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chronique

Ce sera compliqué d'affronter les Belges

Le Belge maîtrise le ballon devant les Panaméens Armando Cooper (au centre) et Gabriel Gomez au cours du match entre les deux pays à la Coupe du monde de 2018.
Les techniciens belges comme Kevin De Bruyne (à gauche) ont encore montré leurs aptitudes dans des espaces restreints. Photo: Getty Images / AFP/Adrian Dennis
Olivier Tremblay

Ç'aura été plus long que les Belges l'auraient espéré, mais le résultat attendu s'est bien concrétisé, lundi, contre le Panama.

Après les débuts difficiles de l’Argentine, de l’Allemagne et du Brésil, ces derniers jours, la pause n’a pas dû être un moment si agréable pour les Diables rouges. Après 45 minutes de jeu contre un Panama somme toute bien organisé, avec son attaquant Blas Pérez prudent au possible et son gardien Jaime Penedo miraculeux à une reprise ou deux, les Belges devaient revoir dans leur tête quelques images des matchs de la veille.

Dries Mertens a eu tôt fait d’assainir l’atmosphère.

Dans ce Mondial, la Belgique est une des équipes les plus purement talentueuses. Dans le cœur du jeu, elle peut compter sur des joueurs intransigeants en un contre un, si aptes à manœuvrer dans de petits espaces et à éliminer des adversaires que la création systématique de surnombres n’est pas si importante que ça.

Dans le coin de la surface d’où tire Mertens, ils sont trois Belges pour six Panaméens. Juste avant le sublime centre de l’extérieur du pied de Kevin De Bruyne pour le premier but de Romelu Lukaku, Eden Hazard s’enfonce parmi quatre adversaires. Il réussit à en sortir le ballon, évidemment.

Et quand le Panama tente de revenir dans le match, les Belges lancent une contre-attaque dévastatrice que conclut encore Lukaku.

Quand elle démarre enfin, elle fait peur, cette équipe de Belgique.

Très peur.

Beau à pleurer

Si vous croyez encore que le soccer, ce n’est qu’un simple jeu, retournez voir l'interprétation de l’hymne panaméen.

Les joueurs sont à quelques minutes de participer au tout premier match de phase finale de Coupe du monde de l’histoire de leur pays. Ils chantent comme si c’était la dernière fois qu’ils allaient chanter. Certains doivent fermer les yeux. Le moment les a totalement absorbés.

Dans les tribunes, des Panaméens semblent au bord des larmes. Quelques-uns d’entre eux ont attendu toute leur vie de voir leur pays au Mondial.

C’est chose faite.

Le résultat n’a pas été extraordinaire. Mais il n’avait pas besoin de l’être.

Le Panama a enfin reçu son invitation à la fête.

Quelques réflexions sur Angleterre 2 - Tunisie 1

Capitaine Kane. L’Angleterre n’est pas venue en Russie avec l’ambition affichée de gagner la Coupe du monde.

Après son élimination surprise contre l’Islande à l’Euro 2016, les Three Lions ont résolument tourné la page sur la génération dorée des années 2000 en laissant partir son dernier cadre, Wayne Rooney. Cette jeune équipe anglaise, la plus jeune et la moins expérimentée du tournoi, est maintenant celle de Harry Kane, et le capitaine de 24 ans a su garder la tête froide dans les moments cruciaux.

Par deux fois, d’une touche assurée, il a libéré ses tout aussi jeunes coéquipiers, incapables de profiter des occasions franches qui s’offraient à eux.

Quand Kane marque son premier, les pieds presque déposés sur la ligne de but, l’Angleterre lâche déjà un immense soupir de soulagement même si le match est à peine commencé. Raheem Sterling vient de s’emmêler dans ses intentions et de rater un filet grand ouvert, presque au même endroit. Après le but du capitaine anglais, Jesse Lingard perd aussi ses moyens à quelques pieds (anglais) de la ligne. Et puis, c’est toute l’Angleterre qui retient son souffle et le match s’enlise.

Mais à la fin, Kane, qui avait disparu pendant la deuxième mi-temps, a calmement permis aux siens d’amorcer le nouveau chapitre de leur histoire avec une rare victoire d'entrée au Mondial.

L’Angleterre n’a maintenant qu’à vaincre le Panama pour se qualifier. Mais avant les huitièmes, Gareth Southgate devrait prévoir quelques jeux éducatifs où, devant un filet ouvert, les attaquants anglais poussent des ballons derrière la ligne.

Ce sera utile pour le reste du Mondial.

Capitaine Kane ne peut pas tout faire seul.

Les pleurs de Hassen. Ce n’est qu’en février que Mouez Hassen a choisi de se joindre à la sélection tunisienne pour s’imposer peu après comme titulaire. Jusqu’alors, le jeune gardien de 22 ans avait tranquillement grimpé les rangs internationaux français (il est né et a grandi dans l’Hexagone).

Blessé à l’épaule gauche en s’écrasant au sol après s’être envolé pour stopper un tir anglais, Hassen n’aura probablement joué que les 15 premières minutes du Mondial pour les Aigles de Carthage.

Avant de quitter le terrain en larmes, il aura eu le temps de marquer les esprits par son jeu. Ses parades spectaculaires (contre Lingard du bout du pied, mais surtout celle contre Jordan Henderson) figurent parmi les plus belles de la première semaine.

Sans leur gardien partant, les Tunisiens ont progressivement colmaté les brèches béantes dans lesquelles les attaques anglaises s’enfonçaient au départ avec facilité. Contre la Belgique dans cinq jours, les Africains devront fermer les espaces dès le sifflet initial. Ils ne pourront espérer que les nerfs des Hazard, De Bruyne et autres Mertens et Lukaku lâchent comme ceux des Anglais qui ne portent pas le nom de Kane.

Par Olivier Paradis-Lemieux

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