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chronique

La Russie jubile, mais le vrai travail va commencer

Le Russe Denis Cheryshev (à droite) célèbre son but contre l'Égypte.

Le parcours de rêve de la Russie de Denis Cheryshev (à droite) se poursuit.

Photo : Associated Press / Efrem Lukatsky

Olivier Tremblay

Tous les astres se sont alignés pour la Russie jusqu'ici dans cette Coupe du monde.

Il faut élever Alan Dzagoev au rang de nouveau héros russe. Sa blessure au premier match a ouvert toute grande la porte de la sélection russe à Denis Cheryshev, qui n’avait joué que 11 rencontres avec son équipe nationale.

Auteur de deux buts contre l’Arabie saoudite, Cheryshev a remis ça mardi contre l’Égypte. Après un malheureux but contre son camp d’Ahmed Fathi, Cheryshev a inscrit le deuxième des siens et rejoint Cristiano Ronaldo au sommet du classement des buteurs.

(Avec cinq réalisations, le redoutable « contre son camp » gagnerait pour l’instant le Soulier d’or s’il était une personne, mais passons.)

Les adversaires de la Russie devaient s’attendre à affronter une équipe en détresse, plus habituée à perdre des matchs amicaux qu’à soulever son peuple.

Et pourtant, les hommes de Stanislav Cherchesov forment jusqu’ici un des collectifs les plus séduisants de la compétition. Ça joue au ballon, ça avale les kilomètres et ça marque dans le cours du jeu.

Dans cette Coupe du monde de phases arrêtées et de reprises vidéo, ce n’est pas rien.

Il faut aussi regarder les choses en face : la Russie a rencontré l’Arabie saoudite, dont on n’attendait rien, et l’Égypte, qui semble avoir souffert de toutes les discussions autour de l’état de santé de Mohamed Salah.

À moins d’une grande surprise lorsque l'Uruguay affrontera l'Arabie saoudite, mercredi, le dernier match de la Russie dans le groupe A, contre la Celeste, ne servira qu’à établir qui affrontera l’Espagne et qui affrontera le Portugal en huitièmes de finale.

La suite nous dira ce que la Russie a réellement dans le ventre.

Courageux Salah

Salah, justement. Les Russes ont réalisé un travail remarquable pour le talonner à tous les instants (Zhirkov et Ignashevich ont été superbes), mais la grande vedette égyptienne n’avait pas particulièrement l’air dans son assiette.

Peut-être l’œil est-il trompé par le fait que Salah joue pour le Liverpool de Jürgen Klopp, où on exige l’effort physique constant jusqu’à s’en rendre malade, mais rarement a-t-on vu Salah moins percutant et moins décisif que mardi, exception faite d’un tir de pénalité bien exécuté.

Mais si l’Égypte devient la première équipe éliminée de ce Mondial, mercredi, ce ne sera pas la faute de Salah. Il n’y a aucun doute possible : l’idole égyptienne a tout fait pour avoir la chance de défendre les couleurs de son pays sur le terrain.

Il a lui-même gagné le tir de pénalité qui a produit, jusqu’ici, le seul but égyptien de cette Coupe du monde. Il n’a pas dévié de tir dans son propre filet. Il n’a certainement pas perdu Cheryshev en plein cœur de la surface de réparation. Et il ne s’est assurément pas laissé dominer physiquement par Dzyuba.

Son visage est partout en Égypte. Mais tous les espoirs d’une nation, ça pèse lourd. Surtout avec une épaule amochée.

Quelques réflexions sur Uruguay 1-0 Arabie saoudite

Pas de prime de style au Mondial. Du groupe A, on retrouvera au tour éliminatoire la Russie, l’équipe qui a produit le plus de spectacle jusqu’ici, et l’Uruguay, une de celles qui en ont produit le moins. La Celeste s’en formalisera-t-elle? Pas du tout. Elle a atteint son premier objectif, et à partir des huitièmes, elle pourra peut-être miser davantage sur ses forces.

Contre l’Arabie saoudite, mercredi, les Uruguayens ont probablement eu le ballon trop souvent à leur goût. Son milieu de terrain s’est renouvelé en 2018, avec des demis axiaux plus créatifs qu’il y a quatre ans. Mais on croit encore voir la bonne vieille Celeste pragmatique, même sans Arévalo Rios en brutale sentinelle.

En huitièmes, l’Uruguay aura tout le loisir de laisser le ballon à l’adversaire. C’est là qu’on verra les Suarez et Cavani jaillir en transition comme un feu roulant. Après tout, on ne pourra pas dire qu’ils se seront épuisés en phase de groupe.

La mission impossible de l’Arabie saoudite. On savait déjà qu’il faudrait un miracle pour que les Verts accèdent au tour suivant. Et force est d’admettre que cette équipe uruguayenne était un des pires adversaires qu’ils pouvaient croiser.

La recette de la Celeste, en défense, est assez simple : fermer les lignes le plus possible, verrouiller l’axe et s’appuyer sur la charnière centrale Gimenez-Godin, qui domine dans les airs pour la sélection et pour l’Atlético de Madrid.

L’Arabie saoudite a bien essayé d’exploiter une faille, mais elle s’est butée à deux problèmes. D’abord, personne ne pouvait profiter d’un peu d’espace entre les lignes pour glisser un ballon à travers le bloc de l’Uruguay.

Et écarter le jeu pour centrer exigeait une précision surhumaine : il fallait trouver les attaquants saoudiens, parmi les plus petits de la compétition, au milieu des monstres uruguayens.

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