•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hooligans et Russie

Affrontements entre hooligans russes et anglais à Marseille

Affrontements entre hooligans russes et anglais à Marseille

Photo : Getty Images / Alex Livesey

Radio-Canada

Les plus grandes inquiétudes en vue de la Coupe du monde en Russie viennent du terrorisme puisque le groupe armé État islamique a annoncé avant le coup d'envoi qu'il frapperait durant le Mondial. Dans une moindre mesure, les hooligans qui sèment bagarres et terreur à l'intérieur et à l'extérieur des enceintes sportives représentent une crainte différente. La Russie n'échappe pas à ce phénomène mondial.

Un texte de Robert Frosi

Le hooliganisme est un phénomène qui viendrait d'Irlande. Selon certains chercheurs, le mot serait mentionné dans des rapports de la police londonienne pendant l'été 1898 et repris dans les colonnes du journal Daily News en référence à un ivrogne irlandais notoire, Patrick Hooligan. Ce résident de Londres était régulièrement impliqué dans des bagarres.

Les hooligans sont devenus un vrai fléau dans les années 1980 avec un point culminant lors du drame du Heysel. En 1985, lors de la finale de la Coupe d'Europe, 31 personnes trouvent la mort dans des affrontements entre hooligans anglais et italiens.

Les autorités renforcent alors les mesures de sécurité et, surtout, limitent et surveillent leurs déplacements. Certains vont même jusqu'à l'interdiction de stade ou la non-possibilité de traverser les frontières. Interpol a même dressé une liste de ces persona non grata.

En 2016, à l'Euro en France, les hooligans russes avaient envahi les rues de Marseille pour affronter les hooligans anglais, on avait alors assisté à des scènes incroyables de batailles de rue.

Pour éviter ce genre de débordements en Russie, les autorités, surtout les services secrets (FSB), ont ouvert un dialogue avec ces groupes de hooligans depuis des mois.

Les législateurs russes ont même édicté des lois coercitives advenant des actes de désordre. On parle même de plusieurs années de prison.

« Il y a toujours eu des contacts entre les services de renseignements et groupes de supporteurs. Et, pendant longtemps, ces contacts ont permis de tenir à distance raisonnable les groupes de supporteurs en laissant aller certaines pratiques comme celle du combat en groupe en forêt », explique Ronan Evain, un spécialiste des hooligans russes.

« Depuis un peu plus d'un an, au fur et à mesure qu'on se rapproche du début de la Coupe du monde, poursuit Evain, ces contacts servent à mettre de plus en plus de pression sur les partisans les plus radicaux. Ce sont des mesures préventives qui servent à passer le message que s’il devait y avoir des débordements durant la Coupe du monde, les conséquences seraient importantes pour les supporteurs.

« Comme ce sont des gens intégrés socialement, ces pressions observées par les services de sécurité semblent fonctionner pour limiter les risques de mobilisation des hooligans durant le Mondial. »

Ces groupes ont souvent des points communs avec les idées d'extrême droite. En Russie, ces groupes seraient d'origines sociales moyennes ou supérieures, des universitaires socialement bien intégrés, qui ont les moyens de voyager.

Les têtes les plus connues du hooliganisme russe seront assignées à résidence. Mais les hooligans russes ne sont pas les seuls à être étroitement surveillés avant la Coupe du monde. Le gouvernement britannique a annoncé, il y a deux jours, que plus d’un millier de hooligans britanniques avaient été interdits de séjour en Russie.

L'autorité chargée des interdictions de stade, rattachée au ministère britannique de l'Intérieur, a ordonné à 1312 personnes de remettre leur passeport à la police au début juin. Mercredi, 1254 passeports avaient été récupérés. Les policiers conserveront ces documents jusqu'à la finale du Mondial, le 15 juillet.

Et durant la phase finale, le Centre international de coopération a été installé près de l'aéroport de Domodedovo, à 50 km au sud de Moscou. C'est là que vont se réunir des policiers de plus de 30 nationalités spécialisés dans la lutte contre le hooliganisme.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Soccer

Sports