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chronique

La défense française a réalisé un sans-faute

Le Français Blaise Matuidi enlève le ballon à Kevin De Bruyne.
Le Français Blaise Matuidi enlève le ballon à Kevin De Bruyne. Photo: Getty Images / Kevin C. Cox
Olivier Paradis-Lemieux

Les Belges avaient marqué 14 buts en Russie avant de fouler le terrain du stade de Saint-Pétersbourg, le plus haut total à ce Mondial. Rien ne semblait pouvoir arrêter cette génération dorée de remplir les filets. La France l'a fait, et la voilà en finale, pour la troisième fois de son histoire.

Après une poussée initiale de Kylian Mbappé dans la première minute, rappel immédiat de la menace que fait planer la jeune merveille de 19 ans sur son aile, la Belgique avait toutefois repris le contrôle du ballon, qu’elle a monopolisé pendant l’essentiel de la rencontre.

Les Belges ont tenté de faire bouger le bloc français, sans vraiment trouver les espaces face à un groupe qui défendait de manière organisée et méthodique.

Roberto Martinez a bien tenté à de nombreuses reprises de varier son système tactique et le placement de ses piliers (Eden Hazard, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku) sur le terrain, sans arriver à craquer la coquille française qui comptait sur un Raphaël Varane impérial en défense centrale et un duo N’Golo Kanté-Paul Pogba qui avait retrouvé tous les efforts de Blaise Matuidi, suspendu contre l'Uruguay, pour étouffer les avancées belges.

La France bat la Belgique et atteint la finale

Hazard a été le plus en jambes de tous les Diables rouges, mais ses courses dans l’appareil défensif des Bleus se sont conclues pour la plupart par une perte de balle ou un tir peu dangereux. De Bruyne n’a jamais eu les ouvertures devant lui pour placer des ballons bien tranchants vers Lukaku, qui, lui, a eu tous les mauvais instincts pendant ce match, prenant à gauche quand il devait prendre à droite ou tournant son corps du mauvais côté pour un ballon dévié.

Finalement, cette équipe belge était surtout bien meilleure pour courir avec le ballon et marquer rapidement, comme lors de sa victoire contre le Brésil, que pour dépecer une défense aussi intelligente et rigoureuse.

Même si elle n’a eu le ballon que 40 % du temps (et a tenté presque la moitié moins de passes), la France a réussi 19 tirs contre seulement 9 pour la Belgique. Les meilleures occasions ont d’ailleurs été françaises jusqu’au but de Samuel Umtiti. Mais la réussite a fui, comme souvent dans cette Coupe du monde, Olivier Giroud, incapable d’acheter un but.

C’est d’ailleurs ce même Giroud qui a créé le coup de pied coin qui s’est avéré fatal aux Belges, quand sa frappe a été déviée par Vincent Kompany à la 50e minute. Par trois fois (17e, 31e, 34e), le Français avait déjà bousillé des occasions franches qu’un avant-centre peut difficilement se permettre de laisser filer en demi-finale d’une Coupe du monde. Si Umtiti n’avait pas été décisif de la tête, Giroud aurait subi les foudres des amateurs, mais la victoire a déjà effacé tous ces mauvais souvenirs.

Ultimement, la courte différence au pointage est venue des phases arrêtées, comme souvent dans ce tournoi où près de la moitié des buts (47 %) ont été marqués de cette façon, que ce soit sur tir de pénalité, sur coup franc ou comme à Saint-Pétersbourg, sur coup de pied de coin. Et à ce jeu, les Français ont eu le coup de génie que les Belges n'auront jamais eu.

Le service de Griezmann au premier poteau a été parfait pour Umtiti qui a battu au duel aérien le grand Marouane Fellaini (1,94 m), se permettant même de faire ricocher le ballon sur la tignasse du Belge jusque derrière Thibaut Courtois.

Après, la France a géré son avance, sans trop souffrir. L’arrivée de Dries Mertens sur le terrain a créé un léger regain de quelques minutes à l’heure de jeu, mais les Bleus ont rapidement trouvé comment cadenasser à nouveau le milieu du terrain. Et dans les arrêts de jeu, ce sont même les Français qui se sont donné les meilleures occasions. Un sans-faute vraiment.

La France, aussi grande nation du soccer mondial soit-elle, n'avait jamais atteint la finale avant celle qu'elle a gagnée en 1998. Et voilà qu'après celle perdue en 2006 contre l'Italie, elle la retrouve.

Le sélectionneur Didier Deschamps avait misé sur un grand renouvellement de son effectif avant le Mondial, en tournant définitivement le dos à la génération précédente qui avait mené à la débandade de 2010 en Afrique du Sud. Pour plusieurs, le temps n'était peut-être pas déjà venu pour cette équipe de France de se rendre jusqu’au bout, mais à l'image de Kylian Mbappé, qui à 19 ans vient d'exploser sur la scène internationale, elle était visiblement prête. Prochaine étape le dimanche 15 juillet, 20 ans et 3 jours après sa victoire contre le Brésil au Stade de France.

Pour la Belgique, sa génération dorée a perdu sa première chance d’atteindre la finale d’un grand tournoi. L’Euro 2020 sera encore à leur portée, mais le Qatar semble déjà un peu trop loin pour cette version des Diables rouges.

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