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Laurence Vincent-Lapointe à la conquête de Tokyo

Laurence Vincent-Lapointe.

Photo : Canoë Kayak Canada

Radio-Canada

Laurence Vincent-Lapointe n'a pas son égal lorsqu'elle se trouve dans son embarcation. La domination de la canoéiste a fait avancer le pendant féminin de son sport qui est désormais intégré au programme olympique des Jeux de Tokyo.

Un texte de Félix St-Aubin

Titrée 10 fois aux Championnats du monde de canoë-kayak de vitesse (C-1 200 m et C-2 500 m) depuis leur instauration en 2010, Vincent-Lapointe confirme année après année qu'elle est l'athlète à battre sur la scène internationale. Elle a tout raflé, ne reste que l'or olympique.

J'aime à penser que j'ai aidé à amener les canoéistes féminines où l'on est aujourd'hui. Il y a des femmes très, très douées qui font beaucoup de travail à l'arrière-scène pour pousser les fédérations à inclure les femmes [...] On s'est toujours fait dire non [aux JO] parce que la qualité des femmes en canoë n'était pas assez bonne. Moi, je pense que mon travail principal était de prouver que les femmes sont là, elles sont bonnes, fortes et capables de ramer.

La canoéiste Laurence Vincent-Lapointe

La Québécoise de 26 ans ressent certainement de la fébrilité à l'idée de défendre les couleurs canadiennes dans les eaux japonaises en 2020, mais ce n'est pas le sentiment qui prédomine dans son esprit.

« C'est plus comme du soulagement parce que continuer à s'entraîner et à compétitionner sans but, oui il y a les Championnats du monde, mais c'est dur de se dire : "Ah, je vais continuer à gagner" plutôt que "je vais aller faire les Jeux olympiques", a-t-elle expliqué.

« Maintenant que j'ai les Olympiques, j'ai vraiment une espèce de motivation renouvelée. Je veux tellement y aller, je veux tellement faire ça que je redouble [d'efforts] et je prends les bouchées doubles. »

Laurence Vincent-LapointeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence Vincent-Lapointe

Photo : La Presse canadienne / Frank Augstein

Les conséquences du succès

Ses innombrables présences sur le podium, principalement sur la plus haute marche, ont fait croître les attentes à son endroit. L'obtention d'une médaille étant monnaie courante, l'inverse a fait naître un sentiment d'échec.

En 2015, à la suite d'une 4e place [aux mondiaux en C-1 200 m], j'ai tellement eu l'impression de perdre ma valeur, d'être une moins que rien simplement parce que je n'avais pas fait un podium. [Les gens disaient] : "On le sait bien, Laurence va gagner..."

La canoéiste Laurence Vincent-Lapointe

Vincent-Lapointe n'a pratiquement pas mis son embarcation à l'eau en compétitions l'année suivante.

Des cours universitaires obligatoires au baccalauréat en sciences infirmières prévus l'été, qu'elle ne pouvait pas déplacer, l'ont forcée à tirer un trait sur les manches de la Coupe du monde.

Les Championnats du monde n'ont pas été présentés en 2016 puisqu'il s'agissait d'une année olympique. Cela a encore allégé son calendrier de courses.

« Au final, ç'a vraiment été une année calme. J'ai passé l'été chez moi, je me suis entraînée. J'étais juste relaxe, c'était correct, mais je savais que j'allais revenir, a-t-elle assuré. Ce n'était pas une question, c'était une pause qui [tombait à point] et faisait du bien. »

« Aux [Jeux] panaméricains, c'était en 2015, j'étais au top. Après ça, je suis allée aux mondiaux, je suis arrivée 4e et je me suis sentie... J'ai eu des psychologues sportifs avec lesquels j'ai discuté. Je me suis rendu compte que je mettais trop l'accent sur ma 4e position [...] Ça m'a permis d'en apprendre sur moi-même. »

Ce repos ne lui a nullement fait prendre un pas de recul. Au contraire, cette interruption a été salutaire. Plus motivée que jamais, Vincent-Lapointe a renoué avec ses rivales la pagaie entre les dents.

« Quand j'arrive dans une compétition, puisque je suis confiante de ce que je suis capable de faire, je me pose moins de questions sur ce que les autres feront parce que ce n'est pas important », a-t-elle ajouté.

Laurence Vincent-LapointeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence Vincent-Lapointe

Photo : Facebook/Laurence Vincent-Lapointe

Seule au sommet

Du haut de son 1,82 m (5 pi 10 po), l'athlète de la Mauricie a la chance d'avoir un gabarit idéal pour le canoë. Sa résilience, un autre ingrédient à sa réussite, a été mise à rude épreuve, notamment en bas âge lorsqu'elle apprenait les rudiments de sa discipline.

Deux années d'entraînement lui ont été nécessaires avant de pouvoir naviguer avec aisance. « Une fois que j'ai commencé à m'améliorer et à garder l'équilibre, mes coups [de pagaie] sont venus naturellement puisque je suis très forte et très grande. »

La progression a rapidement été perceptible. De fil en aiguille, un coup de pagaie à la fois, Vincent-Lapointe s'est hissée au-dessus de la mêlée. Elle est unanimement considérée comme la meilleure canoéiste du monde, nul ne peut le contester.

« Ce n'est pas un si gros écart que ça [avec mes plus proches poursuivantes], tout le monde s'entraîne et s'améliore à une vitesse fulgurante », a-t-elle mentionné.

Laurence Vincent-Lapointe (gauche) et Katie Vincent (droite)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence Vincent-Lapointe (gauche) et Katie Vincent (droite)

Photo : Gracieuseté / Canoë Kayak Canada

L'Ontarienne Katie Vincent, la Hongroise Kincso Takacs et la Russe Olesia Romasenko sont ses plus redoutables rivales.

La principale concernée avoue qu'il peut être complexe d'établir une relation saine avec sa compatriote Vincent puisqu'elles bataillent fréquemment pour être la première à rallier l'arrivée.

Mais peu importe les circonstances, toute son attention demeure tournée vers la satisfaction de sa propre performance, qu'elle soit individuelle ou en duo.

C'est difficile parce qu'avant tout, on rame l'une contre l'autre. On n'a pas des personnalités qui se ressemblent non plus, on est en bons termes, sans être des amies. On s'entraîne l'une contre l'autre, donc il y a beaucoup, beaucoup de compétition. Quand on rame ensemble [en C-2], on enlève tout ça et on se fait confiance. Ce n'est pas toujours facile, mais ça va bien. Là-dessus, on est semblables, on est bonnes pour se concentrer sur la tâche. Ce qu'il y a autour ce n'est pas grave, on va gagner ensemble. C'est ça l'important.

La canoéiste Laurence Vincent-Lapointe

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