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Chronique

La Islande bonita

Les joueurs islandais applaudissent leur public après leur match nul de 1-1 contre l'Argentine en Coupe du monde.

L'Islande a récolté son tout premier point en Coupe du monde.

Photo : Associated Press / Victor Caivano

Olivier Tremblay
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le beau jeu, c'est le synchronisme des déplacements, la passe juste, le drible percutant. Mais ce n'est pas que ça.

De cet Argentine-Islande, l’histoire retiendra le magnifique but de Sergio Agüero, la réplique d’Alfred Finnbogason, le tir de pénalité raté de Lionel Messi, bref, les jeux spectaculaires qu’on inclurait dans un montage de faits saillants. C’est dans notre nature.

Mais il y a également quelque chose de beau dans un effort défensif collectif, dans une succession d’actions banales en apparence qui, au bout de 90 minutes, sont aussi précieuses qu’un extraordinaire renversé du pied droit devenu viral sur la toile. C’est ce qu’a (encore) réussi l’Islande, samedi, dans son match nul de 1-1.

Les Islandais et leur dentiste de sélectionneur (ce n’est pas une blague) n’ont pas réinventé la roue en vue de cette Coupe du monde. Comme à l’Euro 2016, ils ont fait preuve de rigueur. Leur bloc compact a frustré les Argentins, empêché Messi d’amorcer des combinaisons dans l’axe et rejeté le jeu vers les flancs, où les ailiers et les latéraux ont peiné à trouver des solutions.

L’abnégation. La solidarité. La ténacité. Ce sont là de plus belles valeurs encore que le plomb en pleine lucarne.

Les deux prochains adversaires pourront-ils jouer le même tour à l’Argentine? La Croatie, une des équipes les plus âgées de cette Coupe du monde, devrait proposer un bloc assez bas, et le Nigeria peut créer du danger en transition.

L'Albiceleste a du pain sur la planche, mais tout n’est pas perdu.

À l’Euro 2016, l’Islande avait amorcé son tournoi magique avec un match nul de 1-1 frustrant au possible pour l’adversaire du jour.

Cet adversaire, c’était le Portugal de Ronaldo. Celui qui est devenu champion d’Europe.

Messi et le point de pénalité

Le petit génie argentin sait tout faire. Plus besoin de le prouver. Mais les tirs de pénalité? C’est un de ses rares points faibles.

Après le coup raté de Messi en deuxième mi-temps, l’entreprise Opta, qui compile des données sportives, a souligné sur Twitter qu’il s’agissait de son quatrième échec à ses sept dernières tentatives.

Règle générale, Messi marque trois fois sur quatre quand il prend un coup de pied de réparation. Pour un joueur de sa trempe, c’est un ratio insuffisant.

Mais le no 10 argentin est allé au point de pénalité plus d’une centaine de fois dans sa carrière professionnelle. Oui, il rate parfois l’occasion. Oui, les gardiens sont de plus en plus aptes à deviner ses intentions.

Mais il prend ses responsabilités. Et cette Argentine, qui présente encore d’importantes lacunes, a besoin d’un leader comme lui.

Quelques notes sur le duel Croatie-Nigeria

Une victoire sur coups de pied de coin. Les deux buts de la Croatie sont venus de cette phase de jeu… sans qu’un Croate marque directement. Dominant physiquement les Nigérians sur jeu arrêté pendant tout le duel, les hommes de Zlatko Dalic ont profité d’une déviation involontaire en première mi-temps et d’une faute évitable des Super Eagles dans la surface en deuxième mi-temps pour s’imposer sans impressionner. Le premier tir cadré des nouveaux meneurs du groupe D a été le but de Luka Modric du point de pénalité à la 71e minute pour terminer le match avec deux, donc un seul (!) de plein jeu en fin de rencontre. En défense, les Croates n'ont eu aucune difficulté à éteindre un adversaire amorphe, mais l'expérimentée filière Modric-Rakitic-Mandzukic devra en faire davantage pour rester en tête du groupe après le choc de jeudi contre l'Argentine.

Point mode. Le maillot zébré, vert fluo et blanc du Nigeria « à domicile » a fait fureur avant même l’ouverture de la Coupe du monde au point où les stocks se sont rapidement épuisés aux quatre coins du globe. Samedi, les Super Eagles portaient plutôt leur tenue unicolore vert forêt… et ils ont offert une prestation aussi terne que ce maillot moins prisé, prévu pour leurs matchs « à l’étranger ». Au bonheur de tous, les Nigérians joueront leurs deux prochains duels avec leur haut éclaté. Espérons que leur jeu le soit tout autant, sinon ce sera un Mondial vite oublié pour la nation africaine, qui s’était imposée en qualification dans un groupe relevé contre notamment le Cameroun et l’Algérie.

Par Olivier Paradis-Lemieux

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