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« En monobob, l'athlète devra être complète » - Karen Paquin

Elle discute avec son entraîneur.
Karen Paquin au Centre d'entraînement de bobsleigh Canada à Calgary Photo: Société Radio-Canada
Radio-Canada

Karen Paquin ronge son frein. Elle est blessée au genou et ne peut pas poursuivre sa carrière sur le terrain. Pour se faire plaisir, elle commente la Coupe du monde de rugby à 7 en webdiffusion à Radio-Canada.

« Je retourne en chirurgie probablement dans les prochaines semaines, explique-t-elle au micro de Radio-Canada avant d'entrer en studio. On repart un peu à zéro pour ça. À partir de là, j’espère que ce sera un petit trois mois avant que je puisse faire du rugby. »

L'athlète de Québec de 30 ans a aussi une passion pour le bobsleigh.

Elle a déjà fait deux essais, en 2016 et en 2017, au centre d'entraînement de Bobsleigh Canada à Calgary.

La première fois, c'était après les Jeux olympiques de 2016, à Rio, où l'équipe canadienne avait remporté la médaille de bronze. Kaillie Humphries avait remarqué ses qualités athlétiques, et étant à la recherche d'une partenaire pour les JO de 2018, l'avait invitée à un camp d'entraînement en novembre.

La deuxième fois, c'était après l'édition 2017 de la Coupe du monde de rugby à XV en Irlande, où les Canadiennes avaient fini en 5e place.

Elle pousse un bobsleigh.Karen Paquin au Centre d'entraînement de bobsleigh Canada à Calgary Photo : Société Radio-Canada

Blessée au genou droit lors du deuxième match de la phase préliminaire du tournoi, l'essai en bob n'avait pas eu de suite, mais elle a eu la piqûre.

« J’ai adoré mon expérience en bobsleigh. C’est un sport extrême, il y a vraiment des émotions fortes », fait-elle remarquer.

« C’est un sport qui va chercher le côté très, très technique, d’apprendre à courir, d’apprendre à pousser derrière le bob, donc j’ai vraiment hâte de vraiment pouvoir retourner sur le terrain de rugby. Pour ces connaissances-là que j’ai acquises avec les gens qui sont à Bobsleigh Canada, puis ça va se transférer au niveau de la puissance. J’ai vraiment aimé le sport. »

« En haut de la piste, il y a la nervosité, un peu le stress, tout est plus vrai, ça a été tout un défi. Sur le terrain de rugby, je suis quelqu’un de très rapide, très puissante, ce sont des qualités qui se retrouvent à la position de freineuse », avait-elle témoigné en 2017 à Radio-Canada.

À 70 kg (155 lb) pour 1,72 m (5 pi 8 po), elle est un poids plume pour le bobsleigh.

« Si j’augmente ma force, ça ne me cause pas de problème pour le rugby. C’est très, très compatible à ce niveau-là. Ce sont deux sports où il faut être le plus gros, le plus fort, le plus vite possible », avait-elle précisé.

Karen Paquin a suivi avec intérêt le combat de Kaillie Humphries pour développer le volet féminin du bobsleigh, avec le bob à quatre à équipage entièrement féminin et à équipage mixte.

« Kaillie a fait un travail durant les deux dernières années à monter des équipes de bob féminin, de vraiment développer le sport, d’en faire la promotion, de montrer que les femmes sont capables, premièrement de conduire un bob à quatre, qu’on est capable d’embarquer, de faire tout ça. »

Karen PaquinKaren Paquin Photo : Société Radio-Canada

« Elle a été une leader au niveau mondial pour ça », rappelle la Québécoise.

Tout comme Kaillie Humphries, Karen Paquin a été surprise de voir que le CIO avait accepté dans le programme olympique des Jeux d'hiver de 2022 à Pékin le bobsleigh individuel (monobob) féminin.

