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chronique

Un Mondial à oublier pour la Pologne et Lewandowski

Robert Lewandowski accuse le coup de la défaite contre la Colombie.

Robert Lewandowski accuse le coup de la défaite contre la Colombie.

Photo : Getty Images / BENJAMIN CREMEL

Olivier Paradis-Lemieux

Il y avait bien des doutes sur cette sélection polonaise.

Son classement FIFA (8e au monde) lui avait conféré d’être tête de série, mais la Pologne semblait être l’équipe d’un seul homme, Robert Lewandowski, auteur de 16 buts en qualifications face à une opposition assez faible (hormis le Danemark).

Aucun autre Polonais n’avait réussi plus que 3 réalisations.

Museler l’attaquant du Bayern, c’était éteindre les aspirations éliminatoires des Slaves. Le Sénégal avait réussi le mandat, la Colombie s’y est aussi appliquée.

La Pologne avait de belles intentions dimanche, mais après quelques éclairs initiaux, les Colombiens ont su lire les idées de leurs adversaires et prévenir les contre-attaques et les ballons dangereux vers Lewandowski pendant près d’une heure.

Ils l’ont surtout rudoyé à l’image d’autres superstars marquées de près et fréquemment fauchées lors de cette Coupe du monde, comme Cristiano Ronaldo et Neymar.

Un très long ballon à la 58e minute a presque permis à Lewandowski de relancer un collectif étouffé par le jeu déterminé et énergique des Colombiens. Mais malgré un contrôle précis, Lewandowski n’a pu que balancer son tir dans le ventre de David Ospina, qui avait correctement lu l’action. Le gardien colombien a d’ailleurs souffert physiquement du début à la fin pour préserver son blanchissage, des chevilles au plexus solaire, et pourrait bien devoir s’absenter lors du match décisif contre le Sénégal.

Bien moins qualitativement entouré qu’à Munich avec sa sélection, Lewandowski n’aura pas été capable d’être le métronome devant le filet qu’il est en club (106 buts en 126 matchs au Bayern). Il pourrait bien sortir de sa guigne en tournoi majeur (deux buts en trois tournois) contre le Japon lors du dernier match et contribuer à éliminer les Samouraïs bleus, mais pour la Pologne, la campagne russe est déjà terminée.

Le trio infernal de la Tricolor

La Colombie a su rester à 11 cette fois (Carlos Sanchez avait reçu un carton rouge à la 3e minute contre le Japon) et a pu démontrer ce pourquoi certains avaient vu dans la Tricolor le potentiel de brouiller les cartes et de se faufiler, pour les plus hardis, jusqu’en finale.

Plutôt que d’en garder un de ses numéros 10 sur le banc comme au premier match, quand James Rodriguez, pas encore tout à fait remis de ses problèmes physiques, et Juan Quintero s’était relayé à ce poste, José Pekerman avait aligné contre la Pologne ses deux maestros avec Juan Cuadrado sur leur droite.

Sans se nuire, Quintero et James ont su exposer les limites de la défense polonaise lors de contres dévastateurs (Quintero est à l’origine du but de Radamel Falcao à la 70e, Rodriguez à celui de Cuadrado à la 75e), ou encore en jouant l’un sur l’autre comme lors de ce coup de pied de coin joué court qui a mené à l’ouverture du score par Yerri Mina.

Un trio qui n’est pas sans rappeler celui du Mexique (Lozano, Chicharito, Vela), mais celui de la Tricolor a une maîtrise technique légèrement plus développée que celui d’El Tri... en plus d’avoir le « vieux » Falcao devant, enfin buteur à son premier Mondial, à 32 ans.

Les Cafeteros devront battre les Sénégalais (ou espérer que les Japonais perdent contre les Polonais pendant qu’ils font match nul) afin d’intégrer la phase éliminatoire, mais ébranlés après leur défaite initiale, ils ont démontré dimanche que leur potentiel était digne des nations les plus en formes à ce Mondial.

Quelques notes sur Sénégal 2 - Japon 2

Le sélectionneur japonais Akira Nishino avait blagué en conférence de presse avant le duel contre le Sénégal que « ses joueurs devraient grandir de cinq centimètres et gagner cinq kilogrammes », et l’avantage physique des Africains était flagrant d’entrée de jeu.

Dès le coup d’envoi, les Sénégalais ont appuyé sur le bloc japonais sur le côté droit avec le duo Moussa Wagué-Ismaila Sarr, fort occupés en première mi-temps. Après 10 minutes de pression soutenue, les Japonais avaient déjà craqué sur un centre de Wagué qu’aurait dû laisser filer la défense japonaise.

Mais après le but de Mané, ce sont plutôt les Sénégalais qui ont perdu quelques centimètres et leur jeu s’est ankylosé.

Les Japonais ont réussi à casser de plus en plus leurs actions tout en reprenant possession du ballon pour le reste de la rencontre. Le jeu posé des Samourais bleus n’a pas immédiatement inquiété les Sénégalais, mais en faisant tourner la défense africaine, ils ont ouvert des espaces vers lesquels envoyer de longs ballons forts précis. Celui pour Yuto Nagatomo a permis à Takashi Inui, le plus tranchant des Japonais dimanche, de créer l’égalité.

À la mi-temps, Sadio Mané avait certes marqué du genou, mais le joueur étoile de la sélection sénégalaise avait touché très peu de ballons, esseulé sur le flanc gauche et loin des actions. Dès la reprise, Mané avait reçu de nouvelles instructions d’Aliou Cissé et l’ailier de Liverpool décrochait de plus en plus pour contribuer à la création offensive. Le jeu sénégalais, regaillardi, s’est rééquilibré.

C’est d’ailleurs grâce à une passe piquée de Mané sur le flanc gauche qu’a démarré la deuxième action décisive des Lions de la Teranga… terminée grâce à une brillante course de Wagué, venu en deuxième vague devenir le plus jeune Africain, à 19 ans, à marquer à la Coupe du monde.

Sauf que les Sénégalais, qui avaient profité d’une terrible erreur de communication entre le gardien polonais et sa défense au premier match, ont été cette fois la victime d’une sortie mal calculée de leur gardien.

Keisuke Honda, écarté surprise du XI partant du Japon au début de ce Mondial et limité au rôle de remplaçant de luxe, a su enfoncer le ballon repris par un Inui encore une fois inouï.

En deux participations au Mondial, le Sénégal est toujours invaincu en phases de groupe, mais devra le rester s’il souhaite passer pour la deuxième fois à la ronde des 16. Le Japon aura le même objectif face à la Pologne.

Qualifié de plus ouvert de tous les quatuors, le groupe H a déjà rempli toutes ses promesses

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