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chronique

Neymar, le petit rectangle mexicain et le mur brésilien

Neymar marque le premier but brésilien.

Neymar marque le premier but brésilien.

Photo : Getty Images / SAEED KHAN

Olivier Paradis-Lemieux

Le meilleur endroit pour marquer un but au soccer est dans le petit rectangle, quand la distance entre le ballon et la ligne s'approche dangereusement de zéro. Le Mexique a failli à s'y rendre lundi, le Brésil en a fait son terrain de jeu.

À Samara, le Mexique faisait face une fois de plus au mystère des huitièmes de finale. Depuis 1994 que le parcours d’El Tri à la Coupe du monde se termine à ce stade de la compétition, comme une malédiction qui ne veut plus finir.

Contre le Brésil, Juan Carlos Osorio avait préparé sa sélection de la même façon que contre l’Allemagne (en oubliant la présence, surprise, au milieu pendant une mi-temps du vieillissant Rafael Marquez, remplacé à la pause sans trop avoir causé de dommages). Devant une équipe aux ressources offensives tout aussi impressionnantes, les Mexicains n’ont pas attendu dans leur zone pendant 90 minutes en espérant gagner grâce à une seule contre-attaque tranchante.

Ils ont joué au ballon, faisant même jeu égal en ce qui a trait à la possession. Ils ont pressé les Brésiliens, surtout dans la première demi-heure, mais leur incapacité à terminer leurs actions, le thème dominant pour El Tri dans ce Mondial, leur aura finalement coûté une présence en quarts de finale.

Dans leur victoire de 1-0 face à la Mannschaft, les Mexicains avaient bousillé quantités d’occasions franches. Cette fois, ils ont certes réussi plusieurs courses vers l’avant grâce à Carlos Vela et à Hirving Lozano (qui ont commencé la rencontre sur l’aile de l’autre avant de retrouver leur couloir habituel après une demi-heure), mais les Brésiliens n’ont jamais paru en grande difficulté, et plus le match avançait dans la chaleur de Samara, plus les Mexicains ont cessé de voir leurs coéquipiers libres sur les ailes.

Arrivés devant l’impressionnante charnière centrale brésilienne formée de Thiago Silva et de Joao Miranda, peut-être bien la meilleure de ce Mondial, les attaquants mexicains ont frappé, surtout, sans réussir à s’infiltrer profondément dans la surface, si bien que 8 de leurs 14 tirs ont été contrés en défense et 5 autres ont raté le cadre. Un seul a dû être bloqué par Alisson, en vacances pendant l’essentiel du match.

Particulièrement effacé face au duo central brésilien, Javier Hernandez, placé en pointe du dispositif mexicain, n’a touché qu’à 13 ballons avant de quitter la rencontre à l’heure de jeu.

À l’autre bout, contre un Guillermo Ochoa remarquable avec huit arrêts, la plupart à bout portant, ce sont les gestes altruistes qui ont permis aux Brésiliens de passer le mur mexicain et d’enfoncer des buts qui ne faisaient plus de doute. Trop individualiste au début de ce Mondial, la Seleçao a créé de bien meilleures combinaisons cette fois.

Le premier but brésilien était surtout représentatif des choix des deux formations face au bloc adverse : Neymar dribble longtemps au haut de la surface devant les défenseurs mexicains qui fermaient les espaces de tir. Sa talonnade permet à Willian de s’infiltrer à contresens dans la surface et il tire au centre pour deux de ses coéquipiers passés derrière le rideau défensif. Neymar est récompensé de son geste initial et glisse dans le but avec le ballon. À la fin du match, c’est lui qui passe à Firmino plutôt que tirer d'un angle fermé sur Ochoa pour une fin similaire.

Mais les simagrées de la vedette brésilienne auront encore une fois retenu l’attention et mis de l'ombrage sur sa performance.

Déjà assis au sol en touche, le ballon entre les jambes, Neymar se fait marcher sur la cheville par Miguel Layun à la 71e minute. À la reprise, les crampons du Mexicain s’enfoncent légèrement dans le bas du Brésilien, qui se tord et se convulse pendant une éternité, pensant appeler une réponse des arbitres ou du juge vidéo.

Le geste antisportif de Layun aurait mérité une sanction sévère, comme la réaction théâtrale de Neymar, mais l’un et l’autre seront restés impunis, neutralisés par leur inutilité respective.

Buteur, passeur décisif et premier rôle masculin, Neymar n’a toutefois pas été le meilleur Brésilien sur le terrain.

C’est à son comparse sur l’autre aile, Willian, que revient ce titre. En l’absence de Marcelo, il a offert au Brésil quantité de courses vers l’avant qui ont semé la panique dans le bloc mexicain et ouvert les espaces pour ses coéquipiers. Un remède pour les cyniques.

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