ont gardé l’équipe canadienne dans les matchs.

Q. - Qu’est-ce qui manque à l’équipe canadienne féminine pour réussir à rivaliser avec les meilleures équipes?

R. Il faudrait changer un peu la structure défensive et mettre plus d’accent sur cet aspect du jeu. Quand on regarde les Canadiennes, elles sont grosses, elles sont fortes, elles sont puissantes, mais elles laissent un peu cet avantage de côté, alors qu’elles pourraient l’utiliser.

Dans la structure actuelle, on a l’ailière qui reste toujours reculée en défense et c’est là que ça fait mal. Les ailières, ce sont les joueuses qui font la différence. La joueuse importante, on va la mettre sur l’aile et lui demander de créer quelque chose. Si on lui donne de l’espace et qu’on se retrouve à un contre un, c’est très difficile de défendre en reculant. Il faut mettre de la pression sur celle qui a le ballon et ne pas attendre.

Il n’y a pas de problème du côté offensif. On est capable de mettre des points. Il n'y a aucun doute là-dessus. On est capable d’inscrire assez de points pour gagner les matchs, mais il faut ajuster la défense.

Q. - Quels ont été vos coups de cœur dans le tournoi féminin?

R. J’accorde beaucoup d’importance à la défense d’une équipe. J’irais donc avec Chloé Pelle, de la France, qui a été très agressive, qui est allée chercher des plaquages pour sauver des essais. Elle a parfois couru tout le terrain pour rattraper une joueuse. C’est mon petit coup de cœur personnel.

Joe Ravouvou de la Nouvelle-Zélande et Mike Fuailefau du CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joe Ravouvou de la Nouvelle-Zélande et Mike Fuailefau du Canada

Photo : Getty Images / Aurelien Meunier

Q. - Comment expliquer la 12e place de l’équipe canadienne masculine?

R. Les hommes, ils ont eu un tournoi en dents de scie. Leur première journée, c’est comme si tout ce qui pouvait arriver de hasardeux est arrivé. C’est un peu la nature du rugby à 7. Ça peut arriver qu’on ait un mauvais match, une mauvaise journée.

Le deuxième match qu’ils ont joué, ce n’était pas la catastrophe, mais il n'y avait rien pour rattraper les erreurs. Après, le troisième match, ils ont été bons à mon avis.

On peut dire qu’il y a seulement 12 joueurs qui sont capables d’être au niveau. Il n’y a pas une grande profondeur dans l’équipe et on a senti la fatigue. Ils ont dû passer par le premier tour pour se qualifier, alors ils avaient déjà un match de plus de joué.

Le cœur de l’équipe avait de la misère à se déplacer pour vraiment rivaliser dans les derniers matchs.

On manque un peu de profondeur. Le développement est difficile. Il y a eu de gros noms qui ont quitté l'équipe. John Moonlight, l’ancien capitaine, est parti en milieu de saison pour devenir pompier. Ç’a fait très mal.

Ensuite, Harry Jones n’a pas pu jouer le dernier match à cause d’une blessure. Ça laisse beaucoup de gros trous…

Q. Comment expliquez-vous la domination de la Nouvelle-Zélande, tant chez les femmes que chez les hommes?

R. Évidemment, il y a la culture du rugby là-bas, mais il y a aussi la culture à l’intérieur de l’équipe. Ce sont des équipes qui mettent beaucoup d’accent sur le fait de jouer pour son coéquipier, de tout donner pour l’équipe. C’est le cœur de l’équipe avant tout.

C’est une équipe qui joue avec des rôles. Il y a des gars et des filles qui sont dans le milieu, qui font le gros du travail, pour essayer de créer de l’espace pour les vedettes, les Posha Wiman, les Kayla Blide ou Jo Ravouvou du côté masculin. On essaie de préparer le terrain pour qu’ils performent et ils sont capables de le faire.

Du côté féminin, ce n’était vraiment pas une surprise de les voir là.

Du côté masculin, les Néo-Zélandais n’étaient pas favoris. On s’attendait à avoir les Fidji et l’Afrique du Sud en grande finale. Ils ont défié tout le monde. L’Afrique du Sud avait beaucoup de blessures à gérer, mais la Nouvelle-Zélande a dû sortir les gros noms du tournoi pour se retrouver là. Il y a un gros travail qui a été fait par l’équipe masculine.

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