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chronique

Le Mexique a cassé les lignes allemandes

Le Mexicain Hector Moreno (à droite) saute dans les bras de son gardien Guillermo Ochoa après leur victoire contre les Allemands.
Hector Moreno (à droite) a lancé l'action décisive du match des Mexicains contre les Allemands. Photo: Associated Press / Matthias Schrader
Olivier Tremblay

Certaines des lectures les plus intéressantes qu'on peut faire sur le soccer reposent sur cette question toute simple : quelle est la valeur d'une passe?

Règle générale, le constat principal demeure le même. La passe la plus précieuse est celle qui casse une ligne, qui sort des adversaires du jeu.

Les Mexicains, dans leur éclatante victoire de 1-0 contre les Allemands, ont raté un nombre incalculable d’occasions en transition. Mais on ne peut pas leur reprocher d’avoir manqué de volonté à jouer vers l’avant et à lancer des contre-attaques aussi efficacement que possible.

Quelques secondes avant le but, le défenseur mexicain Hector Moreno ne cherche pas la passe facile à Jesus Gallardo ou à Hirving Lozano devant lui. Il élimine plutôt quatre adversaires quand il trouve Chicharito Hernandez, qui s’appuie illico sur Carlos Vela.

Et l’action décisive du match est lancée.

Le but de Lozano restera dans les annales du soccer mexicain. Mais pour l’instant, il signifie surtout qu’El Tri fait un bond de géant vers une septième qualification de suite en huitièmes de finale de la Coupe du monde.

Et maintenant, l'Allemagne?

Comme l’Espagne en 2014, comme la France en 2002, comme l’Argentine en 1990, l’Allemagne championne du monde a donc perdu son premier match.

Dans des circonstances différentes, la Mannschaft aurait peut-être connu un autre sort. Le hic, c’est que cet autre sort aurait très bien pu être une victoire de 2-1 qu’une plus lourde défaite de 4-0.

Le moins bon, d’abord : l’Allemagne a été beaucoup trop vulnérable à la rapidité mexicaine. Son bloc équipe s’est désorganisé à la moindre menace. Des ajustements sont nécessaires devant la charnière Boateng-Hummels, trop souvent esseulée.

Mais les Allemands se sont créé trop d’occasions contre une équipe mexicaine en mode défense pour ne pas y trouver un peu d’espoir. Il est tout à fait envisageable, d’ailleurs, que la Suède et la Corée du Sud prennent moins d’initiatives que leurs adversaires du jour.

Encore faut-il que Marco Reus, élément dynamisant de l’attaque allemande, soit titularisé.

Et si...?

Place à une théorie farfelue. Et si l’Allemagne n'était pas si malheureuse d'avoir perdu cette rencontre?

La Mannschaft, si elle termine au 2e rang de son groupe, croisera en huitièmes de finale le gagnant du groupe E, qui risque d’être le Brésil.

Et ça, c’est un match qui lui a déjà souri.

Ou plutôt, 7-1 match qui lui a déjà souri.

Quelques notes sur Suède 1 - Corée du Sud 0

Espionnage et mesures d’évitement. Si le match a été terne, sa préparation avait été amplement controversée.

Le sélectionneur suédois Janne Andersson s’est perdu en excuses d’avoir envoyé un de ses assistants regarder de près un entraînement sud-coréen dans les montagnes autrichiennes, arguant qu’il croyait que la séance était ouverte à tous. La rumeur veut qu’après son expulsion l’assistant ait loué une maison ayant vue sur le terrain pour continuer ses observations…

Bon joueur, son homologue sud-coréen Shin Tae-yong a affirmé qu’il avait de toute façon échangé les maillots de ses joueurs à l’entraînement, parce que « les Occidentaux ont toujours de la difficulté à distinguer les Asiatiques entre eux ».

Sur le terrain lundi, le plan de match de leurs adversaires semblait bien n’avoir aucun secret pour les Suédois qui ont défendu sans souffrir les rares poussées des Sud-Coréens, peu importe qui était sous le maillot.

La solution vidéo. Dans un début de tournoi où les buts se font presque aussi rares que les Italiens à ce Mondial, heureusement que l’assistance vidéo existe. (Avec une moyenne de 2,0 buts par match, les différentes équipes offrent jusqu’à maintenant la pire récolte de l’histoire de la compétition.)

Les cris brésiliens n’avaient pas été entendus dimanche, mais ceux des Suédois l’ont été lundi matin. L’issue du tacle sévère de Kim Min-woo dans la surface n’aurait jamais dû faire de doute. L’arbitre salvadorien avait une ligne de mire directe sur l’action, mais Joel Aguilar a laissé le jeu se continuer. L’assistance vidéo a rectifié le flottement décisionnel, et a permis d’éviter un premier 0-0.

Le rêve de la Petite-Italie montréalaise de voir la Suède perdre tous ses matchs n’aura pas fait long feu, mais le Tre Kronor n'a rien montré de substantiel face à un adversaire poussif. Le Mexique et l'Allemagne devraient logiquement se défaire dans les prochains dix jours de leurs deux autres adversaires du groupe F.

Par Olivier Paradis-Lemieux

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