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chronique

La montée de la force tranquille française

Des joueurs uruguayens (en bleu) et français (en blanc) se disputent un ballon au cours du match des quarts de finale du Mondial de 2018 entre les deux équipes.

Les Français n'ont rien cédé aux Uruguayens en quarts de finale du Mondial.

Photo : Associated Press / Hassan Ammar

Olivier Tremblay

Autant le chaos a régné sur leur victoire de 4-3 contre l'Argentine en huitièmes de finale, autant les Bleus ont paru en pleine maîtrise de presque toutes les situations contre la Celeste vendredi.

Redoutables sur phases arrêtées, les Uruguayens n’ont réellement compliqué la tâche défensive des Français qu’une seule fois (on y reviendra). Dans le jeu, la France a verrouillé l’entrée de sa surface de réparation.

À quel point la blessure d’Edinson Cavani a-t-elle contrecarré les plans de son équipe? C’est vrai que l’avant-dernier geste a souvent laissé tomber les Uruguayens et que les décrochages de l’un ou l’autre des attaquants ont moins bien fonctionné qu’à l’habitude.

Mais ce serait réducteur d’attribuer le blanchissage français à la seule absence d’une vedette de l’autre côté. Cette équipe de France gagne en puissance au bon moment. Elle est déterminée à l’arrière et décisive à l’avant.

Les défenseurs latéraux Hernandez et Pavard ont pris soin de ne pas s’aventurer inutilement trop haut dans le flanc. Ils ont offert des options à leurs coéquipiers, mais un cran plus bas.

Et surtout, ils ont laissé des joueurs plus habiles qu’eux avec le ballon provoquer les Uruguayens sans encombrer le tiers offensif. Centrer sur le duo de défenseurs Gimenez-Godin, de toute façon, ça ne donne rien.

N’Golo Kanté et Paul Pogba, au milieu, ont été monstrueux. Le premier joue simplement, récupère des ballons et donne la bonne passe au bon moment. Le second s’impose tranquillement comme un des joueurs cruciaux de ce Mondial.

Et voilà que, comme un symbole de son organisation et de son efficacité accrues, la France marque sur phase arrêtée à son tour.

On ne dira pas que le jour de gloire est arrivé, mais le bataillon est certainement formé.

Deux gardiens aux antipodes

Le pointage est de 1-0 depuis trois minutes quand Lucas Torreira dépose un ballon sur la tête de Martin Caceres. La reprise du défenseur uruguayen se dirige dangereusement vers le coin inférieur gauche de la cage française. Moment crucial de la rencontre.

Que fait le gardien Hugo Lloris? Il se jette à sa droite et étend la main en barrant son poignet. Lloris doit solliciter tout son bras en une fraction de seconde. Mais il réalise parfaitement la manœuvre et, en plus, il se redresse pour bloquer la seconde occasion de Diego Godin, qui rate finalement le cadre.

À l’heure de jeu, au tour de la France de frapper à la porte. Griezmann reçoit le ballon à l’extérieur de la surface. Il tente sa chance.

Que fait le gardien Fernando Muslera? Il peine à reconnaître la trajectoire changeante du ballon. Il saute à sa gauche, mais il est sur le point d’atterrir lorsqu'il comprend qu’il doit rajuster son corps. Il est encore en train de replacer ses mains vers la droite quand le ballon les frappe. L’arrêt n’est pas net du tout. C’est 2-0 pour la France.

Aucun gardien n’est à l’abri des erreurs. Lloris a lui-même offert une victoire à la Suède en qualifications avec une désastreuse passe vers le rond central dans les arrêts de jeu de la deuxième période.

Sauf que Muslera n’en est pas à son premier impair sur les tirs de loin. Le Chili et l’Espagne, par exemple, ont déjà profité de ses largesses.

Mais les gardiens, au soccer, ce n’est pas important. Les buts sont trop grands…

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