•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Canada à l'assaut de la Coupe du monde de rugby à 7 : 9 questions à Karen Paquin

Bianca Farella et Ghislaine Landry s'enlacent après un essai de l'équipe canadienne de rugby à 7.
Bianca Farella (no 8) et Ghislaine Landry (no 9) Photo: La Presse canadienne / Chad Hipolito
Radio-Canada

Les équipes canadiennes disputent vendredi leur premier match à la Coupe du monde de rugby à 7, à San Francisco, qui se déroule jusqu'à dimanche. Les femmes affrontent les Brésiliennes en huitièmes de finale. Quant aux hommes, ils retrouveront la formation de Papouasie-Nouvelle-Guinée en seizièmes de finale. Karen Paquin, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016 et analyste pour Radio-Canada Sports, dresse un portrait des forces en présence.

Une entrevue de Félix St-Aubin

Q - Quels changements sont survenus dans l'équipe nationale féminine depuis les Jeux olympiques de Rio?

R. Il y a quand même plusieurs filles présentes au Brésil qui font partie de la délégation qui participera à la Coupe du monde de rugby à 7.

Par contre, si l'on compare avec les autres équipes, il y a peut-être un petit peu moins d'expérience sur le terrain. Six des 12 femmes ayant pris part aux Jeux de Rio sont de retour dans la formation. En comparaison avec les autres nations, il y a peut-être une ou deux femmes de moins.

Si l'on regarde les gros noms, il y a Britt Benn, Bianca Farella, Ghislaine Landry et Kayla Moleschi qui seront les têtes d'affiche et mèneront la charge.

Quelques repères sur la Coupe du monde de rugby à 7 :

Les nations présentes, 16 du côté des femmes et 24 chez les hommes, n'ont pas le droit à l'erreur puisque le format est à élimination directe, une première dans l'histoire de cette jeune compétition. Sans phase de groupe, un revers à tout moment sera donc fatal.

Les Canadiennes commencent leur tournoi en huitièmes de finale. Elles devront ainsi enregistrer quatre victoires afin d'être sacrées championnes.

L'équipe nationale masculine se retrouvera d'emblée contre la formation papouane-néo-guinéenne en 16es de finale. Le gagnant de ce duel se mesurera au tour suivant au septuor argentin.

Les Canadiennes avaient conclu au 6e échelon lors de la première édition en 2009 à Dubaï. Elles se sont hissées sur la deuxième marche du podium en 2013 à Moscou.

Les Canadiens ont pris part à l'intégralité des six Coupes du monde de rugby à 7, sans jamais terminer dans le carré d'as.

Leur meilleur résultat demeure une 5e position en 2001 en Argentine. Ils ont bouclé la dernière compétition au 9e rang.

Radio-Canada Sports diffusera en direct la Coupe du monde de rugby à 7 sur son application mobile et sur son site Internet. Cliquez ici pour consulter l'horaire des diffusions.


Q - Ghislaine Landry agira de nouveau à titre de capitaine. Quel est son apport au sein du groupe?

R. Ghislaine est une femme qui est capable de faire un peu tout. Sur le terrain, je la surnomme la magicienne parce que ce qu'elle fait de mieux, c'est d'être au bon endroit au bon moment pour faire la bonne affaire. C'est quand même une bonne qualité quand on joue au rugby.

Ghislaine Landry marque un essai.Ghislaine Landry Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

À l'extérieur du terrain, c'est quelqu'un qui est en mesure de mettre ses émotions de côté, qui prend les bonnes décisions et qui place toujours l'équipe en avant. C'est un choix de capitaine qui a dû se faire naturellement.


Q - Quelles seront les autres joueuses à surveiller dans le camp canadien?

R. Bianca Farella a fait une fin de saison en Série mondiale qui a été monstrueuse. Elle était très, très forte, marquant de partout sur le terrain. C'est assurément mon premier choix.

En raison de sa force, Britt Benn est capable de réaliser des jeux qui sont absolument incroyables. Elle est en mesure de traîner deux ou trois rivales et de se rendre quand même à la ligne des buts.


Q - Quelles nations amorceront la compétition en tant que favorites?

R. La Nouvelle-Zélande et l'Australie sans aucun doute. Ce sont deux équipes qui se sont battues pour la première place durant la saison en Série mondiale. Ces formations devront être surveillées de près.

