•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Stupeur en Italie au lendemain du départ précipité de Sergio Marchionne

Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler, en conférence de presse au Salon automobile de Détroit.
Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler, en conférence de presse au Salon automobile de Détroit Photo: Reuters / Rebecca Cook
Radio-Canada

La presse et la classe politique italiennes ont salué dimanche « la fin d'une époque » avec le départ du dirigeant italo-canadien Sergio Marchionne, patron emblématique de Fiat pendant 14 ans.

« Marchionne, la fin d'une époque », titre le journal Corriere della serra, premier quotidien du pays, au lendemain des conseils d'administration qui ont désigné ses successeurs à la tête de Fiat Chrysler (FCA), Ferrari et CNH Industrial, les trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.

M. Marchionne, 66 ans, de nationalités italienne et canadienne, a été hospitalisé à Zurich après une opération à la fin de juin à une épaule. Une intervention qui, selon le site spécialisé affaritaliani.it, aurait permis aux médecins de découvrir qu'il était atteint d'une maladie autrement plus inquiétante.

L'état de santé du dirigeant italien s'est détérioré à la suite de complications en série jusqu'à vendredi, cette fois-ci sans retour. « Le patient ne réagit plus », dit le journal La Repubblica.

« Sergio Marchionne est dans un coma profond », a écrit samedi le journaliste Paolo Madron sur Twitter.

Contacté par l'AFP, l'hôpital s'est refusé à tout commentaire sur ses patients.

Sa dernière apparition publique remonte au 27 juin à Rome.

Une réunion d'urgence a eu lieu samedi pour évoquer sa succession anticipée. Mike Manley, discret Britannique de 54 ans, patron de Jeep, a été chargé de prendre le relais.

« C'est terrible. Ensemble, nous avons défié la petite Italie paresseuse qui préfère fermer les usines plutôt que se retrousser les manches », a dit Marco Bentivoglio, secrétaire général de la branche métallurgie du syndicat CISL.

En 14 ans, le dirigeant italo-canadien aux éternels chandails noirs a profondément remodelé Fiat, le premier employeur privé d'Italie, d'abord en redressant l'entreprise, puis en l'alliant en 2009 à Chrysler, tout en détachant du groupe les activités camions pour créer CNH Industrial en 2011 et Ferrari en janvier 2016.

Fiat Chrysler Automobiles est le nom donné à la branche automobile du groupe Fiat, à la suite du rachat à 100 % du groupe Chrysler en janvier 2014. La fusion entre Fiat et Chrysler a été adoptée par l'assemblée des actionnaires de Fiat le 1er août 2014.

Début de parcours au Canada

Sergio Marchionne est un diplômé en philosophie et en droit de l'Osgoode Hall Law School de Toronto ainsi qu'en économie et commerce de l'Université de Windsor. Il a ensuite obtenu un MBA au Canada.

Docteur en droit du commerce, il a commencé sa carrière en 1987 comme procureur légal et avocat en Ontario. La première partie de sa carrière s'est d'ailleurs déroulée en Amérique du Nord à des postes de direction.

Notamment au cabinet Deloitte et Touche où il a occupé de 1983 à 1985 le poste de contrôleur de groupe, puis au Groupe Lawson Mardon de Toronto, spécialisé dans l'emballage alimentaire, à titre de directeur du développement.

Sergio Marchionne, fils d'un carabinier des Abruzzes, est entré au conseil d'administration du groupe Fiat en mai 2003, après un passage remarqué en Suisse au début des années 2000. Il a été nommé le 1er juin 2004 directeur général de Fiat.

Sergio Marchionne devant le garage de l'équipe Ferrari en 2016.Sergio Marchionne devant le garage de l'équipe Ferrari en 2016 Photo : Getty Images / Clive Mason

Il comptait quitter la présidence de FCA en 2019 pour se consacrer à Ferrari.

« Marchionne a été un grand acteur de la vie économique des 15 dernières années [...] Il a réussi à donner un avenir à Fiat quand cela semblait impossible. Il a créé des emplois, pas des chômeurs. Chapeau », a salué l'ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (centre gauche).

Le ministre de l'Intérieur de l'actuel gouvernement, Matteo Salvini (extrême droite), lui a adressé sa « reconnaissance et son respect, ainsi que ses meilleurs voeux ».

Outre la santé de M. Marchionne, la presse italienne s'interroge sur sa succession.

« L'inquiétude pour la vie d'un des dirigeants les plus estimés du monde se mêle aux interrogations légitimes sur l'avenir du 7e groupe automobile du globe, qui a incarné dans l'histoire de notre pays la notion même de l'industrie moderne », écrit Dario Di Vico, éditorialiste du Corriere della serra.

Les médias italiens notent que la succession, même précipitée, s'inscrit dans la continuité. Les quatre personnes nommées pour reprendre ses multiples casquettes étaient déjà des dirigeants ou des administrateurs des groupes concernés, à commencer par Mike Manley qui reprend les rênes de FCA.

Avec les informations de Agence France-Presse

Course automobile

Sports