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chronique

L'Espagne a battu l'Espagne

Le capitaine espagnol Sergio Ramos affiche sa déception après la défaite de son pays contre la Russie.

L'Espagne du capitaine Sergio Ramos n'a pas trouvé de solution contre la Russie.

Photo : Associated Press / Victor R. Caivano

Olivier Tremblay

En phase de groupe, l'Espagne a su varier ses approches. Elle a marqué « à l'espagnole », avec le mouvement et la passe. Elle a utilisé son gros avant-centre, Diego Costa. Elle a trouvé des solutions sur phase arrêtée.

Contre la Russie, il lui a manqué une chose en particulier, ce qui a tout à fait annihilé ses chances : l’initiative.

Où étaient les passes tranchantes vers l’avant? Où était le mouvement entre les lignes pour créer des ouvertures? Que faisaient Isco et David Silva à s’éloigner sans cesse de l’orée de la surface de réparation, eux qui sont justement aptes à s’extirper de petits espaces?

Diego Costa a attendu et attendu un centre. Les trois seuls tirs de l’attaquant, dont deux de la tête, sont tous venus dans les minutes qui ont suivi l’égalisation russe.

Les phases arrêtées? C’est un Russe qui a marqué le but espagnol.

À partir de 2008, le terme tiki-taka est devenu pour plusieurs un synonyme du jeu déployé par le Barça de Pep Guardiola et par l’Espagne, dont la plupart des cadres venaient justement de Barcelone.

Mais Guardiola déteste le tiki-taka, « qui veut dire qu’on se passe le ballon pour se passer le ballon, sans intention précise », a-t-il déjà souligné au journaliste Marti Perarnau.

L’Espagne a réussi 1029 passes contre la Russie. Difficile de s’imaginer Guardiola autrement qu’en furie sur son siège à enguirlander ses compatriotes, particulièrement en première mi-temps, lorsqu’ils avaient l’occasion de marquer un deuxième but, voire un troisième.

Or, on aurait pu croire que les Espagnols en avaient déjà inscrit deux autres, tant ils ont été passifs.

Les Russes n’ont guère mieux joué. Ils ont souvent créé deux murs de cinq joueurs et invité la Roja à s’y buter. Ils n’ont pas pris l’initiative non plus, et leur seul but est davantage le résultat d’une bête erreur de Gerard Piqué que celui de leur propre réussite.

Mais ils ont au moins été conscients de leurs (considérables) limites. On ne peut pas en dire autant des Espagnols.

La surprise danoise

Deux buts un peu loufoques en quatre minutes. On allait se régaler. Ça allait se terminer 15-14!

Pas si vite.

Ce quart de finale entre la Croatie et le Danemark n’aura pas répondu aux attentes créées en début de rencontre. En fait, un cynique aurait probablement dit, après ces deux filets, qu’on s’apprêtait à souffrir jusqu’aux tirs au but, et il aurait eu raison à peu de choses près.

Le match avait surtout d’intéressant le fait que les Danois ont été beaucoup plus entreprenants que prévu. Le rendement des deux adversaires en phase de groupe suggérait que la Croatie dicterait le rythme de la rencontre, avec le ballon du moins.

Mais les Rouges et Blancs, au lieu de simplement frustrer les Croates avec leur excellente structure défensive, ont bien pressé leurs rivaux pour les empêcher de déployer leur jeu.

Avec le ballon, le Danemark a continué de se projeter vers l’avant rapidement. Un autre jour, une de leurs passes en retrait se serait peut-être traduite par un but.

Mais les Croates ont au moins essayé d’étirer le bloc danois. Ils y sont parvenus à quelques reprises. Kasper Schmeicher veillait au grain.

Et il faut reconnaître que le tardif regain d’énergie croate a redonné un peu de vie au match.

Luka Modric a exploité un rare déséquilibre de la défense danoise pour créer la faute qui a précédé son tir de pénalité raté. Modric, courageux, est revenu à la charge lors de la séance de tirs au but. Il n’allait quand même pas en rater deux le même jour, lui qui n’en avait pas manqué depuis 2010.

Schmeichel, comme son vis-à-vis Danijel Subasic, a été héroïque après la prolongation. Les deux gardiens, malmenés dans les cinq premières minutes, auraient finalement tous deux mérité de passer au tour suivant.

La Croatie a donc rendez-vous avec le pays hôte, qui ne doit pas s’en réjouir. Si les passes vers l’avant, les tirs et les dribles de Modric avaient été espagnols, la Roja serait peut-être en quarts…

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