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chronique

À force de jouer avec le feu, la France finira par se brûler

Paul Pogba, de la France, réagit après avoir reçu un carton jaune.
Paul Pogba, de la France Photo: Getty Images / Laurence Griffiths
Christine Roger

ANALYSE - Et dire que la France s'est frayé un chemin jusqu'en grande finale de l'Euro il y a deux ans à peine...

Les Bleus sont peut-être qualifiés pour les huitièmes de finale, mais leur prestation depuis le début de ce Mondial a de quoi inquiéter leurs partisans. Une victoire de 2-1 contre l'Australie, grâce à un tir de pénalité discutable et un but contre son camp.

Puis, jeudi, les Français s'en sauvent in extremis avec un but du jeune prodige de 19 ans Kylian Mbappé. On s'attendait à ce que la France fasse son entrée calmement dans la phase éliminatoire, mais au contraire, c'est l'esprit rempli de doutes que Didier Deschamps et ses joueurs se dirigent vers le match contre le Danemark, puis vers les huitièmes de finale.

Il faut dire, à leur défense, que le Pérou a été un adversaire coriace. Vous savez, quand on dit que le pointage n'est pas représentatif? C'est exactement le cas pour ce duel.

Le sélectionneur du Pérou, l'Argentin Ricardo Gareca, avait dit que son équipe pouvait battre n'importe qui. Un hurluberlu, rien de moins.

Aujourd'hui, malgré son élimination, Gareca passe pour un génie. Prêt pour ce match, le Pérou a présenté une défense parfaitement organisée. Pendant ce temps, les Français avaient parfois l'air de débutants, complètement étourdis face à la finesse technique des attaquants péruviens.

Le Pérou a eu l'avantage pour le temps de possession du ballon et des passes complétées. Pendant la majorité de ce match, la collectivité péruvienne a dominé l'individualité française. Et malgré tout le talent du monde, il devient difficile pour une équipe d'avoir du succès dans un tournoi aussi long et aussi relevé que le Mondial en se basant sur un seul joueur. À moins que tu ne sois le Portugal. À moins que tu ne t'appelles Cristiano Ronaldo.

La seule sphère où la Blanquirroja n'est pas parvenue à s'imposer, c'est sur la feuille de pointage. Et ce n'est pas à défaut d'avoir essayé. Avec un peu de chance, notamment sur cette frappe qui a atteint le poteau à la 50e minute de jeu, le scénario aurait été complètement différent pour le Pérou.

Le sport est parfois cruel. Tu peux offrir la performance de ta vie, jouer un match inspiré, et tout de même subir la défaite. Même si tu méritais la victoire. Même si tu as mieux joué. Parlez-en à l'Iran et au Maroc. Parlez-en au Pérou.

Parallèlement, quand tu es l'Allemagne, l'Argentine ou la France, tu n'as pas besoin d'être phénoménal. Tu peux même offrir un spectacle plutôt décevant. Tu n'as besoin que d'une étincelle ou de quelques secondes de génie pour gagner.

La recette de la troupe de Didier Deschamps a fonctionné jusqu'ici, mais les Français jouent à un jeu dangereux.

Pour gagner une Coupe du monde, ça prend de la chance. Mais ça prend beaucoup plus que ça.

Quelques réflexions sur Australie 1-1 Danemark

Grâce à la reprise vidéo, les Socceroos sont toujours en vie. Les Australiens étaient en voie de se faire éliminer du Mondial contre un Danemark beaucoup plus tenace et organisé. Convaincante, l'Australie? Pas du tout. Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

  • En première mi-temps, on oubliait presque le match qui se jouait sur le terrain. Déjà, on visualisait la rencontre entre la France et le Danemark, match qui, on le croyait à ce moment, allait déterminer qui conclura en tête du groupe C. Et même, on commençait à croire que les Danois avaient ce qu’il fallait pour venir inquiéter les Français. Et puis, il y a eu cette reprise vidéo. Cette fameuse reprise vidéo qui est venue, trop de fois, dénaturer le sport depuis le début du tournoi. Oui, Yussuf Poulsen avait bel et bien touché le ballon avec la main dans la surface de réparation, mais cette faute avait échappé à l’arbitre. Est-ce que le ballon a été touché délibérément par le joueur? Non. Dans ce cas, la décision devrait revenir à l’arbitre. Mais force est d’admettre que cette époque est maintenant révolue. La technologie est maintenant roi et maître.

  • En deuxième mi-temps, Andrew Nabbout a quitté le match après avoir subi une dislocation de l’épaule. Avec une victoire, l’Australie aurait pris une sérieuse option sur l’une des deux premières positions du groupe. Pourquoi avoir préféré Tomi Juric à Tim Cahill? Il a peut-être 38 ans, il ne joue peut-être plus dans les plus grands championnats européens, mais il ne faudrait pas oublier que Cahill a déjà marqué 50 buts au cours de sa carrière pour la sélection australienne. S’il parvenait à marquer dans ce Mondial, il deviendrait le quatrième joueur à le faire dans quatre phases finales après Pelé, Uwe Seeler et Miroslav Klose. L’Australie a-t-elle le luxe de se passer d’un Tim Cahill? La réponse est non.

  • Ce match aura certainement permis à plusieurs amateurs de soccer de découvrir le milieu de terrain danois Christian Eriksen. Pourtant, le joueur de 26 ans, qui porte les couleurs de Tottenham, suscite déjà l’intérêt des plus grands clubs européens. Après avoir participé aux 18 buts marqués par le Danemark lors de ses 15 derniers matchs, il a encore une fois montré jeudi qu’il était l’âme de cette sélection. Et gageons qu’il servira une prestation inspirée pour le dernier match de la phase de groupe contre la France.

Les prochains matchs du groupe C (France c. Danemark et Australie c. Pérou) auront lieu mardi prochain.

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