La Nouvelle-Zélande est arrivée à San Francisco avec sa délégation quasiment complète. Il ne semble pas y avoir beaucoup de blessures de son côté. C'est la même chose concernant l'Australie. Des joueuses reviennent d'une blessure après une longue absence.

On voit qu'elles se sont préparées en vue des matchs importants de la Coupe du monde de rugby à 7.

Cette année, la campagne a montré qu'on ne peut pas compter la France comme étant un demi-joueur. Même son de cloche du côté de l'Angleterre. Il y a eu de belles surprises pendant la saison, donc on peut s'attendre qu'il y en ait ce week-end aussi avec le nouveau format.


Q - Le Canada a-t-il les outils pour renverser l'un des ténors?

R. Je pense qu'il y a des possibilités si les Canadiennes se présentent à tous les matchs. On va voir dès le début si elles sont capables de performer de façon constante.

Ghislaine Landry encourage ses coéquipières Julia Greenshields et Britt Benn.Julia Greenshields (gauche), Ghislaine Landry (centre) et Britt Benn (droite) Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

C'est un format qui est beaucoup plus court qu'à l'habitude. S'il n'y a pas de blessures, on peut s'attendre à une bonne performance.


Q - Parlons maintenant de l'équipe nationale masculine. Quels seront les défis à relever?

R. Le topo est un petit peu différent. On parle d'une équipe qui se retrouve en milieu de tableau, qui a quand même signé de belles prestations cette saison, mais qui a eu un peu plus de difficultés que l'an dernier.

Ils ont eu des problèmes pendant la campagne en phase de groupe, ils ont échoué au tour préliminaire à deux reprises à cause des points pour et contre. Ils sont capables de jouer de bons matchs. Mais parfois, on les a vus perdre des rencontres qu'on s'attendait à ce qu'ils gagnent.

En Coupe du monde, on ne peut se permettre de faire ça. Ils affronteront en lever de rideau la Papouasie-Nouvelle-Guinée et devraient logiquement remporter ce duel.


Q - Quels joueurs canadiens faudra-t-il avoir à l'oeil?

R. Il y a Nathan Hirayama qui est très explosif, superbe à voir jouer. Il a une façon de centrer les occasions qui est vraiment intéressante.

Justin Douglas tente de battre de vitesse Perry Baker lors d'une rencontre en Série mondiale.Perry Baker (gauche) et Justin Douglas (droite) Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Justin Douglas est l'un des meilleurs marqueurs en Série mondiale, il peut percer pratiquement partout. Il a vraiment pris du galon lors des deux dernières années, il est devenu très bon. Il a été nommé joueur de l'année dans l'équipe canadienne de rugby à 7.


Q - Quels pays aspirent au titre dans le tableau masculin?

R. Les Fidji et l'Afrique du Sud, c'est vraiment de ce côté qu'il y a une chaude lutte. Ces équipes ont bataillé tout au long de l'année pour les grands honneurs tout en étant tellement différentes.

Les Fidjiens sont très physiques, ils vont au contact. On ne sait pas trop où leurs passes sont dirigées : au sol, vers l'autre équipe ou dans leurs mains. Ils savent très bien jouer dans ce style de jeu et vont toujours se soutenir.

Les Sud-Africains, eux, favorisent un rôle qui est établi pour tout un chacun. Les joueurs au milieu font le gros du travail. Il y a plus d'échappées sur le côté et leur vitesse est très impressionnante.


Q - Comment se prépare-t-on à une compétition où l'on ne peut se permettre une seule défaite en raison de l'absence d'un tour préliminaire?

R. C'est vraiment quelque chose qui va changer la donne en ce qui a trait au niveau de stress des joueurs parce que ce n'est pas ce à quoi l'on est habitué au rugby à 7. Généralement, il y a la phase de poule pour se réchauffer.

Il y a toujours un ou deux matchs importants, mais aussi peut-être un qui est plus simple à négocier. On s'attend à une rencontre plus facile en début de tournoi, mais c'est quelque chose qu'il ne faut pas perdre de vue.

Les joueurs devront créer leur propre bulle et être capables de fermer leur esprit à cette pression afin de garder leur attention sur ce qu'ils ont à faire sur le terrain.

Rugby

Sports