« Comme pas mal tout le monde dans la communauté du bobsleigh, je m'attendais à ce qu’il y ait du bob à quatre féminin, pour égaliser le sport, pour permettre à plus de femmes athlètes de participer. Je suis surprise, un peu déçue peut-être, admet-elle. Et pour Kaillie, c’est un petit peu un coup dur de voir ça. »

Le CIO n'accepte à Pékin que le monobob féminin, pas masculin, pour augmenter le nombre de femmes aux Jeux. Et dans des engins monotypes fournis par la fédération internationale de bobsleigh (ISBF).

« Est-ce que le monobob va ouvrir la porte à de nouvelles athlète ? Je pense que ça va être difficile dans les prochaines années de déloger les pilotes comme Elana [Meyers-Taylor] et Kaillie [Humphries]. Elles sont déjà en haut du tableau. Je pense qu’elles vont manipuler le bob comme elles le font déjà. Elles connaissent ça. »

Le monobob, une discipline individuelle

Déjà, Kaillie Humphries a donné rendez-vous à sa grande rivale américaine à Pékin pour un duel au sommet en monobob. Pour montrer au monde laquelle des deux est la bobeuse la plus complète.

L'Allemande Laura Nolte, championne olympique des Jeux de la jeunesse en 2016, pousse son monobob.L'Allemande Laura Nolte, championne olympique des Jeux de la jeunesse en 2016 Photo : IBSF

« L’athlète devra être très complète, soutient Paquin. Elle devra être capable de pousser, elle devra avoir une très bonne technique. Si elle n’a pas la puissance, elle ne pourra pas s’appuyer sur quelqu’un qui a plus de puissance, ou si elle manque de vitesse s’appuyer sur quelqu’un qui peut lui donner de la vitesse à l’arrière. Donc, à ce niveau-là, ça va sûrement changer la donne. »

« Évidemment, ça va diminuer les frais, confirme l'athlète olympique. Ça va faire en sorte qu’une athlète n’aura pas à payer des milliers de dollars pour s’acheter un nouveau bob. Surtout si elle le brise, précise-t-elle. Ça peut permettre à d’autres pays qui ont peut-être moins de commanditaires, peut-être moins d’argent à fournir, à mettre dans ce sport-là, de compétitionner avec des filles comme Kaillie. »

Karen Paquin a très envie d'essayer le bobsleigh individuel.

« Pourquoi pas? Je suis toujours ouverte aux nouveaux défis, lance-t-elle les yeux brillants. Mais pas pour l'instant. »

Seulement quand elle ira mieux, quand son genou sera guéri, et quand les gros événements de rugby seront passés.

« À court terme, le bobsleigh n’est pas dans mes plans. Dans deux ans, on a les Jeux à Tokyo, ensuite, il y a une Coupe du monde à XV. Après, s’il y a lieu, je penserai à faire un saut dans les Jeux d’hiver, affirme-t-elle. Pour l’instant, je n’y pense pas. »

Quant à sa blessure au genou, elle l'oblige à cultiver la patience.

Karen Paquin commente la Coupe du monde de rugby à 7 à Radio-Canada, avec Philippe GermainKaren Paquin commente la Coupe du monde de rugby à 7 à Radio-Canada, avec Philippe Germain Photo : Société Radio-Canada

« Je suis en train de faire un retour de blessure qui s’étire un petit peu plus longtemps que ce que j’avais prévu. Retourner sur le terrain de rugby, c’est la première chose à laquelle je pense », conclut la grande athlète au sourire éclatant.

Karen Paquin apporte toutes ses connaissances à la webdiffusion de la Coupe du monde de rugby à 7, en direct de San Francisco, à Radio-Canada ce week-end, qu'elle commente avec Philippe Germain.

  • Vendredi 20 juillet : 13 h 00 - 1 h 00 du matin
  • Samedi 21 juillet : 12 h 30 - 23 h 30
  • Dimanche 22 juillet : 12 h 00 - 21 h 30

Bobsleigh et skeleton

Sports