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chronique

Willy Caballero est le moindre des problèmes de l'Argentine

Le gardien argentin Willy Caballero (à gauche) réalise un arrêt contre le Croate Luka Modric.
L'erreur du gardien Willy Caballero (à gauche) n'a fait que précipiter la défaite argentine contre la Croatie de Luka Modric. Photo: Associated Press / Michael Sohn
Olivier Tremblay

ANALYSE – En Argentine, on appelle un gardien maladroit « manos de manteca », mains de beurre. Il faut croire que Willy Caballero a les pieds graisseux aussi.

Cette tentative de relancer au pied était noble, mais l’exécution, quelle boulette!

Et pourtant, cette erreur n’est pas le pire de ce qu’a montré l’Argentine dans sa défaite de 3-0 contre la Croatie.

L’ambitieux et ingénieux sélectionneur Jorge Sampaoli a-t-il essayé d’être trop malin? Contre l’Islande, l’Argentine a manqué d’idées. Elle a trop cherché Lionel Messi, et ses approches sont devenues prévisibles.

Cette fois-ci, dans un genre de 3-4-2-1, Messi et Sergio Agüero se sont retrouvés isolés, incapables d’être décisifs. Tandis que trois défenseurs centraux surveillaient le seul Mario Mandzukic, la Croatie a maîtrisé le milieu de terrain et bloqué les voies d’accès aux meilleurs joueurs adverses.

Plus le match avançait, plus Messi a touché au ballon, c’est vrai. Mais le génial Argentin était de plus en plus loin de la surface de réparation et des zones où il aurait pu redonner vie aux siens.

Ce n’est pas terminé pour l’Argentine, mais ça se complique drôlement. Ses supporteurs doivent songer au scénario catastrophe : avec une victoire contre le Nigeria, vendredi, l’Islande n’aurait qu’à faire match nul dans sa troisième rencontre face à une Croatie déjà qualifiée pour passer au tour suivant.

Dans les tribunes, on a vu la tête du grand Diego Maradona qui était, comme bien des Argentins, en larmes devant cette sélection à des années-lumière des champions du monde albiceleste de 1986.

Jeudi, c’est dans le filet de Caballero que la main de Dieu a porté le ballon.

La Croatie comme en 1998?

Ce 3-0, ce n’est pas que la défaite de l’Argentine. C’est aussi la victoire de la Croatie.

On n’affronte que ce qu’on a devant soi, et jeudi, la Croatie a exploité à fond les lacunes de l’Argentine.

De chaque côté de la défense argentine, des boulevards sont apparus. Trop souvent, Nicolas Otamendi et ses partenaires ont cru au hors-jeu lorsqu’une passe en diagonale atterrissait d’un côté ou de l’autre de la charnière à trois et qu’un Croate avait parfaitement synchronisé son appel en profondeur.

Luka Modric, quadruple champion d’Europe avec le Real Madrid, est peut-être le meilleur milieu de terrain du monde à l’heure actuelle. Jamais hors position, toujours actif, adroit comme pas un, il a couronné son match d’un superbe but.

Ivan Rakitic n’a eu aucune pitié pour son collègue Messi. Si le Croate aide l’Argentin à être meilleur avec le Barça, il l’a ici fait paraître anonyme.

Après un match couci-couça contre le Nigeria, la Croatie a rendu une copie un peu plus propre cette fois. Peut-elle progresser au point d’atteindre les demi-finales comme en 1998?

Ce ne serait pas le résultat le moins surprenant de cette Coupe du monde.

Quelques réflexions sur Nigeria 2-0 Islande

L’ancien entraîneur du Canadien Jacques Martin a dû aimer ce Nigeria-Islande, avec deux équipes bonnes sans le ballon.

Après une mi-temps, l’Islande avait tenté six tirs. Le Nigeria n’en avait tenté aucun.

Pourtant, les Africains avaient eu l’avantage au chapitre de la possession du ballon. C’était là tout ce que leurs adversaires voulaient.

L’ennui, quand deux équipes efficaces en transition s’affrontent, c’est qu’il faut bien que quelqu’un joue. Le ballon ne peut pas rester dans le rond central toute la partie comme dans le fameux sketch de philosophes footballeurs des Monty Python.

Après la pause, les Nigérians ont encore eu le ballon plus souvent que leurs rivaux. Mais leurs ajustements les ont fait passer de spectateurs à acteurs.

Les pertes de balles islandaises sont devenues le meilleur atout des Nigérians. Une longue rentrée de touche du capitaine Aron Gunnarsson s’est transformée en contre-attaque dévastatrice, et un coup de pied de but est revenu à destination en 14 petites secondes.

Doublé d’Ahmed Musa, victoire de 2-0.

Au bout du compte, les Super Eagles auront décoché 16 tirs, tous en deuxième mi-temps.

Les vainqueurs n’ont pas dû être parfaitement à l’aise avec toute cette possession. Mais dans les 45 dernières minutes, ils ont su, aux moments opportuns, se projeter vers l’avant et laisser le ballon travailler pour eux.

Pas besoin d’être Archimède pour déduire que le Nigeria peut embêter les équipes qui veulent le ballon, comme… l’Argentine.

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